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Conjoncture agricole Hauts-de-France d’octobre 2021

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Conjoncture agricole Hauts-de-France d’octobre 2021 (format pdf - 399.4 ko - 06/12/2021)


GRANDES CULTURES

Des niveaux de prix records

Cours

Nouvelle nette progression des cours du blé en octobre avec des niveaux records atteints en fin de mois, toujours dans un contexte de bilans tendus et d’une demande soutenue, notamment à l’export, malgré la fermeté des cours. A ces facteurs de hausse, s’ajoutent la possible mise en place de quotas à l’exportation par la Russie ainsi que l’envolée du coût de l’énergie, notamment du pétrole, renchérissant le fret.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) les prix alimentaires sont au plus haut depuis dix ans. Sur le seul mois de septembre, les cours des céréales au niveau mondial ont progressé de 2 % et ceux des oléagineux de 1,7 %.

Campagne 2021/2022
Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

Echanges

L’activité export européenne montre, malgré le niveau des prix, un bon rythme depuis ce début de campagne. Selon les chiffres de la Commission Européenne, au 24 octobre, les exportations de blé par l’UE, hors France faute de chiffres communiqués, s’affichent à 8,99 millions de tonnes (Mt) contre 7,23 Mt l’an passé à la même date. Avec 3,25 Mt de blé exportés, la Roumanie est le 1er exportateur européen. Contrairement aux pays de l’Europe de l’Ouest, la Roumanie n’a pas eu de retard dans les récoltes, ce qui lui a permis d’avancer plus vite sur les exportations en ce début de campagne. Les exportations d’orge sont à 2,86 millions de tonnes contre 2,74 l’an passé. Les importations de maïs sont en repli à 4,10 Mt contre 5,40 l’an passé.
Selon FranceAgriMer, les exportations de blé origine France hors zone UE sont estimées à 9,6 Mt pour la totalité de la campagne en cours, en hausse de 2 Mt par rapport à la campagne 2020/2021.
L’orge française profite de la demande particulièrement dynamique de la part de la Chine. Sur les premiers mois de la campagne, les chiffres des douanes et des embarquements font état de plus de 1,3 Mt d’orges vendues à la Chine. Ce pays constitue la principale destination à ce jour (91,1 % des exportations pays tiers).

État des cultures en région

En France, et notamment dans les Hauts-de-France, les semis de blés et d’orges d’hiver se déroulent dans de bonnes conditions à la faveur d’un temps clément.
Au 1er novembre, FranceAgriMer affiche pour la région des blés d’hiver semés à hauteur de 84 % contre 78 % l’an passé à la même date. En orges d’hiver, les semis sont achevés avec un stade « levée » avancé à 84 % contre 92 % l’an passé. A noter que la forte hausse des prix, mais surtout le manque de disponibilité des engrais, pourrait contrarier les intentions de semis et profiter aux cultures moins consommatrices d’azote.
Betteraves : Les arrachages sont avancés à 50 % en région. Le poids racine est bon mais la faiblesse de la richesse en sucre limite le rendement à 16°, en-deçà de la moyenne quinquennale (hors 2020).
Maïs :
Maïs fourrage : La récolte est achevée en région et confirme un bon niveau de rendement de l’ordre de 160 quintaux de matière sèche à l’hectare (qMS/ha) à l’échelle régionale.
Maïs grain : La récolte est avancée à 40 % en Picardie mais démarre tout juste fin octobre en Nord-Pas-de-Calais. Les perspectives de rendement sont bonnes malgré des taux d’humidité encore importants. Cet état des cultures nécessite des frais de séchage majorés, dans un contexte où le coût de l’énergie est élevé.

