Conjoncture agricole de juin 2026
Synthèse du mois de juin 2026
Météo
Le mois le plus chaud depuis 1947.
Céréales, oléagineux et protéagineux
Début des moissons en région. Stabilité du cours des céréales ; infléchissement des prix des oléagineux.
Betteraves sucrières
Belles parcelles en région, menacées par la jaunisse et la sècheresse. Cours du sucre volatiles.
Pommes de terre
Des cultures fragilisées par la canicule. Transition entre deux campagnes : marchés calmes et prix en baisse.
Fruits et légumes
Endives : fin de campagne d’hiver.
Choux-fleurs : augmentation des volumes et chute des cours.
Productions animales
Lait : collecte dynamique en région ; chute du prix du lait conventionnel.
Viande bovine : stabilisation des prix.
Viande porcine : légère amélioration des cours.
Indicateurs économiques
Dollar renforcé. Cours du baril de pétrole décroissant mais toujours élevé.
Météo
Le mois de juin apparaît contrasté : les deux premières décades sont relativement fraîches et arrosées ; la dernière décade est marquée par une canicule, non seulement précoce, mais exceptionnelle en termes de durée et surtout d’intensité, assortie de violents orages. Les températures mensuelles moyennes sont largement supérieures aux valeurs normales, de +2,5°C sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais jusqu’à +4°C à l’intérieur des terres et dans le sud de la région. Le mois de juin 2026 est le mois le plus chaud dans les Hauts-de-France depuis que les relevés météorologiques existent (+3,5°C en moyenne).
Les précipitations sont contrastées : l’Oise, la Somme, la moitié sud de l’Aisne et le Boulonnais sont déficitaires, tandis que le Nord et le Pas-de-Calais sont dans les normales (graphique 1). En l’absence de précipitations suffisantes, la vidange des nappes phréatiques se poursuit, le niveau passant de moyen à modérément bas dans le Boulonnais, au sud de la baie de Somme et dans la partie est de la région. Le Nord et le Pas-de-Calais font l’objet d’arrêtés préfectoraux de vigilance renforcée sur l’usage de la ressource en eau. Des orages, avec grêle et vents violents, frappent les départements picards, le Cambrésis et l’Avesnois, et occasionnent d’importants dégâts aux cultures. Entre les passages perturbés de la première quinzaine et les orages de la deuxième quinzaine, les précipitations sont tombées assez régulièrement dans le mois.
Graphique 1 - Températures et précipitations en 2026 - stations de Dunkerque et Amiens-Glisy
Source : Météo France
Note : valeur normale = moyenne sur la période de référence 1991 - 2020
Céréales, oléagineux et protéagineux
Situation en région
La moisson des orges d’hiver et des escourgeons, en avance de 5 jours par rapport à 2025, est terminée au sud de la région, tandis qu’elle est réalisée entre 70 et 80 % plus au nord. Les premiers échos sur le rendement et la qualité sont plutôt mitigés. La récolte des colzas est bien démarrée et celle des blés pas encore lancée. Les rendements en colza s’annoncent prometteurs, tout comme ceux en pois de printemps. En blé, le nombre d’épis au mètre-carré, plutôt moyen, est contrebalancé par une bonne fertilité des épis. Les répercussions de l’épisode de canicule de la fin juin sur le remplissage des grains, et donc sur le rendement, sont à ce stade impossibles à évaluer. L’alternance de précipitations et de chaleur continue de profiter à la croissance du maïs..
Évolution des prix en relation avec le contexte international
Céréales
Les prix français du blé tendre et de l’orge restent stables par rapport au mois précédent, à respectivement 204 € la tonne (graphique 2) et 201 €/t (FOB Rouen). Toutefois, la vague de chaleur qui touche l’Europe suscite des inquiétudes sur les récoltes 2026 et oriente à la hausse les cours européens du blé. Le cours du maïs (FOB Rhin) augmente de 5 % (211 € la tonne en juin vs 201 € en mai), porté par la révision à la baisse de la production 2026 de maïs par la Commission Européenne.
Graphique 2 - Cours du blé tendre (FOB Rouen)