Bilan de la campagne agricole 2025 en Hauts-de-France
Une année productive mais pas toujours rémunératrice
En 2025, l’alternance de périodes sèches et d’épisodes pluvieux profite à la plupart des grandes cultures, souvent en avance sur le calendrier cultural. Les récoltes de grains et de betteraves sont abondantes et d’une belle qualité. La production de pommes de terre est pléthorique en raison d’un fort accroissement des surfaces. A cela s’ajoute l’importance des volumes de grains, de sucre et de tubercules produits à l’échelle mondiale qui oriente les cours à la baisse.
Le printemps sec est préjudiciable à la pousse de l’herbe, mais la récolte exceptionnelle en maïs permet de sécuriser le stock fourrager.
L’endive renoue avec la productivité grâce à de bonnes récoltes de racines. Les prix sont à la peine au printemps, faute d’une demande suffisante, puis se redressent légèrement à l’automne.
Côté élevage, la filière bovine est marquée par une belle croissance des prix, tandis que les volumes de lait et de viande produits restent stables. Les abattages de porcs charcutiers augmentent ; les prix, élevés en 2024, retrouvent des niveaux proches des valeurs quinquennales. Quant aux produits de la mer, les ventes progressent légèrement dans un contexte de prix stables.
Météo : une année douce et sèche
L’année 2025 est marquée par une grande douceur et des précipitations plus basses qu’en moyenne.
Autour de 12°C, les températures moyennes annuelles en Hauts-de-France sont supérieures aux valeurs de référence sur la période 1991-2020 (+ 1°C à l’échelle de la région d’après Météo France). L’écart aux valeurs normales est notamment plus marqué en avril et juin (+ 2 à + 3°C), ainsi qu’en décembre (+ 1,5 à + 2°C) (graphique 1).
Après un mois de janvier particulièrement humide, le début d’année est caractérisé par une sortie d’hiver et un printemps très secs, avec un déficit pluviométrique sur la région de 75 à 80 % en mars par rapport aux valeurs normales. Météo France souligne même que les Hauts-de-France ont connu leur 3e printemps le plus sec depuis 1960, avec 60 % de précipitations en moins. Les pluies sont ensuite bien présentes en début d’été (juin-juillet), à des niveaux supérieurs ou égaux aux valeurs normales. Le mois d’août est, quant à lui, exceptionnellement sec (environ 75 % de précipitations en moins) . Les pluies reviennent à l’automne et sont proches des valeurs moyennes pour la Somme et l’Aisne et supérieures pour le Nord. L’année s’achève sur un déficit de pluie en décembre (- 65 % dans la Somme, jusqu’à - 75 % dans l’Aisne). Au global, les cumuls annuels sont inférieurs aux valeurs de référence, de 13 % dans le département de la Somme, de 18 % dans le département du Nord et de 27 % dans le département de l’Aisne, soit - 20 % au niveau régional (graphique 1). Concernant les sols, le manque de pluie se traduit par une sécheresse qui dure 8 mois, à compter du mois de mars. L’ensoleillement s’avère exceptionnel, dépassant les normales de 10 à 15 %.
Graphique 1 - Cumuls mensuels des précipitations et températures moyennes mensuelles en Hauts-de-France en 2025 - stations d’Amiens-Glisy, Lille-Lesquin, Saint-Quentin
Source : Météo France
Note : normale = moyenne sur la période de référence 1991-2020
Surfaces agricoles : plus de céréales et de pommes de terre, moins d’oléo-protéagineux et de betteraves
Les céréales restent la sole majoritaire en Hauts-de-France, avec 1,01 million d’hectares. Après quatre années consécutives de baisse, la superficie dévolue aux céréales augmente de 2 % par rapport à 2024. La pomme de terre voit aussi ses surfaces progresser de 11 %, à 142 000 ha, phénomène porté notamment par une demande mondiale croissante de produits transformés et l’implantation de nouvelles usines de transformation en région. Ces augmentations de surfaces se font au détriment des oléagineux et des protéagineux qui perdent respectivement 6 % et 4 % de leurs surfaces et s’établissent à 140 000 ha et 27 000 ha cultivés. La betterave sucrière perd également 3 % de ses surfaces, passant de 200 000 ha à 193 000 ha sur un an (graphiques 2 et 3). La betterave et la pomme de terre restent des cultures emblématiques de la région, représentant, respectivement, 49 % et 59 % des surfaces françaises cultivées (tableau 1).
