Contenu

Conjoncture agricole Hauts-de-France de juillet-août 2021

 

Téléchargez la publication
Conjoncture agricole Hauts-de-France de juillet-août 2021 (format pdf - 576.8 ko - 30/09/2021)


GRANDES CULTURES

Production en baisse et envolée des cours

Cours

D’abord orientés à la baisse, les cours du blé tendre rebondissent à partir de la mi-juillet pour atteindre un mois plus tard des niveaux records, jamais atteints depuis 2012. Cette hausse des cours est alimentée par les conditions météorologiques défavorables aux récoltes dans la plupart des bassins de production, avec pour conséquence une baisse attendue de la production mondiale. Dans son rapport du 13 août, l’USDA confirme des baisses pour les principaux pays producteurs ou exportateurs de céréales : Russie (-12,5 Mt), Etats-Unis (-1,3 Mt), Canada (-7,5 Mt).
Dans ce concert de baisse, certains pays jouent une note positive avec soit des productions finales en hausse comme en Ukraine, Roumanie et Bulgarie, soit une perspective de bonne récolte comme en Australie.
En France, selon Agreste, au 1er septembre 2021, la production de blé tendre est estimée à 36,1 millions de tonnes (Mt), chiffre revu à la baisse par rapport aux précédentes estimations (36,7 Mt au 01/08 et 37,1 Mt au 01/07). Ces révisions à la baisse traduisent l’effet de la météo pluvieuse de l’été qui a altéré les rendements. Elles ne remettent cependant pas en cause la forte hausse des récoltes de céréales (+15 %) par rapport à la très mauvaise année 2020.
Les cours des orges fourragères évoluent à la hausse dans le sillage du blé.
Les cours du colza se maintiennent à un niveau élevé, bénéficiant d’une faible disponibilité du colza au niveau mondial avec une production de canola canadien attendue en forte baisse.

Campagne 2021/2022 - Estimation de la production de céréales en Mt fin août/(fin juillet)
Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

Export

Malgré le niveau élevé des cours, les pays importateurs comme l’Egypte et l’Algérie sont aux achats courant août.
Au 29 août, l’UE a exporté 3,68 millions de tonnes de blé contre 3,28 millions l’an passé à date. Les exportations d’orge atteignent 2,12 millions de tonnes contre 1,60 Mt l’an passé.

État des cultures en région

Des épisodes pluvieux nombreux ont perturbé les récoltes. Démarrée tardivement courant juillet, la moisson s’est achevée laborieusement tout début septembre. Le rendement et la qualité se sont dégradés au fur et à mesure de l’avancement des récoltes.

Blé tendre : Récolte laborieuse qui s’est achevée fin août. Rendements revus à la baisse selon un gradient sud -nord, aboutissant à un rendement régional de 84 q/ha, proche de la moyenne décennale. Le poids spécifique (PS) moyen est juste mais acceptable et la teneur en protéines satisfaisante.

Orge d’hiver : La récolte s’est achevée fin juillet. Rendements revus à la hausse dans l’Aisne et l’Oise pour un rendement régional de 81q/ha, proche de la moyenne décennale. Teneur en protéines satisfaisante pour un usage brassicole.

Orge de printemps  : La récolte s’est achevée fin août. Rendements révisés à la baisse aboutissant à un rendement régional de 65 q/ha, proche de la moyenne quinquennale. Teneur en protéine satisfaisante pour le marché brassicole.

Colza : Récolte achevée. Les rendements sont très hétérogènes. Le rendement régional est estimé à 35 q/ha, soit un niveau légèrement en dessous de la moyenne 5 ans.

Pois protéagineux : Rendements revus nettement à la baisse avec une moyenne régionale estimées autour de 31 q/ha. Chiffres à confirmer

Féveroles : Rendements estimés sur la base de la moyenne quinquennale.

Surfaces et rendement des principales COP* au 1er septembre 2021

Maïs : Malgré un retard de développement de 15 jours, les cultures de maïs sont vigoureuses fin août en région. Les parcelles sont bien remplies, la biomasse est importante et le nombre d’épis par plants au-dessus de la moyenne. L’interrogation demeure sur le remplissage des grains qui débute.
A ce stade, le potentiel est jugé élevé, même si la récolte s’annonce tardive, ce qui augmente les risques de verse et sanitaires.
Le rendement est estimé à ce jour correspondre à la moyenne des 3 meilleures années de la dernière décennie.

