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Conjoncture agricole Hauts-de-France de septembre 2021

 

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de septembre 2021 (format pdf - 439.5 ko - 05/11/2021)


GRANDES CULTURES

La forte demande en blé continue de soutenir les cours

Cours

Après une période de répit en début de mois, les cours du blé repartent à la hausse à la mi-septembre, cassant notamment la résistance des 250 €/t échéance décembre sur Euronext, dans un contexte de demande soutenue sur la scène internationale.
A noter, la flambée des cours des engrais, dans un contexte notamment de hausse des cours du gaz nécessaire à la fabrication des amendements azotés.
Plus globalement, l’ensemble des prix d’achat des intrants utilisés par les agriculteurs (indice IPAMPA) est orienté à la hausse depuis l’automne 2020.

Campagne 2021/2022
Cours du Ammonitrate 33,5 % - Usine Départ en €/t Prix d'achat des principaux intrants

Echanges

Retard de la récolte oblige, les exportations françaises sur le mois d’août ont été assez timides selon Intercéréales. Néanmoins, le blé tendre s’exporte avec notamment 370 kt expédiés vers l’Algérie. En septembre, la Chine reprend ses achats de blé français après 5 mois d’absence. Par ailleurs, le Maroc devrait revenir au marché avec la suspension de ses taxes à l’importation qui prendra effet le 1er novembre prochain.
Dans ses bilans pour la campagne 2021/2022, FranceAgriMer prévoit des exportations de blé tendre vers les pays de l’Union à 8,032 Mt (contre 6,1 Mt l’an passé). Le prix du blé français est compétitif par rapport aux autres origines et la demande est importante en provenance du Benelux (demande belge et néerlandaise pour la nutrition animale) et de la péninsule ibérique, qui devraient avoir moins recours à des importations lointaines.
Vers les pays tiers, FranceAgriMer estime à 9,6 Mt les exportations (contre 7,4 Mt l’an dernier). La forte hausse du coût du fret rebat les cartes et favorise les marchés de proximité face au grand export. Selon certains analystes, côté français, la récolte atypique cette année est susceptible de réorganiser les débouchés en particulier vers les pays tiers. Cependant la France n’est pas seule concernée, et ses voisins européens, en particulier l’Allemagne, les pays Baltes et la Pologne qui ont connu les mêmes épisodes climatiques que la France, font face aux mêmes challenges. Ils estiment également qu’en France la grande hétérogénéité des récoltes et le savoir-faire du travail du grain permettent malgré tout de compenser ces difficultés. Il y a enfin un autre élément favorable à prendre en compte, la révision à la baisse des critères de qualité de certains pays importateurs, comme l’Algérie (blé meunier) et la Chine (blé fourrager).
Sur le marché intérieur, FranceAgriMer a révisé à la baisse ses prévisions d’incorporation de blé tendre par les fabricants d’aliments du bétail français à 5,2 Mt, un chiffre qui reste cependant supérieur de 14,5 % à la campagne précédente.

Récolte 2021/2022

Le ministère de l’Agriculture révise à la baisse son estimation de production de blé tendre en France à 36,06 millions de tonnes, contre 36,69 Mt affichés le mois dernier. La production d’orge est affichée à 11,74 millions de tonnes. Celle de maïs est estimée en hausse à 13,03 millions de tonnes, contre 12,88 Mt le mois dernier.
Lors de son conseil spécialisé du 15 septembre, FranceAgriMer a présenté le bilan provisoire de la qualité des blés tendres. Les taux de protéines sont très satisfaisants, situés entre 11,5 et 12 % en Hauts-de-France, pour une moyenne nationale de 11,9 %. Concernant le poids spécifique, la moyenne régionale se situe entre 74 et 76 kg/hl. Au niveau national, moins d’un tiers des blés dépasse le seuil de 76 kg/hl, avec une moyenne provisoire de 74,9 kg/hl, à l’entrée des silos. Le travail des collecteurs devrait permettre d’améliorer ce critère pour répondre aux cahiers des charges des acheteurs.

Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

POMME DE TERRE

Des marchés qui frémissent

Les travaux d’arrachage débutent en septembre dans des conditions plus ou moins satisfaisantes selon la pluie. Elle reste parfois insuffisante dans certaines régions, lesquelles doivent alors recourir à l’irrigation avant récolte. En fin de mois, l’avancement est estimé à 30 % dans le Nord Pas-de-Calais et à 55 % en Picardie.
Les rendements s’avèrent moyens, assez hétérogènes, avec des questions sur les qualités inhérentes aux défaillances physiologiques pour certaines variétés (coeur creux, crevasse…), qui rendront délicat leur stockage.
Vers la transformation, toutes les usines ne sont pas aux achats. On assiste à la fin progressive des pommes de terre hâtives et au démarrage d’autres variétés tel Innovator, Fontane et Challenger. Les ventes de produits finis sont très régulières tant sur les marchés intérieurs qu’à l’exportation, ce qui motive certains opérateurs à poursuivre des enlèvements sur le marché libre dans le souci de conforter la disponibilité de matière première et de répondre ainsi à la demande sans rupture d’approvisionnement. A noter que certaines usines peuvent être confrontées à un encombrement des lots à traiter immédiatement, face aux difficultés pour trouver des pommes de terre dont la qualité permettra une bonne tenue au stockage.
Sur le marché intérieur, malgré un contexte de rentrée scolaire, l’activité reste modérée par la hausse des températures, peu favorable à la consommation de la pomme de terre. En seconde partie de mois, quelques opérateurs observent cependant une reprise de nouvelles commandes des centrales. Chez les grossistes, dont l’activité est orientée vers la restauration hors domicile, le commerce est un peu plus animé.
Vers l’exportation le marché s’éveille. En fin de mois le courant est régulier vers l’Espagne et l’Italie, toujours à la recherche de pommes de terre de qualité, ainsi que quelques envois vers l’Est et plus particulièrement la Roumanie, la Bulgarie et dans une moindre mesure la Croatie. Des expéditions sont observées vers le Grand Export (Moyen-Orient). Quelles que soient les destinations, le marché se stabilise avec des prix reconduits.

Pommes de terre de conservation - diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg

ENDIVE

Des arrachages en avance et une production en hausse
Endive Nord-Picardie - Cat.1 en colis de 5 kg

Racines : La météo pluvieuse de cette année est favorable au bon développement des racines d’endives. Les parcelles sont bien couvertes et offrent des racines de poids moyen et de calibre homogène. Les surfaces sont estimées globalement stables par rapport à la campagne précédente. Les premiers arrachages débutent début septembre, sans retard comparativement aux deux dernières années.
Endives : Les stocks de report sont bas cette année et les nouvelles racines sont rapidement mises en forçage, dès le début de saison chez certains producteurs. Si le rendement reste hétérogène avec les racines de report, il s’avère très correct et de bonne qualité avec les nouvelles racines. La campagne démarre classiquement, sans difficulté majeure, avec une production en hausse par rapport à 2020.
Côté marché, l’offre généreuse de ce début de campagne doit faire face à une demande qui se cherche, en lien avec une météo clémente qui n’incite pas à consommer de l’endive et par la concurrence surprise de produits habituellement peu présents à cette époque de l’année. Des dégagements importants sont observés vers les banques alimentaires. Les cotations de septembre débutent au-dessus du niveau de la moyenne quinquennale (+10 %) et sont rapidement orientées à la baisse.

VIANDE BOVINE

Des cours maintenus à des niveaux élevés

L’offre limitée en France comme chez nos voisins européens continue de soutenir les prix des femelles. La demande reste porteuse comme l’atteste le commerce extérieur français de viande bovine qui poursuit son redressement, tout particulièrement à l’export. Les cours évoluent peu sur le mois et restent à des niveaux historiquement élevés.
En septembre, le cours moyen de la vache R* atteint 4,23 €/kg (+2 % par rapport à 2020 et +14 % par rapport à 2019), celui de la vache P* 3,29 €/kg (+16 %/2020 et +18 %/2019).
La hausse des cours des jeunes bovins partout en Europe participe à faire grimper les prix français, d’autant que l’offre nationale est en retrait. Les abattages restent néanmoins dynamiques et progressent en volume sur l’année de près de 6 % par rapport à 2020.
Le cours moyen en septembre des jeunes bovins Cat.U* dans le bassin nord-est s’affiche à 4,18 €/kg (11%/2020 et +6 %/2019).