Graphique 2 - Évolution de la répartition de la surface des terres arables entre 2024 et 2025*
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Graphique 3 - Évolution (en ha) des surfaces des principales cultures entre 2024 et 2025*
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Tableau 1 - Surfaces des principales cultures en 2024 et 2025* : part des Hauts-de-France à l’échelle nationale
France | France | Hauts-de-France | Hauts-de-France | Ratio surfaces Hauts de France / France | |
|---|---|---|---|---|---|
| Cultures | Surfaces 2024 (ha) | Surfaces 2025 (ha) | Surfaces 2024 (ha) | Surfaces 2025 (ha) | Part en 2025 |
| Céréales (y compris semences) | 8 526 617 | 8 795 000 | 991 123 | 1 010 532 | 11,5% |
| Oléagineux (y compris semences) | 2 275 448 | 2 134 508 | 148 300 | 139 742 | 6,5% |
| Protéagineux (y compris semences) | 252 833 | 281 295 | 28 048 | 26 911 | 9,6% |
| Betteraves industrielles (non compris semences) | 411 632 | 397 404 | 200 071 | 193 485 | 48,7% |
| Pommes de terre (y compris plants) | 217 678 | 241 758 | 127 968 | 142 175 | 58,8% |
| Fourrages annuels | 1 502 251 | 1 411 001 | 120 180 | 110 784 | 7,9% |
| Autres terres arables | 3 760 052 | 3 650 580 | 195 173 | 192 283 | 5,3% |
| TOTAL TERRES ARABLES | 16 946 511 | 16 911 546 | 1 810 863 | 1 815 912 | 10,7% |
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Grains : des rendements élevés, des prix bas
Cultures
L’automne clément permet la réalisation des semis d’hiver dans de bonnes conditions. L’arrivée du froid en novembre freine la croissance des végétaux. La reprise de végétation au printemps est satisfaisante, le temps sec prévenant l’apparition de maladies et de ravageurs. à partir du mois de mai, la météo sèche et venteuse est source de craintes, notamment pour la levée des semis de printemps et pour le potentiel de productivité des cultures. Le rayonnement printanier est favorable à la bonne fertilité des épis et permet un remplissage satisfaisant des grains. Ainsi, le nombre décevant d’épis au mètre carré est contrebalancé par un nombre satisfaisant de grains par épi et un bon poids de mille grains. Le colza suit la même dynamique positive que les céréales à paille, tandis que les protéagineux souffrent de la sécheresse, les pois étant plus impactés que les féveroles. Les récoltes démarrent fin juin, avec dix jours d’avance, puis sont ralenties par les pluies de la fin juillet. Fin août, les récoltes des céréales à paille et du colza sont achevées dans de très bonnes conditions. En novembre, les semis de blé tendre et d’orge d’hiver sont plus avancés qu’à même époque l’année précédente. La météo douce et humide favorise une levée plus précoce.
Récoltes
Après une année 2024 catastrophique, le millésime 2025 s’avère très satisfaisant, tant du point de vue des rendements que des paramètres qualitatifs. La récolte de blé tendre est supérieure d’un tiers à celle de l’année précédente passant de 5,1 millions à près de 7 millions de tonnes, alors que la surface n’a augmenté que de 5 % sur un an (graphique 4).
Graphique 4 - Blé tendre : évolution des surfaces et productions de 2010 à 2025* en Hauts-de-France
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Pour l’orge et le colza, la baisse des surfaces entre 2024 et 2025 (respectivement - 8 % et - 5 %) est amplement compensée par une production plus élevée (+ 13 % et + 28 %) (graphiques 5 et 6).
