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Conjoncture agricole Hauts-de-France de janvier 2021

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de janvier 2021 (format pdf - 457.1 ko - 02/03/2021)


GRANDES CULTURES

Les cours atteignent des niveaux élevés

Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2)

La hausse des cours des céréales se poursuit en janvier, dans un contexte de situation tendue au niveau mondial sur la campagne 2020/2021, mais avec des perspectives de récoltes abondantes pour le moment sur la prochaine campagne. Les éléments clés de soutien demeurent les mêmes, entre les restrictions à l’export en Russie d’un côté, et de l’autre une demande à l’international, notamment forte pour les origines européennes, alimentée essentiellement par la Chine.
En France, les cours rendu Rouen du blé tendre et de l’orge atteignent respectivement 240 €/t et 220 €/t vers le 20 janvier, leur plus haut depuis 2013. Élément inhabituel, en conséquence de la demande chinoise, les cours de l’orge fourragère, pour livraison de récolte 2021 dépassent les cours du blé.

Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

Sur la scène internationale, l’Algérie aurait au final acheté environ 600 000 t de blé en janvier. Les origines retenues devraient être pour partie européennes, dont une grande partie française et peut-être pour partie Argentine.
Sur le marché des orges, l’Arabie Saoudite est aux achats pour 480 000 t d’orge fourragère pour livraison entre mars et avril prochains, origines optionnelles. L’origine française bénéficie des importations chinoises, importantes cette année, en raison notamment de l’absence de la concurrence australienne sur cette destination. Cependant la dynamique de la demande chinoise pose question avec de nouveaux cas de covid constatés dans le pays ainsi qu’un nouveau foyer de peste porcine.
En blé, dans son rapport mensuel, FranceAgriMer révise à la hausse ses exportations pays tiers à 7,27 millions de tonnes contre 7,09 estimés le mois dernier. Cependant en révisant légèrement à la baisse les exportations intracommunautaires, le stock de fin affiché à 2,485 millions de tonnes contre 2,498 le mois dernier évolue peu. Ces estimations confirment un stock de fin de campagne tendu. L’an passé le stock de fin s’affichait à un peu plus de 3 millions de tonnes.
En orges, le bilan français établi par FranceAgriMer ce mois-ci devient également très tendu. Les stocks de fin de campagne sont désormais estimés à 1,067 Mt contre 1,158 Mt le mois dernier. Ceci, principalement en raison des exportations dynamiques vers les Pays tiers. La fermeture des bars et restaurants, prolongée lors des dernières annonces gouvernementales dans la lutte contre la covid-19, amène FranceAgriMer à revoir à la baisse les utilisations d’orges en malterie.
En maïs, FranceAgriMer affiche un stock de fin également faible, à 1,860 million de tonnes contre 1,893 Mt le mois dernier. Depuis le premier janvier, l’UE ne prend plus en compte les chiffres de la Grande Bretagne.
Dans ces conditions, ses exportations de blé tendre s’élèvent au 31 janvier à 14,99 millions de tonnes contre 18,02 Mt l’an passé à date. En orges, les exportations s’affichent à 3,92 millions de tonnes contre 4,55 Mt l’an passé à date. Les importations de maïs quant à elles sont en repli à 9,66 millions de tonnes contre 13,30 Mt l’an passé à date.
En région Hauts-de-France, les estimations de surfaces au 1er février 2021 ont été révisées à partir des résultats de l’enquête Terre Labourable vague 2 pour le blé tendre, l’orge d’hiver et le colza.
La sole de blé tendre augmente de 8 % à l’échelle de la région, et tous les départements sont concernés avec une hausse qui varie entre 3,5 % et 15 %.
La surface en orge d’hiver recule de 2,3 % à l’échelle régionale. Par département, on observe un repli marqué dans le Pas-de-Calais, plus faible dans l’Aisne et l’Oise, une stabilité dans la Somme et une progression dans le Nord (+4 %).
En colza, la baisse avoisine 14 % à l’échelle régionale. Ce recul est variable selon le département : Aisne (-26 %) - Nord (-21 %) - Oise (-10 %) - Somme (-8 %). Seul le Pas-de-Calais connaît une hausse de 4 %.

