Conjoncture agricole de mai 2026
Synthèse du mois d’avril 2026
Météo
Un mois en dents de scie, d’abord pluvieux puis très chaud.
Céréales, oléagineux et protéagineux
Des cultures prometteuses en région. Cours des céréales stables ; hausse des prix des oléagineux.
Betteraves sucrières
Belles parcelles en région. Cours du sucre en baisse.
Pommes de terre
Bon développement des cultures. Marchés de fin de campagne : très calmes.
Fruits et légumes
Endive : marché très calme.
Chou-fleur : début de campagne en région.
Productions animales
Lait : une collecte toujours dynamique en région ; décroissance des prix.
Viande bovine : des prix toujours en baisse.
Viande porcine : stabilité des cours.
Indicateurs économiques
Dollar faible. Cours du baril de pétrole toujours élevé.
Météo
La météo du mois de mai s’avère très contrastée, avec des périodes pluvieuses et fraîches durant les deux premières décades, puis une période de forte chaleur en fin de mois. Il en résulte des températures supérieures aux valeurs normales de 1 à 3°C. Au sud d’une ligne Le Crotoy – Lille, les précipitations sont plus importantes de 20 à 50 % par rapport aux valeurs normales. A l’inverse, au nord de cette ligne, les précipitations sont exceptionnellement déficitaires (entre -20 et -60% par rapport aux normales) (graphique 1). Le Nord et le Pas-de-Calais font l’objet d’un arrêté préfectoral de vigilance sécheresse, en date du 22 mai. Après un mois d’avril sec, l’arrivée de la pluie en début de mois permet tout de même à la végétation de se développer.
Graphique 1 - Températures et précipitations en 2026 - stations de Dunkerque et Amiens-Glisy
Source : Météo France
Note : valeur normale = moyenne sur la période de référence 1991 - 2020
Céréales, oléagineux et protéagineux
Situation en région
L’alternance de pluie et de chaleur stimule le développement des cultures. Les céréales et le colza atteignent le stade du remplissage des épis et siliques. Les cultures sont très saines. Toutefois, le rendement des cultures de protéagineux de printemps pourrait pâtir de la vague de chaleur, survenue en pleine floraison.
Les premières données de la PAC confirment l’augmentation des surfaces emblavées en blé tendre d’hiver (+2 %), orge d’hiver (+7,7%) et en colza (+14 %). Les oléagineux autres que le colza connaissent également une belle progression, avec près de 8 600 ha déclarés, soit 38 % de plus qu’en 2025 ; le tournesol fait notamment une belle percée (+ 1 700 ha). La surface semée en protéagineux reste globalement stable, avec une baisse des féveroles et des lentilles compensée par les pois.
Évolution des prix en relation avec le contexte international
Céréales
Les prix des céréales se maintiennent par rapport au mois précédent : le blé s’affiche à 204 € la tonne (FOB Rouen) (graphique 2), l’orge (FOB Rouen) et le maïs (FOB Rhin) à 201 € la tonne. Toutefois, cette stabilité globale n’est pas exempte de volatilité : le 12 mai, l’annonce de l’USDA d’une récolte céréalière mondiale 2026-2027 probablement orientée à la baisse fait ponctuellement remonter les cours français.
Depuis l’été 2025 et de façon plus marquée depuis la crise au Moyen-Orient, le ratio entre les coûts de production et les prix de ventes des céréales se dégrade, réduisant les marges des exploitants. Depuis la crise, une tonne d’urée vaut 3,5 fois une tonne de blé contre 2,3 avant 2022 (effet ciseaux négatif).
Lors de son conseil spécialisé Grandes cultures du 13 mai 2026, FranceAgriMer juge que la dynamique des exportations françaises est plutôt bonne pour le blé tendre (à destination du Maroc, de l’Égypte et de l’Espagne), l’orge (vers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord), et le maïs (en intracommunautaire).
Graphique 2 - Cours du blé tendre (FOB Rouen)