Graphique 5 - Orges : évolution des surfaces et productions de 2010 à 2025* en Hauts-de-France
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Graphique 6 - Colza : évolution des surfaces et productions de 2010 à 2025* en Hauts-de-France
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Concernant les aspects qualitatifs, le blé affiche un poids spécifique de 80-85 kg/hl, supérieur au seuil des 76 kg/hl, avec de belles teneurs en protéines ; la situation est identique pour l’orge d’hiver. Quant au colza, le taux d’huile, évalué à 46 %, s’annonce supérieur à la moyenne quinquennale (44 %).
Cours
L’année 2025 se caractérise par une récolte de grains pléthorique également à l’échelle mondiale. Cette abondance généralisée entraîne les prix à la baisse. Les cours du blé tendre (free on board Rouen) présentent une volatilité, passant de 235 € en début d’année à 195 € la tonne en fin d’année, et affichent une valeur moyenne annuelle de 209 € la tonne, 17 % en dessous de la moyenne quinquennale (252 €/t)(graphique 7).
Graphique 7 - Cotations du blé tendre (FOB* Rouen) de 2020 à 2025
Source : FranceAgrimer
* FOB : free on board
L’orge fourragère (free on board Rouen) commence l’année à un prix de 215 €/t. Celui-ci baisse jusqu’à 190 €/t, niveau auquel il stagne jusqu’en octobre, puis finit l’année à 200 €/t. S’affichant à 200 €/t, le cours moyen en 2025 reste en-deçà de la moyenne quinquennale (- 12 %) (graphique 8).
Graphique 8 - Cotations de l’orge fourragère (FOB* Rouen)
Source : FranceAgrimer
* FOB : free on board
Le cours du colza (rendu Le Mériot) décroît tout au long de l’année, de 541 à 463 €/t (graphique 9). L’écart en moyenne sur les quatre dernières années est de - 15 % (576 €/t contre 489 €/t en 2025).
Graphique 9 - Cotations du colza (rendu Le Mériot) de 2021 à 2025
Source : FranceAgrimer
Export
La parité euro/dollar suit une tendance croissante, de 1,02 en janvier à 1,18 début juillet, puis oscille autour de 1,17 au 2e semestre, pénalisant les exports au départ de l’UE. Néanmoins, les prix européens stables au 2e semestre 2025 et particulièrement bas permettent de trouver des débouchés à l’export. La France écoule sa production de blé tendre vers l’Afrique (Maroc, Egypte) et en échanges intracommunautaires (Belgique, Pays-Bas, Espagne). L’orge française est vendue au sein de l’UE, mais aussi à destination de la Chine et de l’Arabie saoudite.
Plantes fourragères : une récolte de qualité ; des volumes faibles
Herbe
Les rendements moyens sur l’année 2025 sont inférieurs de près d’un tiers aux valeurs de référence établies sur la période 1989-2018 : - 28 % dans la Somme, - 30 % dans l’Oise et le Pas-de-Calais, - 33 % dans le Nord et l’Aisne (carte 1). Sur le plan qualitatif, l’herbe récoltée s’avère excellente grâce au rayonnement exceptionnel du printemps ; les plantes sont coupées à leur stade optimal en matière de valeur nutritionnelle.
Carte 1 - Évolution du rendement fourrager en France en 2025
Source : SSP - Enquête prairies 2025
Maïs
Les semis sont réalisés précocement et bénéficient de conditions météorologiques favorables à leur développement. Les ensilages commencent fin août, plus tôt que de coutume. Les rendements sont légèrement en-deçà de la moyenne en début de période, mais s’améliorent à l’automne, tout comme la qualité du produit, qui présente un taux de matière sèche élevé (supérieur à 30 %) (graphique 10).
Au global, les stocks fourragers récoltés en 2025 sont très satisfaisants sur le plan qualitatif et insuffisants en termes de quantité. Toutefois, le manque de volume ne suscite pas d’inquiétude sur la capacité à nourrir les troupeaux jusqu’à la saison prochaine : les récoltes abondantes en céréales, pommes de terre et betteraves sucrières offrent des alternatives pour sécuriser la ration.
