Conjoncture agricole Hauts-de-France d’avril 2022

publié le 14 juin 2022
 

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Conjoncture agricole Hauts-de-France d’avril 2022 (format pdf - 431.2 ko - 14/06/2022)


GRANDES CULTURESSommaire

Inquiétudes multiples sur les marchés
Les Cours

Les marchés restent dominés par les inquiétudes liées au conflit en Ukraine, auxquelles s’ajoute un contexte de risque climatique principalement sur le continent américain. La volatilité reste bien présente notamment sur les échéances courtes. Globalement la tendance en termes de prix est à un tassement en ancienne récolte (2021) et à une hausse en nouvelle récolte (2022). Les premiers subissent un contexte de fin de campagne et la concurrence du blé russe qui continue de s’exporter alors que les seconds sont nourris par les inquiétudes climatiques pesant sur les blés américains.

Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère - FOB Rouen
Campagne 2021/2022 - Estimation de la production de céréales en Mt

Echanges

Sur la scène internationale, l’Egypte a acheté mi-avril 240 kilo-tonnes de blé français, soit l’équivalent de quatre panamax. L’Algérie était également aux achats, mais aurait jeté son dévolu sur des origines bulgares et roumaines. L’Inde aurait déjà exporté environ 8 millions de tonnes de blé cette année, sur un potentiel estimé à 10 millions de tonnes faisant de ce pays un nouvel acteur de poids. Le Fonds Monétaire International (FMI) alerte sur l’inflation des prix au niveau mondial, avec pour conséquence des risques de famine dans les pays les plus pauvres. La banque mondiale incite ainsi les pays qui en ont la possibilité, à remettre sur le marché des marchandises issues de leurs stocks nationaux.
Dans son rapport mensuel du 13 avril, FranceAgriMer révise à la hausse les prévisions d’exportations de blé français vers l’Union européenne suite au dynamisme de la demande (Espagne, Pays- Bas et Belgique), mais revoit à la baisse celles à destination des pays tiers, confrontées à la concurrence d’offres plus compétitives.

Sur le terrain, la récolte 2022

L’organisme européen qui pilote le modèle Monitoring Agricultural RessourceS (MARS) révise à la baisse son estimation de rendements récolte 2022 en blé tendre pour l’UE à 5,95 t/ha contre 6,02 t/ha estimés le mois dernier. Idem en colza avec un rendement estimé à venir à 3,19 t/ ha contre 3,22 t/ ha affichés en mars. En orge d’hiver, le rendement est estimé à 5,79 t/ ha contre 5,83 t/ha le mois passé, et en orge de printemps la première estimation de rendement s’affiche à 4,31 t/ ha.
En France, malgré un déficit de précipitations important depuis l’hiver, le potentiel de rendement des céréales à paille reste toujours prometteur et bien supérieur à celui des 5 dernières années, avec un état d’avancement globalement en avance par rapport aux 5 dernières années.
Selon FranceAgriMer, au 25 avril, l’état des cultures en Hauts-de-France est jugé bon à excellent à hauteur de 99 % pour le blé tendre, de 96 % pour l’orge d’hiver et de 98 % pour l’orge de printemps. On observe une légère dégradation pour ces deux dernières cultures dont l’état était noté bon à excellent à hauteur de 100 % début avril. Le déficit de précipitations, constaté dans la région en mars s’est poursuivi en avril. Les stades de développement de ces trois cultures sont en avance par rapport à la dernière campagne.
Les semis de maïs dans la région ont démarré à la mi-avril. Ils se sont poursuivis rapidement en l’absence de pluviométrie.
En région Hauts-de-France, au 1er mai 2022, l’estimation des surfaces fait état, par rapport à 2021, d’une baisse de la sole de blé tendre (-2,3 %) et d’une hausse des surfaces en orge d’hiver (+1 %) et en orge de printemps (+16%). La sole de colza progresserait nettement de +19 %. Les surfaces en maïs sont estimées en repli de -3 % pour le grain et de -1 % pour le fourrage. L’assolement en betterave industrielle est estimé en baisse de près de -3 % et celui de la pomme de terre de conservation resterait quasiment stable. Les surfaces de protéagineux seraient en baisse alors que celles du tournesol augmenteraient fortement, ces dernières bénéficiant du recul du maïs principalement dans l’Aisne et l’Oise. (figure 4).

