Conjoncture agricole Hauts-de-France de décembre 2021

publié le 27 janvier 2022

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de décembre 2021 (format pdf - 471.2 ko - 27/01/2022)


GRANDES CULTURES

Repli des cours des céréales
Les Cours

Le repli des cours du blé amorcé fin novembre se poursuit en décembre durant trois semaines consécutives. Ce mouvement de baisse intervient dans un marché de plus en plus étroit à l’approche de la fin d’année. Il répond aux bonnes perspectives de récoltes annoncées dans l’hémisphère sud, en Australie et en Argentine, auxquelles s’ajoute une augmentation des quotas à l’exportation mis en place en Russie.
A contrario, le colza repart nettement à la hausse pour se rapprocher du seuil symbolique des 800 €/t sur Euronext. L’extrême tension européenne et mondiale sur ce produit reprend le dessus, dès lors que sur le marché des huiles végétales un rebond est observé tant du côté du palme que de l’huile de soja.

Campagne 2021/2022 - Estimation de la production de céréales en Mt
Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

Echanges

Cette détente sur les prix des céréales incite les acheteurs internationaux à se positionner et apporte une certaine compétitivité aux céréales origine France, à l’image des achats réalisés en décembre par la Chine en blé fourrager et en orges fourragères, ainsi que par l’Egypte en blé meunier. Cela vient compenser la position de l’Algérie, qui se tourne vers les origines mer Noire dans un contexte géopolitique tendu.

Campagne 2022/2023

Les conditions climatiques actuelles sur l’Europe demeurent favorables, avec des températures globalement clémentes.
L’association européenne du commerce de grains (Coceral) estime que la production européenne de blé tendre l’an prochain, incluant la Grande Bretagne, s’afficherait à 139,8 millions de tonnes (Mt) contre 143,2 cette année 2021. A la clé de cette estimation, la baisse des surfaces dans certains pays, dont la France, et le déficit hydrique d’automne sur l’Est de l’Europe.
En orges, la production 2022 serait de 59 Mt contre 59,4 Mt cette année 2021. Celle de maïs serait stable à 66,4 Mt et celle de colza attendue en hausse à 20 Mt, contre 18,5 Mt cette année 2021.
Les cours du gaz atteignent de nouveaux sommets et posent des inquiétudes sur l’approvisionnement et les prix des engrais azotés.

POMME DE TERRE

Une activité qui se maintient malgré la recrudescence de l’épidémie de Covid

Le commerce intérieur reprend sensiblement, même si les volumes travaillés restent en deçà des attentes à l’approche des fêtes, quand le consommateur est confronté à des choix en magasin en termes de dépenses. L’activité des grossistes ralentit à partir de mi-décembre, conséquence des annulations de réservation enregistrées par les restaurateurs.
Le marché export reste linéaire, avec une stabilité des prix au stade expédition. La demande espagnole faiblit un peu, mais reste orientée sur des lots de qualité, avec un niveau d’exigence difficile à satisfaire. Vers l’Est, les flux sont constants, mais doivent accepter des prix plus faibles que ceux pratiqués en début de campagne. L’offre française reste néanmoins bien positionnée, en raison de la faible présence de la concurrence allemande. A noter que le marché export est marqué par une problématique de transport à la fois liée aux prix élevés des carburants, mais également au manque de chauffeurs (Covid 19) ou de flux (Brexit).
Vers l’industrie de transformation, les incertitudes qui planent sur le contexte sanitaire affectent pour l’instant assez peu le marché, qui demeure soutenu, même si un ralentissement sensible des ventes de produits finis est signalé. Les enlèvements des contrats se poursuivent sans retard et les usines tournent à pleine capacité. Certains acheteurs se positionnent d’ailleurs sur le marché libre en plus de leurs contrats. Pour la future récolte 2022, les contrats entre producteurs et industriels sont en cours de négociation.

Pommes de terre de conservation -diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg

ENDIVE

Une campagne mal engagée
Endive Nord-Picardie Cat.1 en colis de 5 kg

L’endive est maintenue en crise conjoncturelle en décembre. Le marché reste déséquilibré avec une offre qui ne trouve pas preneur, malgré les efforts des endiviers pour limiter leur production. Le volume concerné par les mesures de retrait et de non récolte atteint 500 tonnes, un tonnage jamais atteint depuis 2016.
Outre le fait que l’endive ne soit pas un produit festif, la faiblesse de la demande s’avère particulièrement marquée ce mois-ci et interroge les opérateurs, qui s’inquiètent pour la suite de la saison. Pour rendre le produit attractif auprès du consommateur, l’amont de la filière préconise une baisse du prix de vente en magasin, ainsi que le lancement d’une campagne publicitaire.
Le cours de l’endive grappille quelques centimes au cours du mois mais reste toujours inférieur de plus ou moins 30 % par rapport à 2020 et à la moyenne quinquennale.

VIANDE BOVINE

La faiblesse de l’offre entretient la hausse des cours

La faiblesse de l’offre entretient la hausse des cotations en France comme en Europe pour l’ensemble des catégories de bovins. Cette faiblesse de l’offre sur les marchés européens profite aux exportateurs français.
Le cours moyen en décembre des jeunes bovins Cat.U* dans le bassin nord-est gagne 10 centimes HT/kg sur le mois et s’affiche à 4,59 € HT/kg, en hausse de 21 % par rapport à 2020 et de 14 % par rapport à 2019. Avec une progression moins marquée (+2 centimes HT/kg), les cours moyens en décembre des vaches de catégorie R* et P* atteignent respectivement 4,30 € HT/kg (+5 %/2020 et +17 %/2019) et 3,43 € HT/kg (+24 %/2020 et +35 %/2019).
A noter, parallèlement à la hausse des cours, une inflation des charges qui pèse sur les coûts de production.