Graphique 10 - Maïs fourrage : évolution des surfaces et rendements de 2010 à 2025* en Hauts-de-France
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Betteraves industrielles : des rendements exceptionnels ; le cours du sucre en recul
Cultures
En 2025, les betteraves sucrières sont semées précocement en Hauts-de-France, puis pâtissent de la sécheresse printanière. Le déficit hydrique crée des conditions favorables aux attaques de pucerons, vecteurs du virus de la jaunisse. Par la suite, la météo automnale, douce et humide, est propice au remplissage racinaire.
Récoltes
Il en résulte un rendement régional élevé en 2025 : 92 tonnes à l’hectare, supérieur à la moyenne quinquennale de 82 tonnes à l’hectare, ainsi que des racines plus riches en sucre qu’en moyenne. Toutefois, les départements de l’Aisne et de l’Oise, plus impactés par la sécheresse et la jaunisse, affichent des rendements légèrement inférieurs à 90 t/ha. Ainsi, la production de betteraves sucrières des Hauts-de-France en 2025 progresse de 14 % par rapport à l’année précédente, et ce malgré une baisse des surfaces de 3 % (graphique 11).
Graphique 11 - Betterave sucrière : évolution des surfaces et rendements de 2010 à 2025* en Hauts-de-France
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Cours
Les cours mondiaux du sucre sont orientés à la baisse en 2025 en raison d’une production abondante, portée par le Brésil, l’Inde et la Thaïlande (graphique 12). En décembre 2025, le sucre européen s’échange à 509 €/t, contre 570 en décembre 2024, soit une chute de 11 % (graphique 13).
Graphique 12 - Cours mondiaux du sucre (en fin de mois) à la bourse de Londres et de New-York
Source : : Intercontinental Exchange (ICE)
Graphique 13 - Le prix du sucre dans l’UE par régions
Source : Commission européenne
Note : Région 1 : Europe de l’Ouest / Région 2 : Europe centrale et orientale (dont France) / Région 3 : Europe du Sud et périphérie UE
Pommes de terre : augmentation des volumes, chute des prix
Cultures
En 2025, sur un an, les surfaces régionales sont en augmentation de 12 % pour la pomme de terre de consommation, avec près de 123 600 ha cultivés (graphique 14), et stables pour la pomme de terre de féculerie, avec près de 9 800 ha. Les chantiers sont engagés précocement, mais ralentis par le manque de précipitations au printemps. Les précipitations du début d’été, complétées par des recours ponctuels à l’irrigation permettent le bon développement des tubercules. En fin d’été, les parcelles sont en avance de 15 jours, mais la sécheresse des sols constitue un frein à l’arrachage.
Cultures
Celles-ci s’achèvent début novembre. Avec un rendement moyen à 44 tonnes par hectare, proche de la moyenne quinquennale, la production de pommes de terre de consommation des Hauts-de-France en 2025 est supérieure de 13 % en volume à celle de 2024, portée par l’augmentation des surfaces (graphique 14). Les producteurs sont par la suite confrontés à plusieurs difficultés : le retard des enlèvements au départ des champs par les industriels, le manque de place dans les sites de stockage, la germination des tubercules, qui engendrent à terme des problèmes de conservation et de qualité.
Graphique 14 - Pommes de terre de consommation : évolution des surfaces et rendements de 2010 à 2025* en Hauts-de-France
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Cours
Les prix sont stables jusqu’en mars, puis commencent à baisser en raison d’un manque de dynamisme des transformateurs et d’un climat commercial peu favorable. En juin, la fin de la campagne 2024-2025 est marquée par une baisse générale des prix, liée à une demande faible et la nécessité pour les producteurs de se défaire de stocks encore abondants. En septembre, la campagne 2025-2026 démarre avec des prix toujours orientés à la baisse : les débouchés industriels sont saturés et ne peuvent absorber les excédents de production, entraînant une chute des cours sur le marché du libre. Au dernier trimestre 2025, la pomme de terre se valorise difficilement, avec des prix sur le marché du frais environ de 20 % à 50 % inférieurs à ceux de l’année précédente et aux valeurs moyennes quinquennales, selon les variétés et les débouchés (graphique 15). Le marché export maintient son dynamisme tout au long de l’année et constitue une fenêtre de dégagement appréciable face aux stocks pléthoriques.