Pomme de terre : Les surfaces de pomme de terre de conservation sont en baisse d’un peu plus de 5 % cette année. Les conditions pluvieuses ont maintenu une pression mildiou élevée, génératrice de nombreux traitements, participant ainsi à la hausse des coûts de production. Les rendements se situeraient au niveau de la moyenne quinquennale.

Betterave : Les parcelles sont bien couvertes témoignant d’un bouquet foliaire important. Par contre, le développement des racines n’a pas toujours suivi et surtout la richesse en sucre s’avère faible, faute d’un ensoleillement suffisant. Une météo douce et lumineuse dans les prochains mois, associée à un début d’arrachage tardif, permettrait de valoriser cette campagne. Les rendements sont estimés à ce jour proches de la moyenne quinquennale.
Dans les Hauts-de-France il n’y a que l’Aisne qui est concernée par un ordre de destruction des parcelles de betteraves traitées avec du MARQUIS (R) pour une surface d’environ 800 ha.

CHOU-FLEUR

Une production affectée par les excès d’eau
Chou-fleur Nord-Picardie Catégorie I - gros

Pour cette seconde rotation de chou-fleur, démarrée en juillet, les conditions de cultures sont rapidement confrontées à une forte pluviométrie. Sur le bassin de Saint- Omer, l’abondance des précipitations, souvent à caractère orageux, retarde les repiquages, provoque des pourritures de racines et altère la qualité finale du produit. Les pertes au champ sont importantes. Sur les autres bassins de la région, les pluies sont moins violentes et les cultures s’en sortent mieux.
Les cours se redressent à partir de juillet et terminent le mois d’août au-dessus du niveau de la dernière campagne et de la moyenne quinquennale. Le cours moyen depuis juin s’affiche à 1,21 €/pièce, soit -16 % sous la valeur moyenne de 2020 et à -11 % sous la valeur moyenne quinquennale pour la même période.

VIANDE BOVINE

Une conjoncture toujours favorable

Cet été, en France, l’offre en femelles reste faible, particulièrement en vache de réforme laitière, en raison notamment d’une campagne fourragère favorable. Par ailleurs, la levée progressive des restrictions en lien avec l’amélioration de la situation pandémique stimule la demande. Celle-ci bénéficie de la reprise d’activité dans la restauration commerciale et du redressement du commerce extérieur.
En août, le cours moyen mensuel de la vache R* atteint 4,19 €/kg (+1 % par rapport à 2020 et +12% par rapport à 2019), celui de la vache P* 3,22 €/kg (+13 % /2020 et +16 % /2019).
En Europe, la situation est similaire avec une offre contenue qui entretient des cours élevés et conduit à une forte revalorisation des pièces de boeuf importées.
En jeunes bovins, les abattages sont dynamiques, tirés par une demande en hausse et un marché fluide. Les cours bénéficient d’un contexte de hausse partagé quasiment partout en Europe.
Le cours moyen en août des jeunes bovins Cat.U* dans le bassin nord-est s’affiche à 4,07 €/kg (+7 %/2020 et +5 % /2019)..

* classement des viandes bovines « EUROP »

Cours de la vache allaitante - Cat. R Cours de la vache laitière - Cat. P
Cours du jeune bovin - Cat. U
Abattage gros animaux Hauts-de-France

VIANDE PORCINE

Baisse marquée des cours en juillet
Cotation porc charcutier bassin Nord-Est

Malgré une activité estivale réduite (les abattages régionaux sont en retrait de 13 % en juillet par rapport à juin), le cours moyen du porc charcutier classes E+S * en région cède 16 centimes/kg en juillet pour s’afficher à 1,54 €/kg, puis se maintenir à ce niveau en août. Depuis janvier 2021, le cours moyen s’établit à 1,56 €/kg, en baisse de 4 % par rapport à 2020 sur la même période. Sur les marchés européens, le mouvement de baisse amorcé fin juin se prolonge en août, à l’exception de l’Italie.
Selon l’Institut du porc (IFIP), les exportations françaises progressent de 8,8 % sur le premier semestre 2021 avec un total de 402 500 tonnes. Si la progression est importante vers la Chine, première destination, mais également vers les Philippines, elle reste plus modeste à destination de l’Espagne et de l’Allemagne. Enfin, les volumes exportés vers l’Italie, les Pays-Bas et la Grèce sont en retrait.

