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Conjoncture agricole Hauts-de-France de janvier 2022

publié le 10 mars 2022

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de janvier 2022 (format pdf - 449 ko - 10/03/2022)


GRANDES CULTURES

Semis d’hiver pour la récolte 2022 : Surfaces de blé en baisse et de colza en hausse

Les Cours

En janvier, la volatilité entoure encore le marché des grains qui reste sous tension.
Les cours du blé connaissent d’abord une période de baisse sous l’influence des rapports de l’USDA (United States Department of Agriculture) et du CIC (Conseil international des céréales) de mi-janvier qui révisent à la hausse la production mondiale de blé pour la campagne 2021/22.
Les cours rebondissent en seconde partie de mois dans un contexte de demande soutenue à l’international, mais également d’incertitudes géopolitiques, avec la tension entre la Russie et l’Ukraine.
Prix du blé FOB Rouen* Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère* FOB Rouen

* les cotations ont été suspendues à Rouen pour le blé tendre entre le 17/12/2021 et le 03/01/2022 et pour l’orge entre le 16/12/2021 et le 03/01/2022.

Campagne 2021/2022 - Estimation de la production de céréales en millions de tonnes

Echanges

Selon la Commission européenne, à mi-campagne de commercialisation, l’Union européenne (UE) a exporté 16,6 millions de tonnes (Mt) de blé vers les pays tiers.
La moitié des quantités de blé exportée a été expédiée de France et de Roumanie à parts égales. L’Algérie, l’Égypte, la Chine, le Nigéria et la Corée du Sud sont les cinq principaux pays destinataires. À noter que les volumes vers l’Algérie sont en retrait par rapport à la dernière campagne, alors qu’ils progressent fortement vers l’Égypte. D’ici la fin de la campagne, l’UE devrait avoir vendu près de 34 Mt, selon le Conseil international des céréales (CIC).

Campagne 2022/2023

La prévision de production mondiale de blé est très fragile et susceptible d’être revue à tout moment. Sur la base des surfaces emblavées, le CIC table sur une production mondiale de blé de 792 Mt en 2022-2023. Elle est juste suffisante pour couvrir les besoins de la planète.
Les producteurs des principaux pays exportateurs de blé pourraient être tentés de renoncer à utiliser autant d’engrais que lors de la campagne précédente, compte-tenu de leurs prix élevés.
Au niveau national en 2022, les surfaces de céréales d’hiver sont estimées à 6,7 millions d’hectares (Mha) : elles sont en repli de -2,5 % par rapport à 2021 et seraient même en deçà de la moyenne 2017-2021 (-0,6 %). La surface de blé tendre reculerait de -0,2 Mha (-4,3 %/2021). Parmi les céréales d’hiver, seules les surfaces d’orges augmenteraient par rapport à 2021 (+4,6 %). Par ailleurs, la surface de colza d’hiver, estimée à 1,2 Mha, serait en hausse de 18,0 % par rapport à 2021.
En région, les estimations de surface sont issues des résultats de l’enquête Terre Labourable (TL) pour le blé tendre, l’orge d’hiver et le colza.
La sole de blé tendre diminuerait de -4 % à l’échelle de la région. Par département on observerait un recul marqué dans l’Aisne (-8 %), plus modéré pour le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme (de -3 à -4 %) et une stabilité dans l’Oise.
La surface emblavée en orge d’hiver serait stable à l’échelle régionale. Par département, celle de l’Oise progresserait (+4 %) alors qu’elle diminuerait dans la Somme (-3 %). Les autres départements connaîtraient des surfaces stables.
En colza les résultats de l’enquête TL sont interprétables au niveau des anciennes régions, avec une hausse estimée à 10 % pour le Nord-Pas-de-Calais et à 20 % pour la Picardie. Ces chiffres seront consolidés à l’occasion de la remontée des informations de conjoncture d’avril.

POMME DE TERRE

L’activité de la transformation est confiante

Industrie

Après les fermetures totales ou partielles de fin d’année, les usines de transformation reprennent leur activité. Sans souci d’approvisionnement et avec une demande de produits finis constante, les usines tournent rapidement à 100 % de leur capacité. Dans ce contexte, les marchés restent confiants, malgré les incertitudes liées à la situation sanitaire.
Selon l’union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), les contrats entre les industriels et les producteurs pour la production 2022 sont pour la plupart conclus désormais et font état d’une augmentation moyenne de la rémunération des producteurs de l’ordre de 25 €/t.

Export

Les échanges intracommunautaires se poursuivent vers l’Espagne et l’Italie, avec un niveau d’exigence qualitative élevé, qui limite les disponibilités. Les pays de l’Est (Roumanie, Hongrie, Serbie) répondent présents, plus particulièrement sur des variétés à peaux rouges. Pour des raisons de qualité jugée insuffisante par les acheteurs potentiels, il n’y a pas d’envoi vers le Grand-Export (Moyen-Orient). Les problèmes logistiques avec le manque de transporteurs sont toujours d’actualité, sur l’ensemble des destinations, et engendrent des surcoûts.

