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Conjoncture agricole Hauts-de-France de juin 2021

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de juin 2021 (format pdf - 362.1 ko - 27/07/2021)


GRANDES CULTURES

Une tension des cours liée aux conditions météorologiques

Cours

L’évolution des conditions météorologiques dans les différents bassins de production influe directement sur les cours. Ainsi, le déficit hydrique présent en première partie du mois sur le nord du Continent américain tire les cours vers le haut. La demande soutenue de blé russe, en dépit des taxes à l’export appliquée par Moscou, et la dynamique des marchés physiques en général, apportent également une tension sur les cours. À peine les pluies survenues en seconde moitié du mois aux USA et les conditions météorologiques favorables sur le Continent européen parviennent-elles à atténuer cette frénésie des cours, aidées il est vrai par la pression récolte, qui débute sur le Continent américain et le bassin de la Mer Noire, avec des premiers rendements constatés satisfaisants.
Récolte 2020/2021 - Production des principales COP en Mt
Campagne 2021/2022 - Estimation de la production de céréales en Mt
En moyenne sur la campagne 2020/2021, le blé tendre FOB Rouen affiche 214,21 € la tonne, en progression de + 14,6 % par rapport à la campagne précédente et de + 20,6 % par rapport à la moyenne quinquennale 2015-2020. L’orge n’est pas en reste  : avec un cours FOB Rouen moyen sur la campagne 2020/2021 à 199,76 € la tonne, la valeur moyenne de la campagne précédente est dépassée de 20,1 % et la valeur moyenne quinquennale 2015-2020 est dépassée de 21,8 %.
Les oléagineux gardent également un niveau de cours remarquablement élevé, avec un effet directeur indéniable du canola canadien, sensible aux fortes chaleurs que connaît le Pays, et auquel le colza européen emboîte le pas.

Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

Export

Au 13 juin, les exportations de blé tendre par l’Union européenne (U.E.) s’élèvent à 24,88 millions de tonnes contre 33,94 millions à date l’an dernier. En orges, les exportations communautaires atteignent 7,06 millions de tonnes, contre 7,17 millions à date l’an passé. Les importations de maïs par l’U.E. s’établissent à 13,92 millions de tonnes, à comparer à 19,07 millions l’an passé à date.
Outre-Atlantique, les moissons de blé d’hiver débutent et les premières coupes sont a priori satisfaisantes.
En Egypte, la récolte locale est en cours, avec des quantités collectées plus importantes que l’an dernier selon France Export Céréales. Le GASC, organisme agricole d’État, envisage donc de réduire le volume d’importations pour atteindre 5 Mt.
En Allemagne, l’association des coopératives affiche une estimation de récolte tous blés à venir à 22,98 millions de tonnes, en hausse de + 3,8 % par rapport à l’an passé. La production de colza est attendue à 3,67 millions de tonnes, en hausse de + 4,6 % par rapport à l’an passé.
En France, les derniers chiffres de Céré’Obs sont encourageants : 81% des surfaces de blé tendre sont dans un état bon à très bon, au 14 juin. La totalité des cultures sont au stade de l’épiaison, avec un retard certain par rapport à l’an dernier (17 jours), mais moins important (5 jours) si l’on tient compte de la moyenne des 5 dernières années. Les échos de la récolte sont plutôt favorables, et certains analystes revoient leurs prévisions de récolte française en hausse. Stratégies Grains estime la récolte à venir à 36,77 Mt (en hausse de + 0,67 Mt depuis le mois dernier), mais d’autres estimations sont plus élevées. Les perspectives sont également favorables en orges d’hiver comme en orges de printemps. Le ministère de l’Agriculture table sur une production d’orges d’hiver à 7,7 Mt, soit + 1 9% par rapport à l’an passé.