Graphique 15 - Cotation de la pomme de terre de consommation - type four, purée ou potage – stade expédition
Source : FranceAgriMer – RNM
Retrouvez le bilan de campagne 2024-2025 de la pomme de terre sur le site FranceAgriMer, en suivant le lien : Bilan de campagne pomme de terre
Endives : retour de la productivité, baisse des cours
Campagne 2024
Racines
Après deux années décevantes, la récolte de racines d’endives fin 2024 s’avère satisfaisante tant en quantité qu’en qualité. La production de racines est estimée à 205 600 tonnes, en hausse de 15 % par rapport à l’année 2023, permettant de reconstituer le stock racinaire. L’augmentation des surfaces semées en 2024, passant de 7 400 ha à 8 000 ha (soit + 8 %), contribue à ce résultat (graphique 16). La mise en forçage de ces nouvelles racines à partir du mois de décembre 2024 permet à l’endive de retrouver une productivité proche des valeurs de référence.
Graphique 16 - Endive : évolution des surfaces et productions de 2010 à 2025* en Hauts-de-France
Source : Agreste - statistique agricole annuelle
* estimation
Chicons
Début 2025, l’offre est d’un bon niveau mais la demande ne suit pas : les prix baissent tout en restant supérieurs aux moyennes quinquennales. En mars et avril, les cours continuent de s’éroder et l’endive traverse une période de crise conjoncturelle : les prix sont inférieurs de 20 % au prix hebdomadaire moyen sur les cinq dernières années (graphique 17). Les cours restent inférieurs aux valeurs moyennes jusqu’à la fin de la campagne, en juin. Durant l’été, les rares endiveries en activité travaillent à satisfaire une demande supérieure à celle des trois dernières années à même époque. La production de chicons sur la campagne 2024-2025 avoisine les 112 000 tonnes, à peine supérieure au tonnage 2023-2024 (110 000 tonnes), et en-deçà de la production moyenne sur 5 ans (- 5 %).
Graphique 17 - Cotations de l’endive – cat. I – sachet 1 kg – bassin Hauts-de-France -stade expédition
Source : FranceAgriMer – RNM
Campagne 2025
Racines
Au printemps 2025, l’im7ortance du stock racinaire se traduit par une réduction des surfaces semées (7 700 ha, soit - 4 %) (graphique 16). La sécheresse du printemps explique la réalisation de semis tardifs et étalés. Les précipitations en début d’été permettent une bonne implantation et un développement foliaire correct. La sécheresse du mois d’août freine la croissance des plants et favorise les attaques de pucerons. Le retour de la pluie en septembre est propice au grossissement et au remplissage des racines. Les arrachages se déroulent de novembre à la mi-décembre dans de bonnes conditions.
Avec près de 207 500 tonnes, le volume de racines récolté reste stable par rapport à celui de l’année précédente (+ 1 %). Les racines, d’une belle qualité, présentent un bon potentiel productif.
Chicons
En septembre 2025, la campagne 2025-2026 démarre sereinement : le stock abondant de racines 2024 permet d’envisager une production de bon niveau et de repousser la période de transition vers les racines 2025. Les volumes produits lors du dernier trimestre 2025 tendent à surpasser ceux de 2024 à même époque. Par ailleurs, la demande est présente ; il en résulte un marché équilibré et des cours relativement stables, oscillant autour de 1,70 €/kg. En décembre, la douceur du climat incite peu à la consommation de légumes d’hiver. L’endive pâtit de cette désaffection qui débouche sur des opérations de retrait et de non récolte. Le cours de l’endive s’infléchit mais reste au-dessus des valeurs moyennes sur 5 ans (graphique 17).
