Conjoncture agricole Hauts-de-France de novembre 2021

publié le 11 janvier 2022

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de novembre 2021 (format pdf - 375.3 ko - 11/01/2022)


GRANDES CULTURES

Les cours du blé à plus de 300 €/t
Cours

Les cours du blé poursuivent leur hausse en novembre et franchissent la barre des 300 €/t, tant sur les marchés physiques que sur Euronext. Les cours des autres céréales comme le maïs et les orges sont également en hausse. Cette situation inédite est le résultat de multiples facteurs, allant d’une offre limitée face à une demande importante, à la géopolitique, en passant par la hausse des intrants et les coûts énergétiques. A noter, un repli des cours en toute fin de mois sous l’effet des prises de profits, puis des craintes liées aux conséquences du nouveau variant du covid..



Campagne 2021/2022

Le conseil international des céréales (IGC) revoit à la baisse la production de blé (blé tendre et blé dur) sur la campagne en cours à 777 millions de tonnes (-3 Mt), renforçant ainsi, face à la demande en hausse, une perspective de baisse des stocks de blé chez les principaux pays exportateurs sur la campagne 2021/2022.
En Argentine, des pluies bénéfiques permettent d’envisager de bonnes récoltes à venir, que ce soit en blé, soja ou maïs. Cette origine pourrait donc venir rapidement s’inviter dans les échanges internationaux. A contrario, les pluies trop abondantes sur l’Australie risquent de dégrader la qualité d’une récolte qui s’annonce bonne quantitativement.
En France, la récolte 2021 de blé tendre est confirmée à 35,4 Mt, alors que la production de maïs (hors semences) est fortement revue à la hausse, à 15 Mt, en lien avec un transfert de 26 000 ha du maïs fourrage vers le maïs grain. La production de betteraves est estimée à 34,5 Mt grâce à un rendement réévalué à la hausse (85,7 t/ ha). Le rendement des pommes de terre de conservation et demi-saison est aussi révisé à la hausse, tirant la production à 6,6 Mt.
En région Hauts-de-France, d’une campagne à l’autre, on constate pour la récolte 2021 une augmentation pour les surfaces de céréales de 4,8 %, qui compense un rendement moyen en légère baisse (-0,6 %). La surface de pomme de terre, en recul de -4,8 % produit néanmoins une récolte plus abondante de 1,77% à la faveur de rendements plus élevés de 9,3 % qu’en 2020. Les plus fortes diminutions sont enregistrées pour les protéagineux et oléagineux, tant en surfaces (respectivement -8,3% et -13,2%) qu’en rendements (respectivement -18% et -2,1%) - fig. 4 et 5.


Campagne 2022-2023 - État des cultures en région

Au 22 novembre, FranceAgriMer affichait pour la région des blés d’hiver semés à hauteur de 95 %, contre 96 % l’an passé à la même date. En orges d’hiver, les semis sont achevés avec un stade « début tallage » avancé à 52 % contre 35 % l’an passé.
Les conditions de culture sont jugées bonnes à 100 %.
Les projections de surfaces pour les principales cultures d’hiver, issues du comité régional des grandes cultures (CRGC) du 04 novembre, sont stables en blé tendre et en hausse en orge d’hiver (5 à 10 %) et en colza (10 à 15 %).

POMME DE TERRE

Bonne activité à l’export

L’activité à l’export reste animée vers les Pays de l’Est (Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Croatie, Serbie particulièrement) qui connaissent une baisse de leurs récoltes locales. Par ailleurs l’offre française profite des soucis de qualité rencontrés par la production allemande. Vers l’Espagne, où se manifestent les plus gros acheteurs, et vers l’Italie, des problèmes de disponibilité du fret routier ralentissent des envois. En fin de mois un flottement de l’activité à l’exportation apparaît avec la résurgence du Covid-19 au sein de l’UE. Vers les usines de transformation, le marché reste équilibré avec des prix plus soutenus sur l’ensemble des variétés. Toutefois les opérateurs restent attentifs aux évolutions sanitaires et aux restrictions qui se durcissent chez certains de nos voisins européens, fragilisant la demande en produits finis. L’activité sur le marché libre reste étroite du fait de la position spéculative des vendeurs qui limite l’offre, et d’autre part, par le fait que toutes les usines ne sont pas aux achats.
Malgré des conditions météorologiques plus automnales favorables à la consommation de pomme de terre, le marché intérieur du frais reste calme. Les prix producteurs sont fermes, sans répercussion au stade expédition, exception faite d’une légère pression sur les variétés à peau rouge dont l’offre est plus limitée.
Les arrachages sont quasiment terminés en région, réalisés dans de bonnes conditions comme rarement. Les rendements sont estimés corrects, autour de la moyenne quinquennale.

ENDIVE

Un début de campagne difficile

L’arrachage des racines n’est pas terminé fin novembre, il reste encore 15 à 20 % des racines aux champs alors que les stockages réfrigérés sont pleins.
Pour les racines arrachées en octobre et novembre, le rendement au forçage est bon et la qualité est au rendez-vous. A partir de la mi-novembre, l’offre dépasse largement une demande qui ne décolle pas et accentue la baisse saisonnière des cours, particulièrement marquée cette année. Il faut remonter à la campagne 2012/2013 pour retrouver des cotations aussi basses. A compter du 19/11 l’endive est déclarée en situation de crise conjoncturelle par le RNM. Les retraits vers les banques alimentaires sont particulièrement importants et les endiviers sont incités à réduire leur production afin d’assainir le marché.