Conjoncture grandes cultures 2022 - Estimation des surfaces au 01/05/2022

POMME DE TERRESommaire

Les plantations se terminent

Vers la transformation, le marché reste dynamique. Si les enlèvements des contrats se font dans le respect du calendrier, les achats sur le marché libre pour des enlèvements immédiats progressent, afin de répondre à une demande dynamique de produits finis.
Vers l’exportation, les marchés de l’Est (Hongrie, Bulgarie, République Tchèque, Pologne, Slovaquie, Croatie…) maintiennent un courant d’affaires réguliers, contrairement à l’Italie et à l’Espagne qui se montrent davantage en retrait. Le contexte est toujours difficile dans les chaînes logistiques.
La baisse des températures en début de mois, puis durant le week-end de Pâques motivent le marché intérieur et animent le commerce. Les vacances scolaires, étalées sur 3 zones, ralentissent l’activité en restauration collective. A contrario, elles entretiennent celle des grossistes qui profitent d’une bonne demande de la restauration traditionnelle.
Dans les champs, les conditions sèches ont accéléré le rythme des plantations dont on entrevoit l’achèvement en fin de mois.

Prix de la pomme de terre de conservation -diverses variétés non lavées cat II - 50/75 mm - sac 25 kg - Origine bassin Nord - marché du frais

ENDIVESommaire

Fin de campagne et prix toujours bas
Prix de l'endive Nord-Picardie Cat.1 en colis de 5 kg

En début de mois, la limitation des volumes mis en production facilite l’écoulement du produit et favorise une légère remontée des cours. La campagne prend ensuite son rythme d’été, avec l’arrêt de la production dans une partie des endiveries et le marché devient fluide. Cependant la demande reste très calme et les cours ne remontent pas.
Les volumes de report de racines qui n’auront pas été mises en forçage pour la production de chicons sont importants et ces stocks remplissent plus qu’habituellement les frigos dans l’attente de la prochaine campagne, laquelle devrait connaitre une baisse des surfaces emblavées en racines de l’ordre de 10 à 15%. Les semis ont pris du retard et se dérouleront en mai.

VIANDE BOVINESommaire

Une offre toujours insuffisante

En jeune bovin, l’offre demeure insuffisante face à une demande toujours ferme, notamment à l’export vers le marché européen. Les cours restent orientés à la hausse, mais la progression est moins soutenue qu’en mars.
En vache de réforme laitière (figure7), la hausse du prix du lait n’incite pas les éleveurs à décapitaliser leurs cheptels, d’autant que les animaux sont aux pâturages et coûtent peu en aliments. Les abattages sont en baisse en avril et peinent à satisfaire une demande qui reste dynamique. En conséquence, les tarifs grimpent.
Les prix des vaches allaitantes sont également à la hausse dans un contexte de décapitalisation du cheptel (figure 8). Au 31 décembre 2021, l’effectif régional des races allaitantes était en baisse de -3 % par rapport à 2020.
En avril, le cours moyen des jeunes bovins Cat.U* dans le bassin Nord-Est gagne 9 centimes/kg sur le mois et s’affiche à 5,17 €/kg, en hausse de 29 % et 32 % respectivement par rapport à 2021 et 2020 (figure 9). Le gain mensuel est de 14 centimes/kg pour la vache allaitante de catégorie R*, dont le cours moyen atteint 5,02 €/kg (+21 %/2021 et +35 %/2020). La plus forte hausse revient à la vache de réforme laitière de catégorie P*, avec un gain de 16 centimes/kg, portant le cours moyen à 4,51 €/kg (+53 %/2021 et +62 %/2020).

(*) classement des viandes bovines « EUROP »

Cours de la vache laitière - Cat. P Cours de la vache allaitante - Cat. R
Cours du jeune bovin - Cat. U

VIANDE PORCINESommaire

Stabilité des cours

Après la hausse inédite observée en mars, les cours du porc se stabilisent en avril. Le cours du porc charcutier de catégorie E+S* dans le bassin de production Nord- Est progresse de 5 centimes/kg sur le mois, pour s’établir à 1,87 HT/kg fin avril, soit un niveau supérieur de 10 % à 2021 et de 15% à la moyenne quinquennale à la même date (figure 10).
Ailleurs en Europe, la stabilité des cours prévaut également sur le mois.
En mars, l’activité d’abattage en volume de porcs charcutiers en région est en baisse de -2,9 % par rapport à mars 2021, soit 934 têtes de moins.
Selon l’Institut français du porc (Ifip), les effets du conflit russo-ukrainien sur le marché du porc seront « avant tout indirect ». « Les échanges de produits du porc de l’Union européenne avec l’Ukraine sont, en effet, limités, alors que ceux avec la Russie s’étaient taris en 2014, avec la fièvre porcine africaine et le premier embargo économique », explique l’Ifip.