Marché intérieur

Avec une fréquentation des magasins en baisse, au lendemain des fêtes de fin d’année, le marché intérieur se contente de répondre à des demandes de réapprovisionnement des rayons.
Les prix pratiqués au stade expédition sur ce marché intérieur sont maintenus constants, en raison de cette activité commerciale insuffisante. Pour autant, leur hausse est envisagée, dans le contexte d’augmentation des coûts de l’énergie, du transport et autres conditionnements. Pour compenser la faiblesse des volumes travaillés sur le marché intérieur, les expéditeurs tentent d’accélérer les sorties vers l’export.

Pommes de terre de conservation -diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg

La production française 2021 en pomme de terre de consommation

ENDIVE

Poursuite de la crise en janvier

Endive Nord-Picardie Cat.1 en colis de 5 kg

La crise se poursuit en janvier sur le marché de l’endive. Après un léger mieux en début de mois, les cours repartent à la baisse et l’état de crise conjoncturelle interrompu le 11 janvier est à nouveau activé le 19 janvier. Le marché reste déséquilibré avec une offre trop abondante et des prix qui ne décollent pas. Parallèlement les coûts de l’énergie, indispensable pour maintenir la température optimale en salle de forçage, restent orientés à la hausse.
La réduction de l’offre à l’initiative de l’organisation des producteurs est peu sensible. Celle constituée par les mesures de retrait et dénaturation (360 tonnes en janvier), totalise seulement la moitié d’une production quotidienne à cette période.
Les craintes pour la suite de la campagne sont multiples. Elles concernent principalement la gestion du stock de racines, anormalement élevé en frigo à ce stade de la campagne, qui nécessitera probablement des opérations de destruction d’ici la prochaine campagne, pour limiter les volumes de report et orientera à la baisse les prochains emblavements. Autre élément d’inquiétude, la concurrence prochaine de la salade dont les principales zones de production ont bénéficié de bonnes conditions météorologiques.

VIANDE BOVINE

La hausse des cours se poursuit

La faiblesse de l’offre, en particulier en vaches laitières et en jeunes bovins, entretient une hausse des cours qui profite à toutes les catégories de bovins et s’avère opportune face à l’inflation des charges de production.
En jeune bovin, les faibles disponibilités de ce début d’année s’expliquent en partie par l’anticipation des sorties réalisées sur les derniers mois de 2021. Par ailleurs, la hausse continue des cotations constatée depuis l’été dernier peut inciter certains éleveurs à retarder les ventes. L’ensemble du marché européen est dans une situation similaire, ce qui dope la demande adressée aux exportateurs français.
En vache laitière, le contexte favorable sur le marché des produits laitiers incite les éleveurs à limiter les réformes. L’offre s’amoindrit alors que la demande, notamment en viande hachée, reste ferme et tire les prix à la hausse.
Le cours moyen en janvier des jeunes bovins Cat.U* dans le bassin Nord-Est gagne 7 centimes/kg sur le mois et s’affiche à 4,66 €/kg, en hausse de 22 % par rapport à janvier 2021 et de 16 % par rapport à janvier 2020. Le gain mensuel est proche pour la vache de catégorie R (+6 centimes/ kg) dont le cours moyen atteint 4,36 €/kg (+6 %/janvier 2021 et +19 %/janvier 2020) et s’avère deux fois plus important pour la vache de catégorie P (+13 centimes/kg) dont le cours moyen s’établit à 3,56 €/kg (+28 %/janvier 2021 et +39 %/janvier 2020).

* classement des viandes bovines « EUROP »

Cours de la vache allaitante - Cat. R
Cours de la vache laitière - Cat. P Cours du jeune bovin - Cat. U
Abattage gros animaux Hauts-de-France

VIANDE PORCINE

Un niveau de prix très insuffisant

Cotation porc charcutier bassin Nord-Est

La stabilité des cours observée depuis le mois d’octobre 2021 se poursuit en janvier. Le cours moyen mensuel dans le bassin de production Nord-Est s’affiche à 1,43 € HT/kg, un niveau supérieur de 4,2 % à la référence de 2021, mais inférieur de -2 % à la moyenne quinquennale de janvier. Face à la hausse inédite de l’ensemble des coûts de production, ce niveau de prix est loin de permettre l’équilibre financier des exploitations et met en péril la viabilité de nombreux élevages porcins.
A défaut de débouchés suffisants vers le grand export, le marché européen reste encombré et incite certaines entreprises à avoir recours au stockage frigorifique. Par ailleurs, l’apparition en janvier de la peste porcine en Italie complexifie un peu plus la situation sur le marché intérieur.
En décembre, l’activité d’abattage en volume de porcs charcutiers en région est en hausse de 6,2 % par rapport à décembre 2020, soit 3 018 têtes de plus. En cumul sur l’année, la production est comparable à 2020, avec une progression de 0,51 % en volume, soit 2 750 porcs supplémentaires.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