VIANDE BOVINE

Les cours des jeunes bovins au plus haut

Contrairement à la tendance saisonnière habituelle, les cotations des femelles poursuivent leur hausse en novembre en lien avec le dynamisme de la demande en viande hachée, la carence de l’offre en jeunes bovins, et le renchérissement des importations.
Fin novembre, le cours de la vache R* atteint 4,29 €/kg, soit un gain de 3 centimes sur le mois, celui de la vache P* 3,43 €/kg, soit 5 centimes de plus. Respectivement, les cours moyens mensuels pour ces 2 catégories s’établissent à 4,28 €/ kg (+4 % par rapport à 2020 et +16 % par rapport à 2019), et 3,41 €/kg (+22 % /2020 et +35 % /2019).
En Europe, l’offre de jeunes bovins est de plus en plus limitée alors que la demande reste vive à l’approche des fêtes de fin d’année. Les prix ont atteint des niveaux jamais vus et continuent de grimper. Le cours moyen en octobre des jeunes bovins Cat.U* dans le bassin nord-est gagne 20 centimes sur le mois et s’affiche à 4,57 €/kg, en hausse de 19 % par rapport à 2020 et de 13 % par rapport à 2019.
En octobre, les abattages de femelles dans les abattoirs régionaux sont en baisse de 7,2 % par rapport à 2020, en cumul sur l’année la baisse est de 0,4 %. Outre les cheptels en retrait, la belle arrière-saison a permis de maintenir de nombreux animaux au pâturage.

* classement des viandes bovines « EUROP »



VIANDE PORCINE

Une reprise de la demande qui ne bénéficie pas aux cours

Malgré une reprise sensible de la demande liée à l’approche des fêtes de fin d’année, le cours du porc charcutier est resté stable en novembre, traduisant ainsi l’encombrement du marché européen. Sur le bassin de production Nord-Est il s’affiche à 1,42 €/ kg, un niveau légèrement inférieur à la référence de 2020.
Selon l’IFIP, institut du Porc, les exportations françaises sur les 9 premiers mois de 2021 sont en hausse de 7,4 % par rapport à 2020. Si celles à destination de la Chine demeurent positives (+27 %), on observe une tendance à la baisse des achats chinois sur les derniers mois. En octobre, l’activité d’abattage en volume de porcs charcutiers en région est en retrait de 4 % par rapport à 2020. Depuis janvier, le cumul est supérieur à celui de 2020 de 0,2 %.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

Collecte en net recul

La collecte régionale de lait de vache poursuit son repli en octobre (-3,4 %/2020), pour le cinquième mois consécutif. Au niveau national la baisse est de 1,9 % et concerne tous les bassins laitiers, avec un retrait qui évolue entre -0,2 % et -3,7 %. En cumul depuis janvier, le volume collecté reste inférieur à la campagne précédente de 2,6 % en région et de 1,3 % au niveau national.
Dans l’UE à 27, après un recul de 0,5 % en septembre la baisse pourrait s’accentuer en octobre (-1 %/2020). Selon l’Idele, institut de l’élevage, ce décrochage de la collecte s’explique notamment par la hausse du prix de l’alimentation, en particulier des aliments azotés, qui pèse davantage sur les rations hivernales.
Le prix moyen du lait de vache payé au producteur en région s’établit en octobre à 381 €/1 000 litres. Il se replie par rapport au mois précédent de 0,8 % (soit -3 €/1 000 litres). L’écart avec le niveau d’octobre 2020 se réduit mais reste positif à +15 €/1 000 litres (+4,1%). Au niveau national, la progression est de 4,4 % sur un an.

PÊCHE

L’activité de pêche s’améliore

Début novembre, les arrivages sont toujours faibles et peu diversifiés, malgré le retour du hareng, et il faut attendre la baisse des températures pour que l’activité de pêche s’améliore.
Au final, le tonnage cumulé de novembre progresse nettement et repasse au-dessus de novembre 2020 (+ 9 %). En cumul depuis janvier, il s’affiche supérieur de 1 % à celui de 2020. Les cours restent élevés en s’affichant à 2,12 €/kg, soit un niveau supérieur de 7 % sur un an. Sur l’année 2021, le prix moyen est en hausse de 14 % par rapport à la campagne précédente. La pêche côtière est axée sur l’encornet, le merlan et le hareng, avec d’importants volumes débarqués.
Les débarques de coquilles poursuivent leur progression, avec le positionnement des usines de transformation sur cet article qui se renforce au vue de la préparation des fêtes de fin d’année. Avec un peu de retard, la seiche fait son apparition et assure la transition avec l’encornet dont les tonnages disponibles sont écoulés vers les marchés espagnol et italien, plus porteurs que le marché intérieur. Le marché est hétérogène, les plus gros calibres sont fortement valorisés par les fileyeurs, quand les petites tailles sont délaissées, même à des prix très bas. En pêche hauturière, comme à l’importation, les apports sont déficitaires et font pression sur les prix.

MÉTÉOROLOGIE

Une pluviométrie très contrastée

En novembre, les températures moyennes départementales se situent légèrement sous les normales, hormis pour le Pas-de-Calais plus doux en moyenne de 0,4 °C. Si les températures maximales correspondent à la normale, les minimales sont déficitaires en moyenne de 0,4 °C. On relève entre 4 et 12 jours de gelées, principalement dans l’Oise et l’Aisne.
Les précipitations sont très contrastées sur la région, avec un déficit observé dans l’Oise et l’Aisne alors que le Pas-de-Calais connaît un excédent de 10 %. Les plus forts cumuls de pluie sont observés en début et fin de mois.
Hormis dans l’Aisne, l’indice d’humidité des sols superficiels reste excédentaire sur la région, et plus particulièrement sur la moitié ouest du Nord - Pas-de-Calais.



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