* classement des viandes bovines « EUROP »

Cours de la vache allaitante - Cat. R Cours de la vache laitière - Cat. P
Cours du jeune bovin - Cat. U
Abattage gros animaux Hauts-de-France

VIANDE PORCINE

Reprise de la baisse des cours en septembre
Cotation porc charcutier bassin Nord-Est

Après sept semaines de maintien, les cours repartent à la baisse en septembre. Le cours moyen du porc charcutier classes E+S * en région cède 8 centimes/kg en septembre pour s’afficher à 1,46 €/kg, repassant sous le niveau de 2020 (-7 %) et celui de la moyenne quinquennale (-10 %).
Sur les marchés européens, la tendance baissière prévaut également en septembre, avec une référence espagnole qui chute alors que les cotations les plus basses (Allemagne, Danemark), connaissent un repli modéré. Le marché européen reste encombré, notamment avec le ralentissement de la demande chinoise. La concurrence entre pays exportateurs est vive et tire les prix vers le bas. Moins dépendante du marché chinois, la référence française est moins affectée par cette baisse, et se retrouve fin septembre en tête des cotations européennes.
En cumul de janvier à août, l’activité d’abattage 2021 dans les abattoirs régionaux progresse de 1 % en volume par rapport à 2020, représentant 2 333 têtes supplémentaires. Sur le seul mois d’août la hausse en volume est de 3,8 % par rapport à 2020.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

Recul de la collecte et cours en hausse

Nouveau recul de la collecte régionale de lait de vache en août, avec un volume en baisse de 1 % par rapport à 2020, alors que la production nationale progresse de 1,1 %. En cumul depuis janvier, le volume collecté reste inférieur à la campagne précédente de 2,3 % en région et de 1,1 % au niveau national.
De son côté, la collecte européenne croît en août de 0,7 % sur un an avec de forte disparité de dynamique selon les pays producteurs. Outre la France, les livraisons ont augmenté en Irlande (+5,4 %/2020) et en Italie, mais les collectes allemande et néerlandaise ont reculé (respectivement de -1,1 %/2020 et -1,5 %/2020).
Le prix moyen du lait de vache payé au producteur en région s’établit en août à 373 €/1 000 litres. Il progresse par rapport au mois précédent de 2 % (soit + 7 €/1 000 litres). L’écart se creuse avec le niveau d’août 2020, en portant le gain à + 20 €/1 000 litres (+ 8,8 %). Au niveau national, la progression est de 7,1 % sur un an.

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Des cours qui restent élevés

En septembre, l’activité de la pêche côtière s’améliore tant en volumes qu’en diversité avec le retour en mer de la totalité de la flotte côtière. Profitant de rotations régulières, le maquereau et la seiche dominent largement dans les filets particulièrement en début de mois. Selon la taille et la disponibilité, le prix du maquereau varie de 0,60 à 2,20 € HT/ kg, voire 2,50 € HT/kg avec la fin des quotas en Ecosse. Le prix de la seiche, principalement destinée au marché espagnol et italien, oscille entre 5 et 5,5 € HT/kg. Le merlan se vend aux alentours de 2,5 € HT/kg.
Le divers peu représentatif est assuré par des arrivages mesurés de rouget-barbet, de tacaud, de grondin, de raie et de chinchard moins attractif en raison d’une taille insuffisante. L’encornet, déficitaire, se retrouve entre 13 € et 14 € HT/kg alors que le merlan est absent des gisements côtiers.
En pêche hauturière, les débarques concernent principalement le lieu noir, qui se négocie entre 1,80 € et 2,60 € HT/kg.
L’activité à l’importation propose principalement du flétan norvégien et occasionnellement du sébaste.
En septembre, après 3 mois consécutifs de hausse, le tonnage se replie sous le niveau de 2020 (-4 %). Les cours restent élevés en s’affichant à 2,65 €/ kg, soit un niveau supérieur de 23 % sur un an. Sur l’année 2021, le prix moyen est en hausse de 7 % par rapport à la campagne précédente.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Ambiance estivale en septembre

Septembre est globalement plus chaud que la normale avec un excédent d’un peu plus de 2°C. La chaleur a été surtout sensible du 6 au 9 avec des maximales quotidiennes élevées (le 6 : 30,1°C à Attin (62), le 8 : 30,0°C à Douai (59), 30,5°C à St-Quentin-en-Tourmont (80) et à Arras (62) et 30,7°C à Braine (02).
La température moyenne minimale régionale du 9 est de 17,0°C. La fraîcheur revient dans les derniers jours de septembre.
Côté précipitations, contrairement aux mois précédents, le déficit est de rigueur, plus ou moins marqué selon le département. Ainsi le Pas-de-Calais détient le déficit mensuel le plus élevé à - 63% par rapport à la période normale d’observation (1981-2010).

Station d'AMIENS - GLISY - Températures et précipitations
Ecart à la moyenne de référence 1981-2010 de l'indicateur thermique moyen mensuel et Rapport à la moyenne de référence 1981-2010 des cumuls mensuels de précipitations agrégées


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