* classement des viandes de porc« EUROP »

LAIT

Recul de la collecte et cours en hausse

En juin et juillet la collecte régionale de lait de vache recule par rapport à 2020, respectivement de 1,7 % et 1,1 %, malgré un contexte fourrager favorable. Depuis avril, début de la campagne, la baisse est de 1,2 % et elle atteint 2,4 % en cumul annuel. A noter cependant que la collecte régionale de lait bio continue de croître, affichant une hausse de 4,4 % depuis le début de l’année. Dans le détail cette croissance est marquée dans l’Aisne (+19 %) et l’Oise (+7 %), modérée dans le Nord (+4 %) et la Somme (+2 %) mais ne concerne pas le Pas-de-Calais (-9 %). La part de la collecte de lait de vache bio s’élève ainsi à 2,4 %, soit 0,2 points de plus qu’en 2020.
Au niveau national, la collecte de juillet recule de 1,9 % sur un an, baisse constatée dans huit bassins laitiers sur neuf. En cumul annuel, le retrait est 1,3 %.
Au niveau européen, la collecte est en légère hausse en juin mais se rétracte en juillet. Sur le premier semestre elle progresse de 0,5 % par rapport à 2020. Affiché à 353 et 367 € pour 1 000 litres en juin puis juillet, le prix moyen du lait, tous types confondus, est en hausse respectivement de 6,3 % et 7,1 % par rapport à 2020. Au niveau national, la hausse est de 7,2 % en juillet.

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Baisse saisonnière d’activité

Cet été l’activité de pêche connait sa baisse saisonnière, avec son lot d’arrêts techniques pour assurer la maintenance des bateaux et la période de congés. La reprise d’activité intervient progressivement à partir de mi-août.
Les apports sont par conséquent limités en volume et peu diversifiés. En pêche côtière, le maquereau et la sardine dominent dans les filets. La seiche reste bien présente également, et permet de répondre à la demande export vers l’Italie. L’encornet débute sa saison, en provenance d’Ecosse, il alimente le marché export à destination des pays du sud. En pêche hauturière le lieu noir domine largement mais présente parfois une taille insuffisante qui limite sa valorisation.
Côté demande, l’activité en GMS est peu animée, notamment dans les centres urbains, qui voient le déplacement des consommateurs vers les zones de villégiature. L’activité des grossistes et des détaillants en bordures côtières est beaucoup plus satisfaisante, mais ne compense pas la baisse d’activité observée dans la grande distribution.
Le marché est compliqué par une demande moyenne et des prix élevés, en raison de la faiblesse des apports.
Sur les mois de juillet et août, le tonnage cumulé s’avère supérieur de 10 % par rapport à 2020. Le cours moyenné sur ces deux mois s’affiche à 2,50 €/kg, soit un niveau supérieur de 15 % sur un an. Sur l’année 2021, le prix moyen est en hausse de 5 % par rapport à la campagne précédente.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Eté maussade, pluvieux puis frais

En juillet, les précipitations sont abondantes sur l’ensemble de la région avec un cumul moyen en excédent de 34 % par rapport à la normale. En août elles sont globalement déficitaires, avec une perte moyenne de l’ordre de 20 %, mais offrent une répartition très contrastée selon les départements. Les cumuls mensuels départementaux partent d’un déficit de 50 % dans l’Aisne à un excédent de 19 % pour le département du Nord.
L’indice d’humidité des sols superficiels reste élevé cet été en région, bien supérieur à la normale, parfois proche de la saturation, notamment vers la mi-juillet et la première décade d’août.
Au niveau des températures, le mois de juillet est proche des normales avec une température moyenne mensuelle régionale de 18,4°C. Le mois d’août est par contre globalement plus frais que la normale avec une température moyenne mensuelle régionale de 17,5°C, soit un déficit de 0,6°C.

Période d’observation 1981-2010.

Station d'AMIENS - GLISY - Températures et précipitations Station de LILLE - LESQUIN - Températures et précipitations


Téléchargez la publication
Conjoncture agricole Hauts-de-France de juillet-août 2021 (format pdf - 576.8 ko - 30/09/2021)