Retrouvez le bilan de campagne 2024-2025 de l’endive sur le site FranceAgriMer, en suivant le lien : Bilan de campagne endive
Choux-fleurs : une production et des prix en dents-de-scie
En Hauts-de-France, le chou-fleur d’été se récolte de fin mai à fin novembre. La campagne 2025 se caractérise par un printemps et un été très secs, favorisant les attaques d’insectes (aleurodes, pucerons) de juin à septembre.
Frais
Dans les parcelles implantées pour le marché du frais, l’effet conjugué de la sécheresse et des insectes provoque des problèmes de qualité et des pertes au champ, se traduisant par un creux de production de la mi-juillet à la mi-août. Cette chute de l’offre entraîne une envolée des cours en juillet – août (+ 48 % par rapport au prix moyen quinquennal sur ces 2 mois). Néanmoins, la capacité de la majorité des producteurs à irriguer permet de maintenir la production. La majeure partie des choux-fleurs arrivent à maturité plus tardivement, en septembre, commercialisés en même temps que les choux-fleurs bretons. Cet afflux de produits entraîne un gonflement de l’offre qui fait chuter les cours (- 25 % par rapport au prix moyen en septembre sur 5 ans, - 50 % par rapport à septembre 2024) (graphique 18). Au global sur l’ensemble de la campagne, la productivité reste dans la moyenne.
Graphique 18 - Cotations du chou-fleur Hauts-de-France - couronné - cat.I gros 6 pièces - stade expédition
Source : FranceAgriMer – RNM
Industrie
Les plantations de choux-fleurs destinés à la transformation industrielle, généralement effectuées en juin-juillet, sont retardées d’environ une semaine en raison des conditions sèches, décalant à octobre-novembre les récoltes (qui commencent usuellement en septembre). Les cultures bénéficient des pluies de septembre, propices au grossissement des choux. Ce retard de calendrier a également pour conséquence de réduire l’impact des ravageurs. L’épisode de gel et de neige fin novembre met un terme aux récoltes. Au final, les rendements sont satisfaisants, compensant la légère baisse des surfaces consacrées au chou-fleur industriel. Sur le plan commercial, la matière première est abondante à l’échelle mondiale, et la concurrence très rude, aussi bien en Europe (Belgique, Pologne) qu’à l’international (Chine, Egypte).
Retrouvez le bilan de campagne 2024-2025 du chou-fleur sur le site FranceAgriMer, en suivant le lien : Bilan de campagne chou-fleur
Lait de vache : stabilité des volumes, des prix élevés
Production
Fin 2025, le cheptel régional de vaches laitières se situe au 5e rang national, avec près de 273 000 têtes (9 % du cheptel national). Il décroît régulièrement depuis 2014 (- 13 %).
Avec 2 225 millions de litres en 2025, la collecte régionale de lait de vache est restée quasiment stable par rapport à 2024 (+ 1 %). Le volume de lait de vache conventionnel progresse de 2 % par rapport à celui de 2024 (2 182 contre 2 147 millions de litres) (graphique 19). En revanche, le volume de lait certifié en agriculture biologique collecté en Hauts-de-France en 2025 recule de 13 % par rapport à l’année précédente (43 millions de litres collectés en 2025 contre 49 millions en 2024) (graphique 20).
Graphique 19 - Lait de vache conventionnel en Hauts-de-France : évolution des volumes et des prix en 2024 et 2025
Source : Enquête Mensuelle Laitière (EML)
Graphique 20 - Lait de vache biologique en Hauts-de-France : évolution des volumes et des prix en 2024 et 2025
Source : Enquête Mensuelle Laitière (EML)
Cours
Les prix moyens payés aux producteurs pour les 2 catégories de lait de vache connaissent une embellie. Ainsi, le prix moyen du lait de vache bio s’établit à 537 € pour 1 000 litres en 2025 (511 € en 2024, soit une hausse de 5 %), et celui du lait de vache conventionnel à 496 € pour 1 000 litres (466 € en 2024, soit + 6,5 %). Au premier semestre 2025, les prix du bio convergent vers les prix du lait conventionnel, puis l’écart se creuse au second semestre, en faveur de la production biologique. Au final, après une période de stabilité en 2023-2024, l’IPPAP (indice des prix agricoles à la production) « lait de vache » repart à la hausse (+ 7 %).