État des cultures en région

Selon FranceAgrimer, au 14 juin 2021, l’état des cultures en Hauts-de-France, par rapport à la semaine précédente, progresse de deux points pour le blé tendre, jugé bon à très bon à hauteur de 92 %. Il est stable à 87 % pour l’orge d’hiver et recule d’un point, à 96 %, pour l’orge de printemps.
Le Comité régional des grandes cultures (CRGC), réuni le 28 juin 2021, estime les valeurs moyennes des rendements à :

  • 89 quintaux/ha pour le blé tendre
  • 80 quintaux/ha pour l’orge d’hiver
  • 67 quintaux/ha pour l’orge de printemps
  • 34 quintaux/ha pour le colza
  • 40 quintaux/ha pour les pois protéagineux

POMMES DE TERRE

Un marché atone et fragmenté

En cette période de fin de campagne avant l’arrivée des variétés primeurs, le marché est partagé entre un affichage de cours moyens sous pression sur le libre et des créneaux, certes limités en volumes, mais offrant de bonnes possibilités de valorisation, par l’intermédiaire du négoce, sur des lots de bonne qualité, assez rares et très recherchés. Il en va de même à l’export, où les marchés espagnol et anglais, notamment, sont en quête de variétés fritables en complément d’une offre locale émergente, qui tend à fermer, pour les autres segmentations de la production, ces destinations pour les expéditeurs français.
Les prix moyens relevés en ce mois de juin plafonnent à des niveaux relativement bas, laissant se dessiner la fin de la campagne 2020-2021. L’industrie de la transformation se fournit toujours très majoritairement sur la base des contrats et complète au besoin via le négoce, en raison de la difficulté de plus en plus grande à trouver des lots complémentaires correspondant à leur demande chez les producteurs. D’autres lots restés sans débouchés trouvent une destination vers l’alimentation animale, la méthanisation ou parfois l’épandage en bout de champ, alors que le stock de fin de campagne chez les producteurs affiche un niveau analogue à celui de la campagne précédente.
Sur le terrain, une forte pression mildiou se fait ressentir, du fait de conditions météorologiques particulièrement chaudes et humides, en particulier en deuxième partie du mois.
Les organisations de producteurs apportent un appui à leurs adhérents dans la mise en œuvre des opérations de nettoyage des matériels et infrastructures de stockage, en vue de l’abaissement de la limite maximale de résidus temporaire (LMR-t) du chlorprophame (CIPC) de 10 à 0,4 mg/kg à compter du 2 septembre 2021.

Pommes de terre de conservation -diverses variétés non lavées - Cat. II - 50/75 mm - sac 25 kg - origine France - marché du frais

CHOUX-FLEUR

Un début de campagne difficile
Chou-fleur Nord-Picardie Catégorie I - gros

La campagne 2021 du chou-fleur d’été en Hauts-de-France démarre difficilement. Alors que la production débute dans les tous premiers jours du mois, l’offre bretonne est très présente et pèse fortement sur les cours. Le chou-fleur est d’ailleurs placé en crise conjoncturelle par FranceAgriMer du 4 au 29 juin.

Le cours moyen mensuel en juin 2021 dans la région est de 0,92  €/pièce (en colis de 6 pièces), à -39 % sous la valeur moyenne de juin 2020 et à -30 % sous la valeur moyenne quinquennale pour un mois de juin.
Sur le terrain, la campagne débute tout aussi difficilement : les précipitations, parfois abondantes, gênent la récolte et peuvent poser également des problèmes de qualité au champ.

VIANDE BOVINE

Des prix toujours soutenus

La demande croissante en viande bovine française et le contexte européen haussier soutiennent les cours des femelles. Le marché du jeune bovin s’est allégé du fait d’une offre de mâles globalement en retrait en Europe. Les cours des broutards mâles restent toutefois en retrait par rapport aux années précédentes, en lien avec une valorisation des mâles finis en Italie, moins bonne que pour les femelles. La baisse saisonnière du cours du veau de boucherie est limitée, mais le secteur est confronté au renchérissement de l’alimentation lactée. La situation reste fragile pour les veaux nourrissons.
En juin, les cours moyens mensuels dans le bassin de production Nord-Est pour les gros bovins en entrée abattoir sont les suivants : pour la vache R* 4,16 €/kg (+ 3,5 % par rapport à 2020 et + 11 % par rapport à 2019), pour la vache P* 3,08  €/kg (+ 8 % /2020 et + 7 % /2019). Le cours moyen mensuel du jeune bovin (classe U*) s’établit dans ce même bassin à 3,97 €/kg (+ 4 % /2020 et + 2,6 % /2019).