POMME DE TERRE

Stabilité

Sur le marché intérieur, hormis en début de mois où la fraîcheur des températures réveille la demande, l’activité reste calme en octobre, en lien avec les niveaux de consommation stables ou légèrement en baisse. À noter un renchérissement important du coût de la palette en bois de qualité, dont le prix a doublé par rapport à la dernière campagne.
A l’export, le marché s’ouvre progressivement et reste bien orienté, avec des sorties régulières malgré des volumes encore faibles et une logistique tendue au niveau des transports. Le flux est actif vers les pays de l’Est, notamment la Roumanie, tandis que l’Espagne est présente sur la très bonne qualité.
Vers la transformation, la physionomie du marché reste stable et équilibrée, tout comme les prix. L’offre en provenance des contrats couvre largement les besoins des industriels et ces derniers n’interviennent sur le marché libre que pour résorber les lots posant des difficultés de conservation ou pour libérer des volumes de stockage chez certains producteurs. Les arrachages sont quasiment terminés en région, réalisés dans de bonnes conditions comme c’est rarement le cas.
Les rendements sont estimés corrects, autour de la moyenne quinquennale.

Pommes de terre de conservation -diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg

ENDIVE

Une production généreuse de racines
Endive Nord-Picardie Cat.1 en colis de 5 kg

Côté racines, si les arrachages sont achevés pour certains producteurs, pour d ’autres ils sont reportés en attente de place en stockage réfrigéré. La production de racines est globalement bonne cette année, supérieure à la normale de 10 à 15 %, le volume global compensant un calibre moyen.
La mise en forçage des premières racines s’avère parfois décevante, quantitativement et qualitativement, souvent du fait d’un excès d’humidité au champ. L’usage de racines de report est parfois nécessaire. Le rendement racine s’améliore dans le temps et les dernières racines arrachées présentent un rendement correct.
En octobre, l’offre monte en puissance, sur un marché qui s’installe et parvient à conserver son équilibre, malgré une demande qui fluctue au gré des températures.
Les niveaux de prix restent bas, inférieurs à ceux de la moyenne quinquennale.

VIANDE BOVINE

Poursuite de la hausse des cours

Sous les effets conjugués d’une faiblesse de l’offre en France et chez ses voisins européens et d’une augmentation du prix des intrants (aliments, énergie, matériel), le prix des femelles reste orienté à la hausse. Ainsi l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA) viande bovine était en hausse de 10 % en septembre.
IPAMPA viande bovine
Fin octobre, le cours de la vache R* côte 4,26 €/kg, soit un gain de 5 centimes sur le mois, celui de la vache P* atteint 4,37 €/kg, soit 16 centimes de plus. Respectivement, le cours moyen mensuel s’établit à 4,23 €/kg (+2 % par rapport à 2020 et +15 % par rapport à 2019), et 3,32 €/kg (+17 %/2020 et +27 %/2019).
La hausse des cours des jeunes bovins s’accélère partout en Europe et gagne la France, d’autant que l’offre nationale est faible. Le niveau des abattages de jeunes bovins en France est élevé depuis plusieurs mois pour répondre à la demande, avec pour conséquence un rajeunissement de l’âge des animaux abattus et une disponibilité en retrait.
Le cours moyen en octobre des jeunes bovins Cat. U* dans le bassin nord-est s’affiche à 4,31 €/kg, en hausse de 15 % par rapport à 2020 et de 10 % par rapport à 2019.

* classement des viandes bovines « EUROP »
Cours de la vache allaitante - Cat. R Cours de la vache laitière - Cat. P
Cours du jeune bovin - Cat. U
Abattage gros animaux Hauts-de-France

VIANDE PORCINE

Stabilisation des cours en fin de mois
Cotation porc charcutier bassin Nord-Est

En octobre, la baisse du cours moyen du porc charcutier classes E+S* en région ralentit. Il cède 5 centimes pour atteindre 1,41 €/kg, un niveau inférieur de -8,4 % sur un an et de près de -9 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Dans les autres pays européens, les cours se stabilisent également à des niveaux bas. Seule l’Espagne, qui subit la baisse des importations chinoises, voit son cours poursuivre sa baisse. Selon l’Institut du porc (IFIP), les exportations françaises progressent de 6,9 % sur les huit premiers mois de l’année avec un total de 534 700 tonnes.
En septembre, l’activité d’abattage 2021 dans les abattoirs régionaux diminue de 1,1 % en volume par rapport à 2020. En cumul de janvier à septembre, les volumes abattus restent excédentaires par rapport à 2020 de 0,7 %, soit 795 têtes supplémentaires.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