Coûts de production
L’IPAMPA (indice des prix d’achat des moyens de production agricole) du lait de vache poursuit sa décroissance (- 1,9 %) amorcée depuis 2023 (graphique 21), portée par la baisse des postes « aliment » et « énergie et lubrifiants ».
Graphique 21 - Lait de vache : évolution des indices de prix (IPAMPA, IPPAP)
Source : INSEE, IDELE
Note : base 100 en 2020
Viande bovine : stabilité des abattages, explosion des prix
Abattages
L’activité d’abattage de bovins dans les Hauts-de-France en 2025 reste stable globalement, tant en nombre (environ 270 000 têtes) qu’en volume (103 600 tonnes), contrairement à la tendance nationale, qui affiche une baisse de 4 % du nombre de bovins abattus et de 2,6 % du tonnage sur un an. Le nombre de vaches allaitantes abattues en 2025 dans les Hauts-de-France progresse de 5,3 %. En revanche, les abattages de vaches laitières de réforme et de jeunes bovins mâles de 12-24 mois diminuent respectivement de 1,4 % et 7,3 % (graphique 22). Le poids des carcasses est en légère progression sur un an : + 1 % pour les vaches allaitantes et les jeunes bovins, + 2 % pour les vaches laitières. Il en résulte une stabilité du tonnage pour les vaches laitières et une croissance de 6 % du tonnage en vaches allaitantes.
Graphique 22 - Evolution des abattages de bovins dans les Hauts-de-France entre 2024 et 2025
Source : Diffaga
Note : : Les catégories retenues représentent les 2/3 des abattages de bovins (en nombre et en poids) dans les Hauts-de-France
Cours
La baisse du nombre de bovins abattus en France résulte d’un ralentissement de la décapitalisation des cheptels, qui crée des tensions sur l’approvisionnement des abattoirs. S’en suit un déséquilibre entre une offre réduite et une demande dynamique, ce qui se traduit par une augmentation des prix. Par ricochet, les prix à l’entrée des abattoirs régionaux connaissent une forte progression entre 2024 et 2025 (graphique 23). En jeune bovin, l’année débute sur des prix inférieurs à 6 €/kg et finit à 7,5 €/kg ; le prix moyen en 2025 (6,7 €/kg) est supérieur de 23 % à celui de 2024. Le cours des vaches allaitantes progresse linéairement, de 5,6 €kg en début d’année jusqu’à 7,4 €/kg à la mi-octobre, niveau auquel il se stabilise jusqu’à la fin d’année. En moyenne, le prix 2025 de 6,55 € surpasse celui de 2024 de 20 %. Début 2025, les vaches laitières cotent à 4,3 €/kg. Les prix augmentent régulièrement jusqu’au début de l’été, où ils se stabilisent autour de 6 €/kg. A partir du mois d’août, ils repartent à la hausse jusqu’à la mi-octobre, où ils culminent à 6,5 €/kg, puis s’infléchissent pour finir l’année autour du cours de l’été. Au global, le prix moyen en 2025, à 5,7 €, est supérieur d’un tiers à celui de 2024. Cette hausse des cours se retranscrit au niveau de l’IPPAP (indice des prix agricoles à la production) « bovins de boucherie », qui connaît une croissance exponentielle (+ 25 % par rapport à 2024) (graphique 24).