(*) classement des viandes de porc « EUROP »
Cotation porc charcutier bassin Nord-Est
Abattage gros animaux Hauts-de-France

LAITSommaire

Hausse du prix et recul de la collecte

En mars, on relève une nouvelle baisse de la collecte régionale de lait de vache, avec un recul de -3,4 % par rapport à mars 2021. En cumul depuis avril 2021, début de la campagne laitière, la baisse est proche de -4 % (figure 12). La collecte nationale est en repli de -1 ,2 % sur un an, tendance observée dans de nombreux bassins laitiers, à l’exception du Grand-Ouest, de la Normandie et du Centre, qui connaissent quant à eux une progression.
Après la reprise observée le mois dernier, la production recule de nouveau dans l’UE à 27.
En Europe, la sécheresse s’est installée précocement, à une période habituelle de forte pousse de l’herbe, laissant craindre de mauvaises récoltes de fourrages dans les semaines à venir. Cette situation est préoccupante, dans un contexte de forte tension sur les prix de l’alimentation, alors que la collecte est déjà en repli. Elle touche principalement l’Europe du Nord, qui concentre la plus grande part de la production laitière communautaire.
En mars, le prix moyen du lait payé aux producteurs en région progresse de 20 % sur un an pour s’établir à 412 €/1 000 litres. (figure 12).
Les marges sont toutefois dégradées par la très forte hausse du prix des intrants. A l’inverse du prix du lait conventionnel, celui du lait bio continue de baisser.

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHESommaire

Des cours qui restent supérieurs à ceux de la dernière campagne

Perturbée en début de mois par de mauvaises conditions météorologiques, l’activité de la pêche côtière redémarre en deuxième semaine avec des apports toujours mesurés, mais plus réguliers en sardines, merlans, maquereaux et coquilles Saint-Jacques.
L’activité à l’importation se contente d’une gamme restreinte, constituée principalement de merlan écossais, d’églefin de Norvège, tandis que la pêche hauturière livre son incontournable lieu-noir.
A l’approche du week-end Pascal, le port de Boulogne-sur-Mer connait un regain d’activité pour compenser la fermeture des criées danoises et norvégiennes.
Globalement l’offre couvre les besoins des grandes et moyennes surfaces (GMS) et des grossistes dans un marché équilibré et les prix moyens présentent un niveau correct pour les pêcheurs et acceptables pour les mareyeurs.
L’activité commerciale est jugée satisfaisante, portée par la demande de la restauration traditionnelle et des détaillants, qui profitent de la fréquentation touristique du littoral.
En avril, le tonnage est en hausse de 22 % par rapport à avril 2021. Affiché à 2,67 €/ kg, le cours moyen progresse de 6 % sur un an et de 22 % par rapport à la moyenne quinquennale (figure 13).

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIESommaire

Le déficit de précipitations s’accentue

Les précipitations sont de nouveau faibles en avril, avec un déficit qui avoisine 40 % en région (figure 16). Alors qu’il pleut en moyenne de 9 à 11 jours en avril sur les Hauts-de-France, on ne compte que 3 journées de pluie à Amiens et 4 à Beauvais. Ces quelques jours de pluie se concentrent sur la première décade. L’indice d’humidité des sols poursuit sa baisse. Selon le bulletin de situation hydrologique établi par la DREAL Hauts-de-France, le déficit de cet indice fin avril dépasse -30 % sur une grande partie Sud- Est du bassin Artois-Picardie et atteint même localement -40 % sur le Sud de l’Avesnois. On se rapproche des records de sécheresse de fin avril 2007 et de fin avril 2011.
Les températures sont plutôt fraîches durant la première décade, marquées par un épisode neigeux dans le Pas de Calais le 1er avril (jusqu’à 10 cm) et des gelées en matinée du 03 avril. Ces dernières s’avèrent cependant moins fortes que celles des 6 et 7 avril 2021. A partir du 11, les températures s’adoucissent progressivement, puis elles repassent au-dessus des moyennes de saison pour aboutir à une température moyenne mensuelle supérieure de 0,7°C à la normale* en région (figure 17).

(*) normale = période d’observation 1981-2010
Station d'AMIENS - GLISY Températures et précipitations Station de LILLE - LESQUIN Températures et précipitations
Rapport à la moyenne de référence 1981-2010 des cumuls mensuels de précipitations agrégées
Ecart à la normale de l'indicateur thermique moyen depuis 50 ans


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