Le prix moyen du lait en 2021 progresse de 3,7 % en région

La baisse de la collecte régionale de lait de vache se prolonge en décembre (-4,7 %/2020), pour le septième mois consécutif. Au niveau national la baisse est de -2,7 % et concerne tous les grands bassins laitiers, avec un recul qui varie entre -1,7 % et -4,3 %. En cumul depuis janvier, le volume collecté reste inférieur à la campagne précédente de -2,7 % en région et de -1,5 % au niveau national. Dans l’UE à 27, pour la première fois depuis 2009, la collecte 2021 ne progresse pas et reste équivalente à celle de la campagne précédente.
En décembre, le prix payé au producteur en région s’établit à 379 €/1 000 litres, en hausse de 6,4 % par rapport à décembre 2020. Le prix moyen 2021 s’élève à 362 €/1 000 litres contre 349 €/1 000 litres l’an passé soit une progression de 3,7 %.
Parallèlement, l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA) a encore gagné 1,6 point en décembre, sous l’impulsion de l’inflation qui touche les engrais et l’aliment acheté. Sur un an, les prix ont progressé de +90 % pour les engrais, de +11 % pour l’aliment acheté et de +25 % pour l’énergie.
Concernant plus précisément le lait bio, à l’échelle régionale, la part livrée aux industriels est en augmentation, représentant 2,4 % de la collecte totale de lait de vache en 2021 contre 2,1 % l’année précédente. Au niveau national, la part atteint 5,2 %. Le prix du lait bio payé au producteur en région s’affiche à 477 €/1 000 litres, stable par rapport à 2020.

Evolution de l'IPAMPA* Lait de vache
Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Une pêche côtière prépondérante

Les conditions météorologiques de janvier, fraicheur en début de mois puis temps calme, s’avèrent favorables à la pêche côtière, dont les apports gagnent en volumes, en diversité et en régularité. Les principales espèces débarquées sont, par ordre d’importance, le hareng, le merlan, l’encornet et le maquereau. Le hareng est en fin de saison et se négocie difficilement entre 0,30 et 0,60 € HT/kg. Les arrivages d’encornet satisfont toujours une demande soutenue vers l’export, notamment méditerranéen, avec un maintien des prix entre 8,50 et 9,00 € HT/kg. Majoritairement de petite taille, le merlan et le maquereau trouvent difficilement preneur sur le marché, sauf à alimenter les chaines de filetage et les lignes de conditionnements.
A l’inverse, le mauvais temps qui sévit en Europe du Nord affecte l’activité à l’importation, ainsi que la pêche hauturière. A l’import, les mareyeurs/fileyeurs se détournent du cabillaud, trop cher, pour privilégier l’églefin. La pêche hauturière assure une rotation de lieu noir en milieu de mois, négocié à 2,20 € HT/kg.
En janvier, l’activité commerciale est jugée calme par les différents opérateurs, les grandes et moyennes surfaces restant le principal débouché, mais sans excès.
En janvier, le tonnage s’avère légèrement supérieur à celui de janvier 2021 (+4 %) et provient pour l’essentiel de la pêche côtière. Affiché à 2,53 €/kg, le cours moyen progresse fortement sur un an de 28 % pour retrouver un niveau proche de la moyenne quinquennale mensuelle.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Janvier doux

Ecarts à la moyenne de référence

Avec 4,4°C de température moyenne mensuelle régionale, le mois de janvier s’avère plus doux que la normale de près de 1°C. Cette douceur est remarquable en tout début de mois et notamment le premier jour de l’année. Ainsi l’après-midi du 1er janvier 2022 s’avère le deuxième après-midi le plus doux de janvier depuis 1947, en moyenne sur les Hauts-de-France, avec une température maximale régionale qui atteint 14,40°C. Les jours de gel épargnent la côte mais sévissent à l’intérieur des terres autour du 15 janvier ainsi que le 25, qui reste la journée la plus froide du mois. La pluviométrie est assez contrastée mais s’avère déficitaire en janvier, de près de 10 % à l’échelle de la région. Le nombre de jours de pluie est particulièrement faible et se concentre durant la première décade, qui recueille 80 % des précipitations. Un premier épisode pluvieux important est observé du 03 au 04, suivi d’un second du 07 au 08. L’indice d’humidité des sols superficiels termine en fin de mois légèrement en dessous de la normale.

Station d'AMIENS - GLISY - Températures et précipitations Station de LILLE - LESQUIN - Températures et précipitations


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