Graphique 23 - Cotations gros bovins - entrée abattoir bassin Nord-Est
Source : FranceAgriMer
Graphique 24 - Viande bovine : indices des prix
Source : INSEE, IDELE
Coûts de production
S’agissant des coûts de production, l’indice IPAMPA « viande bovine » reste globalement stable (– 0,6 % par rapport à 2024), l’augmentation de la composante « engrais et amendements » étant compensée par la baisse du coût de l’alimentation et de l’énergie (graphique 24). Le niveau élevé des prix de la viande, conjugué à un moindre coût des aliments, incitent certains éleveurs à mieux engraisser les animaux avant abattage, d’où le gain de poids moyen des carcasses constaté aussi bien à l’échelle nationale que régionale.
Marchés
Les importations françaises de viande bovine ont diminué de 2 % comparativement à 2024. Les exportations demeurent constantes. Toutefois, le solde global reste déficitaire.
Viande de porc : abattages en progression, érosion des cours
Production
La région pèse pour 4,6 % du cheptel porcin national. Depuis 2010, ce cheptel en Hauts-de-France est globalement orienté à la baisse, suivant la tendance nationale (- 11 % entre 2015 et 2025) et européenne.
Le nombre de porcins abattus en région progresse de 5 % entre 2024 (715 000 têtes) et 2025 (754 000 têtes), notamment de par l’augmentation du nombre de porcs charcutiers abattus. Le tonnage croît de 7 %, grâce à une augmentation du poids moyen des carcasses. Les Hauts-de-France restent en première position en matière d’abattage de porcelets, assurant 55 % du tonnage national (1 672 tonnes sur 3 200).
Cours
Dans le bassin de production Nord-Est, le cours moyen du porc en 2025, inférieur à celui de l’année précédente, se rapproche de la moyenne quinquennale. Ainsi, le prix moyen annuel s’établit à 1,93 € par kg contre 2,13 € par kg en 2024 (- 9 %). Le rebond des prix au printemps est plus tardif en 2025 qu’en 2024, tout comme la stabilisation des prix en fin d’année (graphique 25). Au final, l’indice des prix agricoles à la production (IPPAP) « porcins » continue sa décroissance (- 8 % / 2024 ; - 15 % / 2023), malgré une période à la hausse entre février et juillet 2025 (graphique 26).
Graphique 25 - Cours du porc charcutier à l’entrée en abattoir – bassin Nord-Est – conformation S
Source : FranceAgriMer
Graphique 26 - Indices mensuels des prix - Porcins
Source : INSEE
Coûts de production
L’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA) de l’aliment des porcins est stable au premier semestre 2025, puis évolue à la baisse jusqu’à la fin d’année (graphique 26). Au final, l’indice a perdu 2 % depuis 2024 et 13 % depuis 2023. La baisse du coût de l’aliment incite les éleveurs à mieux finir l’engraissement et contribue à l’alourdissement des carcasses.
Pêche maritime : des volumes soutenus, des prix stables
Les volumes
Les échanges à la halle à marée de Boulogne-sur-Mer durant l’année 2025 (environ 21 000 tonnes) se situent 3 % au-dessus de ceux de l’année 2024 et 7 % au-dessus des valeurs quinquennales. Les tonnages commercialisés de janvier à avril sont supérieurs d’un quart aux tonnages moyens sur 5 ans et de 2024, tandis que ceux de juin et juillet sont inférieurs de 20 % à ceux observés sur les mêmes périodes.
Les prix
Le prix moyen des ventes en 2025 se situe à 2,85 €/kg, identique à celui de 2024 et supérieur de 5 % au prix moyen quinquennal (2,71 €/kg). Les prix moyens mensuels évoluent dans une fourchette de 2,2 à 4,4 €/kg. Les prix les plus bas (inférieurs à 2,5 €/kg) s’observent de mars à juin, tandis que le dernier trimestre voit les prix grimper au-delà de 3 €/kg. De janvier à avril, les prix 2025 sont légèrement en-deçà de ceux de 2024. à partir du mois de mai 2025, les prix sont supérieurs ou égaux à ceux de l’année précédente (graphique 27).
Graphique 27 - Volumes et prix des ventes facturées à la halle à marée (criée) de Boulogne-sur-Mer
Source : Port de Boulogne – Calais
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