* classement des viandes bovines « EUROP »

Abattage gros animaux Hauts-de-France
Cours de la vache allaitante - Cat. R Cours de la vache laitière - Cat. P
Cours du jeune bovin - Cat. U

VIANDE PORCINE

Le cours moyen 2021 inférieur à celui de l’année 2020
Cotation porc charcutier - bassin Nord-Est

Le cours du porc charcutier évolue peu en décembre. Dans le bassin de production Nord-Est, il gagne 1 centime sur le mois et s’affiche à 1,43 € HT/kg, un niveau supérieur de 2,1 % à la référence de 2020, mais inférieur de -4 % à la moyenne quinquennale de décembre. Si le commerce a bénéficié d’un sursaut avec les fêtes de fin d’année, le contexte commercial global reste morose, en lien avec la pandémie de Covid non maîtrisée et des exports vers la Chine, qui sont en berne.
Le prix moyen de l’année 2021 s’établit à 1,52 € HT/kg, soit 6 centimes en dessous de la référence 2020 (-5,1 %), alors même que les coûts de production n’ont cessé d’augmenter tout au long de l’année.
En novembre, l’activité d’abattage en volume de porcs charcutiers en région est en baisse de -1,9 % par rapport à novembre 2020, soit 544 têtes de moins. En cumul sur l’année, la production est stable, avec un niveau semblable à 2020.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

Collecte en net recul

Sixième mois consécutif de baisse en novembre pour la collecte régionale de lait de vache, avec un repli de -5,2 % par rapport à novembre 2020. Depuis avril 2021, début de la campagne, la baisse atteint -2,3 %, soit près de 34,5 millions de litres de moins que lors de la dernière campagne. Au niveau national la baisse est de -2,7 % par rapport à novembre 2020. Selon l’Idele, institut de l’élevage, le décrochage de la collecte est marqué depuis septembre, et coïncide avec le passage aux rations hivernales, plus dépendantes des compléments azotés, que beaucoup d’éleveurs rationnent actuellement, en raison de leur prix élevé. La production laitière recule légèrement dans l’UE-27 depuis septembre et reste également en retrait chez les principaux bassins exportateurs, exception faite de l’Argentine.
Le prix moyen du lait de vache payé au producteur en région s’établit en novembre à 374 € HT/1 000 litres. Il se replie par rapport au mois précédent de -1,8 % (soit -7 € HT/1 000 litres) mais creuse l’écart avec le niveau de novembre 2020 porté à +25 € HT/1 000 litres (+7,2 %). Au niveau national, la progression est de +7,4 % sur un an.

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Une activité contrainte

L’activité de pêche en décembre est contrainte par des conditions météorologiques dégradées en première partie de mois, puis par un marché orienté vers les préparatifs des fêtes de fin d’année, en seconde partie.
En pêche côtière, les arrivages concernent le merlan, souvent de petite taille, le hareng, qui intéresse la transformation et la conserverie, le maquereau, en quantité limitée, et surtout l’encornet, à destination des marchés italien et espagnol, avec un prix qui reste ferme autour de 10 € HT/kg. Les arrivages de coquilles se poursuivent et s’accélèrent logiquement à l’approche des fêtes, pour répondre à une demande régulière sans rupture d’approvisionnement. L’offre peut même paraître excédentaire, contractant le prix sous le seuil des 3 € HT/kg.
La pêche hauturière, affectée également par les mauvaises conditions météorologiques, offre des débarques limitées de lieu noir, avant de s’interrompre à la mi-décembre. Avec des arrivages beaucoup plus faibles sur la majorité des espèces disponibles, la part réservée au marché du frais se voit restreinte, la surgélation absorbant la majeure partie de l’offre. Par ailleurs, sur les différents étals, les espèces nobles (homard, lotte, langoustine, …) s’installent progressivement au dépend des espèces classiques.
Hormis pour les produits festifs et l’export, qui tirent leur épingle du jeu, la demande manque de dynamisme et le marché est jugé faible par les mareyeurs. En décembre, le tonnage progresse nettement et repasse au-dessus de décembre 2020 (+25 %). En cumul depuis janvier, il s’affiche supérieur de 3 % à celui de 2020. La hausse saisonnière des cours, observée en décembre est comparable à 2020, mais avec une cotation mensuelle affichée à 3,29 € HT/kg, en baisse sur un an (-4 %). Sur l’année 2021, le prix moyen est en hausse de 12 % par rapport à la campagne précédente.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Douceur sur l’ensemble de la région

Depuis 2018 les mois de décembre sont particulièrement doux et 2021 ne déroge pas à la règle avec une température moyenne de 6,2° C, supérieure d’un peu plus de 2° C à la normale. Ce constat est partagé sur l’ensemble de la région. Le milieu et surtout la fin de mois sont particulièrement doux avec des records de température battus. Le 22 décembre s’avère la journée la plus froide avec une forte gelée en température minimale, et des endroits où les températures restent négatives tout au long de la journée.
La pluviométrie est en moyenne sur la région très proche de la normale. On note simplement localement un petit excédent atteignant à peine les 20 % en Flandre Maritime et d’un autre côté un déficit légèrement plus marqué de l’ordre de 30 % en Thiérache. L’essentiel des précipitations est observé durant la première décade. Durant cette période l’indice d’humidité des sols superficiels atteint son maximum avant de diminuer ensuite tout en restant encore supérieur à la normale.

Station d'AMIENS - GLISY Températures et précipitations
Station de LILLE - LESQUIN Températures et précipitations


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