POMMES DE TERRE

Marchés attentistes et prix stables

Dans le secteur de la transformation, la reprise d’activité des usines après les fermetures de fin d’année est très variable. Les industriels restent dans l’attente de potentielles nouvelles mesures sanitaires. Les usines s’emploient toujours aux enlèvements contractés que complètent quelques surplus sur le marché libre. Au regard des premiers contrats négociés pour 2021/2022, les prix seraient à la baisse.
Sur le frais, le marché est calme, avec une demande qui se maintient sur les variétés à peau rouge et les bonnes qualités, ces dernières étant de plus en plus rares. Globalement, la gestion de la germination ne semble pas poser de problème majeur.
Pour la prochaine campagne, les achats de plants sont en cours et les premiers contrats sont proposés avec de plus en plus de demandes agroécologiques.
A l’exportation, l’activité subit les conséquences du durcissement observé partout en Europe dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid. Le marché est alimenté par l’Espagne, le Portugal et l’Italie, avec des conditions de transport compliquées par des conditions météorologiques hivernales. Globalement, les renouvellements de commandes sont jugés insuffisants et n’augmentent pas les volumes travaillés.

Pommes de terre de conservation -diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg - origine France - marché du frais

ENDIVES

Le marché se rééquilibre
Endive Nord-Picardie Cat.1 en colis de 5 kg

En janvier, la production d’endives-chicons conserve un niveau très correct, dans la moyenne des dernières années. Elle reste cependant irrégulière, en lien avec le calibre hétérogène des racines, mais la qualité progresse. En cumul depuis septembre, la production d’endive progresse de 6 % sur un an mais s’affiche sous la moyenne quinquennale (-2 %).
Le couvre-feu appliqué à 18h00, qui touche les magasins alimentaires et l’ouverture des soldes en milieu de semaine sont autant de concurrences à l’offre des producteurs et expéditeurs du chicon. Néanmoins le marché se rééquilibre et les prix sont relativement stables, à peine soumis à une légère pression en raison de la monotonie du commerce.
Le cours moyen de janvier 2021 s’affiche à 1,38 €/kg, en baisse de 17 % par rapport à janvier 2020, mais supérieur de 11 % à la moyenne quinquennale.

VIANDE BOVINE

La forte demande en viande soutient les prix des vaches

La fermeture des salles de restaurants et le couvre-feu à 18 h incitent les Français à préparer leur repas à domicile et entretient une forte demande sur les viandes d’origine française. Selon l’IDELE(*), les achats de viande hachée par les ménages poursuivent leur progression à 2 chiffres depuis le début de l’année 2021 : + 19 % par rapport à 2020 sur les semaines 1 à 4 pour le haché frais et + 25 % pour le haché surgelé. En moyenne sur les 5 premières semaines, la vache R cote 4,12 €/kg (+ 12 % par rapport à 2020), la vache P 2,78 €/kg (+ 9 % par rapport à 2020).
Les cours des jeunes bovins se redressent, tirés par un marché allemand en situation de sous-offre, mais restent à un niveau encore bas.
Le cours moyen en janvier s’affiche à 3,83 €/kg pour le JB U (-5 % par rapport à 2020).

* IDELE : Institut de l’Élevage

Cours de la vache laitière Cat. P Cours de la vache allaitante Cat. R

Cours du jeune bovin - Cat. U
Abattage gros animaux Hauts-de-France

VIANDE PORCINE

Bonne activité et stabilité des cours
Cotation porc charcutier Nord-Est

La production de viande porcine affiche un net regain d’activité dans les premières semaines de janvier, pour satisfaire une demande particulièrement forte de la part de la distribution. En effet les opérations promotionnelles attirent d’autant plus le consommateur que la restauration hors domicile est fermée.
Les cours n’évoluent que très peu (+ 1 centime/kg) au cours du mois de janvier. Le cours moyen mensuel est inférieur de 21 % à celui de janvier 2020.
Ailleurs en Europe, la stabilité des cours qui s’était installée sur de nombreuses places de marché dès le début de décembre 2020, s’est prolongée au mois de janvier alors que les offres et les poids des animaux restaient partout très élevés : En Allemagne, 1 million de porcs sont en report d’abattage. La situation semble inextricable et ne pourra se résoudre que par une réduction du nombre des porcelets et donc de l’offre future. L’absence de débouchés vers les grands pays tiers (Chine, Japon ...) impacte lourdement la filière qui parvient à écouler les volumes de viande à coup de tarifs ultra compétitifs sur le marché européen.

