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SAP 2020 - Assolement régional 2020 : au croisement d’une météo défavorable et d’un intérêt renouvelé pour les protéagineux

Statistique agricole annuelle Provisoire 2020

Assolement régional 2020 : au croisement d’une météo défavorable et d’un intérêt renouvelé pour les protéagineux

En 2020, les cultures de céréales de printemps et de protéagineux gagnent du terrain

Les céréales couvrent 56 % des terres arables régionales en 2020, soit 2 % de moins en un an. Les superficies consacrées aux céréales baissent ainsi de 28 000 hectares. Cette diminution concerne principalement les cultures d’hiver : - 7 % en blé tendre d’hiver et - 5 % en orge d’hiver. L’augmentation des surfaces en cultures de printemps et notamment en maïs grain (+ 20 000 ha) ne permet pas de compenser la baisse de la sole en céréales qui, pour le blé tendre d’hiver s’élève à plus de 59 000 ha. Ces surfaces libérées profitent, notamment, à la culture de protéagineux qui gagnent 9 000 hectares ainsi qu’aux cultures de lin fibre et de fourrage annuel. Les précipitations exceptionnelles de l’automne 2019 peuvent, en partie, expliquer la diminution de la sole en céréales d’hiver, car les semis se sont révélés impossibles dans les sols gorgés d’eau. L’apparition d’une sécheresse précoce au printemps a nui à la valorisation des apports d’azote par les plantes. Ainsi et en raison de l’étalement des dates de semis et de la nature des sols, les rendements sont très hétérogènes. La production de blé tendre d’hiver s’inscrit en baisse de 14 % comparée à celle de l’an passé.
En ce qui concerne les oléagineux, la culture de colza est soumise à de fortes pressions sanitaires (insectes ravageurs) et est sensible aux gelées tardives de début de printemps. Son potentiel de rendement est affecté par les conditions météorologiques. Des exploitants, soucieux de diversifier leur assolement et de baisser leur charge financière en intrants, se tournent vers la culture de tournesol. Le tournesol présente une racine pivot qui peut s’enfoncer dans le sol jusqu’à 2 mètres, ce qui lui permet d’être moins sensible aux épisodes de sécheresse. La sole consacrée à cette nouvelle tête d’assolement a ainsi plus que doublé entre 2019 et 2020. Si son potentiel se confirme, elle pourrait encore gagner du terrain !
Plus surprenant encore, la sole de pois protéagineux progresse de 36 %. C’est probablement l’intérêt pour l’autonomie alimentaire des élevages, conjugué à une maîtrise accrue de certaines maladies fongiques (aphanomyces), grâce à des variétés tolérantes et de nouveaux outils d’aide à la décision, qui explique cette augmentation. Pour autant, la sécheresse printanière et la pression d’autres ravageurs ont eu un effet supérieur sur la production puisque celle-ci est en baisse de 2 %. Cela traduit les progrès en matière de génétique et de techniques restant à accomplir, ce que plusieurs dispositifs de la stratégie nationale protéines vont accompagner. Le constat est identique pour les féveroles avec 2 350 hectares supplémentaires cultivés en 2020 (Figure 1).

Évolution 2019-2020 des principales productions régionales de céréales, oléagineux et protéagineux en Hauts-de-France
Baisse des rendements en cultures industrielles

Les récoltes de betteraves industrielles sont historiquement basses. La jaunisse virale apparaît dès le printemps, progresse jusqu’aux arrachages et se cumule au stress hydrique estival. Les pertes de rendements sont variables selon un gradient nord-sud. Elles sont faibles dans le Nord, le Pas-de-Calais et le nord de la Somme mais peuvent atteindre 10 à 30 % dans l’Oise et le centre de l’Aisne, et, jusqu’à 30 à 60 % dans le sud de l’Aisne. La baisse de production s’élève à 4,5 millions de tonnes de betteraves industrielles. La campagne betteravière est plus courte et l’ensemble de la filière est impacté.
En ce qui concerne le lin fibre, la récolte est, elle aussi, décevante en quantité et en qualité. Même la façade littorale, bassin de production habituel pour cette culture, a connu un printemps trop sec et venteux pour permettre son développement normal. Les levées ont été hétérogènes et la richesse en fibres altérée (Figure 2).

Des pertes de production importantes en cultures industrielles entre 2019 et 2020 en Hauts-de-France
Les légumes de plein champ, des cultures traditionnelles de la région

Les Hauts-de-France constituent la première région productrice d’endives chicons, de petits pois et de haricots verts. Les superficies régionales consacrées aux légumes de plein champ sont stables. Cependant, les cultures légumières ont aussi souffert du climat atypique du printemps et de l’été 2020. Les rendements en épinard, haricot vert et petit pois baissent (Figure 3).

Des cultures légumières en Hauts-de-France principalement destinées à la transformation
Augmentation de la production de viande issue de vaches de réforme

Au 31 décembre 2020, la région totalise 1,16 million de bovins dont 296 188 vaches laitières et 161 416 vaches allaitantes. L’élevage est principalement orienté vers la production de lait. Le cheptel détenu baisse de près de 13 700 têtes en 1 an. On compte 7 600 bovins de plus de deux ans et 4 200 bovins de 1 à 2 ans en moins. Simultanément, la production d’animaux finis s’intensifie avec 2 200 têtes produites supplémentaires en 2020. Les vaches de réforme et les génisses sont abattues en plus grand nombre avec respectivement + 3 630 et + 1 250 têtes. A l’inverse, la production de veaux de boucherie finis baisse de près de 4 000 têtes (Figure 4).

Viande finie produite en Hauts-de-France en 2019 et 2020 : Les éleveurs envoient plus massivement leurs bovins à l'abattoir
Pour en savoir plus sur les principales productions végétales et animales de la région en 2020


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Assolement régional 2020 : au croisement d’une météo défavorable et d’un intérêt renouvelé pour les protéagineux (format pdf - 251.9 ko - 11/05/2021)