Nouveau repli de la collecte et prix en hausse

La collecte régionale de lait de vache est de nouveau en retrait en septembre (-4,5 %/2020) pour le quatrième mois consécutif. Au niveau national, tous les bassins laitiers connaissent une baisse plus ou moins marquée, et la collecte recule de 2,4 % sur la même période. En cumul depuis janvier, le volume collecté reste inférieur à la campagne précédente de -2,5 % en région et de -1,2 % au niveau national.
Dans l’UE, la collecte se contracte également en septembre, sous l’effet du repli observé chez les principaux producteurs européens (Allemagne, France et Pays-Bas).
Parmi les raisons avancées, le prix élevé de l’aliment, qui a pu conduire à un rationnement de l’alimentation azotée, ainsi que la réduction du cheptel de vaches laitières.
Le prix moyen du lait de vache payé au producteur en région s’établit en septembre à 384 €/1 000 litres. Il progresse par rapport au mois précédent de 3 % (soit +11 €/1 000 litres). L’écart avec le niveau de septembre 2020 est ramené à +20 €/1 000 litres (+5,5 %). Au niveau national, la progression est de 5,4 % sur un an.

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Des apports en baisse

En octobre, les conditions météorologiques sont défavorables sur les zones de pêche de la mer du Nord et affectent le volume et la diversité des apports. En pêche côtière, les arrivages sont constitués principalement le maquereau, et le rouget-barbet. La seiche et l’encornet sont également bien présents et permettent de répondre à la demande soutenue des marchés du sud (Espagne et Italie). La saison de la coquille débute en octobre et plusieurs bateaux désarment puis se tournent vers cette activité. Les arrivages s’avèrent satisfaisants et alimentent à la fois le marché du frais et la surgélation avec un prix moyen qui tourne autour de 3,5 €/kg.
Les débarques de pêche hauturière privilégient les ports danois et demeurent très limitées en octobre à Boulogne-sur-Mer. Les espèces importées font également défaut, à l’exception du merlan écossais et du lieu jaune.
Ce contexte d’offre restreinte, tant en volume qu’en diversité, affecte l’activité du marché et le commerce reste morose.
Plus généralement, l’inquiétude est grande à Boulogne-sur-Mer suite au bras de fer entre Londres et Paris. Les pêcheurs demandent plus de licences et les fileyeurs et l’industrie de la transformation s’interrogent sur l’avenir, si l’importation des produits britanniques se complique.
En octobre, le tonnage se replie sous le niveau de 2020 (-4 %). Les cours restent élevés en s’affichant à 3,03 €/ kg, soit un niveau supérieur de 33 % sur un an. Sur l’année 2021, le prix moyen est en hausse de 15 % par rapport à la campagne précédente.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Pluies excédentaires

En octobre, les précipitations sont excédentaires de 24 % en moyenne sur la région avec des cumuls de pluies qui varient du simple au double selon les secteurs. Le sud de la région est le moins arrosé (autour de 60 mm) alors que le Plateau Picard, le Douaisis ainsi que le nord-ouest de l’Oise recueillent le double de la normale avec des précipitations parfois supérieures à 120 mm.
Les températures moyennes sur le mois s’écartent assez peu des normales, que ce soit d’un département à l’autre ou pour les minimales et les maximales : les écarts moyens s’échelonnent de -0,7°C pour les minimales de l’Aisne et de l‘Oise à +0,9°C pour les maximales de la Somme.
Hormis dans le sud de l‘Aisne, l’indice d’humidité des sols superficiels en région est de nouveau excédentaire, ou proche de la normale.
La tempête Aurore, première de la saison, sévit dans la nuit du 20 au 21 octobre avec des vents qui atteignent 110 km/h à l’intérieur des terres.

Station d'AMIENS - GLISY - Températures et précipitations
Station de LILLE - LESQUIN - Températures et précipitations


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