LAIT

Une collecte annuelle 2020 en recul

Avec un recul de 1,4 %, décembre est le huitième mois consécutif affichant une collecte inférieure à 2019. Sur l’année la baisse de la collecte régionale est de 3 % par rapport à 2019, alors qu’elle progresse de 0,5 % au niveau national et de 1,4 % dans l’UE à 27. Cette baisse est corrélée à la diminution du cheptel, qui atteint en région Hauts-de-France 1,7 % sur l’année, soit 5 500 vaches laitières (source IDELE).
En décembre, le prix moyen payé au producteur en région s’établit à 356 €/1000 litres, en hausse de 0,5 % par rapport à décembre 2019. Sur l’année 2020, ce prix moyen s’élève à 349 €/1000 litres contre 352 /1000 litres l’an passé soit une baisse de 1 %.
Selon l’IDELE, l’orientation des marchés des produits laitiers demeure positive en ce début d’année 2021. Dans l’UE-27, la bonne tenue de la consommation en produits laitiers, moins impactée que prévu au début de la crise, et le ralentissement de la croissance de la collecte semblent jouer en faveur d’une fermeté des cours.

Livraison de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Des volumes débarqués restreints

En janvier, l’activité de la pêche doit composer avec, d’une part des conditions météorologiques capricieuses et, d’autre part les compl ications administratives liées au Brexit. En effet, les chaluts hauturiers qui n’ont pas « récupéré » les autorisations pour pêcher dans les eaux anglaises débarquent l’intégralité de leurs pêches sur les ports danois, au lieu de la répartition habituelle des arrivages entre ces derniers et le port de Boulogne/Mer. La pêche se recentre donc pour les chaluts boulonnais sur les eaux côtières.
Le hareng domine dans les filets malgré des gisements qui faiblissent logiquement en cette saison. Les débarques de maquereau et de merlan restent significatives. La coquille poursuit sa saisonnalité.
Côté commerce, la GMS demeure le principal circuit de distribution. L’activité chez les détaillants reste correcte, contrairement à celle des grossistes qui pâtit toujours de la fermeture prolongée de la restauration hors foyer et d’une restauration collective ralentie par une baisse générale.
Malgré les difficultés évoquées précédemment, le tonnage mensuel progresse de 18 % par rapport à janvier 2020, qui s’avérait lui aussi un mois très peu productif compte-tenu des conditions météorologiques. Le cours moyen chute de 22 % par rapport à janvier 2020.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Très pluvieux

En janvier, les cumuls mensuels de précipitations sont souvent largement supérieurs aux normales. Il est tombé près deux fois plus d’eau que la normale sur Lille et Amiens et l’excédent est de 77 % pour les Hauts-de-France. Les épisodes pluvieux importants du 13 et 14 puis du 27 au 30 provoquent des inondations et des crues de nombreux cours d’eau. L’indice d’humidité des sols superficiels est en sursaturation généralisée à partir du 14 janvier et finit le mois à son maximum.
La température moyenne est restée proche de la normale avec un 3,5°C sur Lille-Lesquin (écart de -0.1°C) et 3,6°C sur Amiens-Glisy (écart de -0,4°C). Le nombre de jours de gel en janvier dépasse souvent la normale mensuelle avec certains jours un thermomètre qui descend sous les -5°C.

Station d'AMIENS - GLISY Températures et précipitations Station de LILLE - LESQUIN Températures et précipitations

FOCUS DU MOIS

Le prix des moyens de production agricole (Ipampa)

Indice des prix d'achat des moyens de production agricole (Ipampa)

En décembre 2020, le prix d’achat des consommations intermédiaires est en hausse pour le troisième mois consécutif, de 0,4 %, après une progression de 0,6 % en octobre puis de 0,5 % en novembre. Sur un an, le prix reste inférieur au niveau de 2019, avec un repli de 1,1 % en décembre.
En décembre 2020, le prix de l’énergie et des lubrifiants continue de croître (+ 4,2 % après + 2 % en novembre). Depuis mars 2020, les prix de l’énergie et des lubrifiants ont fortement baissé par rapport à 2019, en lien avec la chute des cours du pétrole. En décembre 2020 ils sont ainsi inférieurs de 15,7 % au niveau de décembre 2019.
Le prix des aliments pour animaux progresse de 1,1 % par rapport à novembre. Sur un an, la hausse est de 5,4 %, sous l’effet de l’augmentation des prix des aliments simples et des aliments composés.
En décembre 2020, le prix des engrais et amendements est en légère hausse (+0,3 %) pour le troisième mois consécutif. Sur un an le prix est en repli (-4,8 %).

Ipampa par Otex

En décembre 2020, sur un an, le prix des intrants recule pour toutes les Otex, à l’exception de l’élevage hors sol. Ce repli est plus marqué pour les grandes cultures et les exploitations de maraîchage, pour lesquelles le poids du poste énergie est important et qui bénéficient ainsi de la baisse des prix de l’énergie.


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