* classement des viandes bovines « EUROP »
Cours de la vache allaitante - Cat. R Cours de la vache laitière - Cat. P
Cours du jeune bovin - Cat. U
Abattage gros animaux Hauts-de-France

VIANDE PORCINE

Des cours toujours au plus haut dans le bassin
Cotation porc charcutier bassin Nord-Est

Le cours moyen du porc charcutier classes E+S* à l’entrée en abattoir s’établit juste au-dessous de 1,73 € HT/kg dans le bassin de production Nord-Est en ce mois de juin 2021, en hausse de presque 2 centimes par rapport au mois précédent. Ce cours est supérieur de +12,3 % par rapport à la même période de 2020 et de +11,1 % par rapport à la moyenne quinquennale toujours à la même période.
Ce niveau et cette tendance dans le bassin contrastent avec le marché du porc français, qui, après avoir tenu en début de mois, cède sous l’effet de la tendance fortement baissière du marché européen. Le secteur fait les frais d’une concurrence agressive des grands exportateurs européens : espagnols, danois et néerlandais. L’Allemagne subit de la même manière une forte tension entre la production et l’aval de la filière.
Selon l’Institut du porc (IFIP), les exportations françaises accusent une baisse de - 1 % en avril 2021 par rapport au mois de mars 2021. Toutefois, le niveau d’expédition vers la Chine est supérieur de + 18 % par rapport à celui d’avril 2020.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

La collecte se rétablit en France comme en Europe

Le passage d’une campagne laitière à la suivante s’accompagne de deux mois consécutifs de hausse de la collecte dans l’espace communautaire, en particulier en raison de la dynamique observée en Allemagne, en France et en Irlande.
Dans l’hexagone, la collecte s’établit à près de + 2 % en mai 2021 par rapport à mai 2020. Il faut toutefois tempérer cette comparaison par les incitations à contenir la collecte en 2020, lors du 1er confinement lié à la crise sanitaire.
Les explications de ce niveau de collecte haussier sont davantage à trouver dans un nombre de naissances de veaux en forte progression d’une année sur l’autre (+ 11 % en avril 2021/avril 2020), ce qui permet des lactations en nombre, plutôt que dans la production d’herbe, soumise quant à elle aux caprices de conditions météorologiques défavorables, avec des températures bien trop fraîches encore récemment pour permettre une forte pousse de l’herbe en ce mois de mai 2020.
Lors de la transition entre les deux campagnes laitières successives, il est intéressant de noter également que les prix sont parvenus à se maintenir au pic de collecte, habituellement marqué par une baisse concomitante des cours. Les marchés des ingrédients laitiers, bien orientés, apportent sans doute une explication à cette conjoncture favorable.
En région, la collecte de mai 2021 dépasse de + 0,16 % celle de mai 2020 juste au-dessus de 2,03 millions d’hectolitres. Le prix moyen s’affiche à 348 €/1000l (moyenne pondérée sur les laits issus de l’AB et non issus de l’AB), à + 3,4 % au-dessus de sa valeur de mai 2020.

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Le regain de prises pèse sur les cours

Après plusieurs mois de relative disette, ce mois de juin 2021 voit enfin le tonnage global augmenter, jusqu’à dépasser celui de 2020 à la même période (+ 10 %). C’est à la faveur de prises plus abondantes en pêche côtière en deuxième partie du mois, mais surtout en raison d’un important recours des opérateurs (transformateurs, centrales d’achats des grandes et moyennes surfaces et grossistes) aux origines importées.
Si les volumes travaillés sur la zone de Boulogne-sur-Mer sont en progression par rapport aux mois précédents, le cours moyen pratiqué, en revanche, est en repli à son niveau de juin 2020, soit en baisse de - 0,41€ HT/kg par rapport au mois précédent (- 18 %).
Dans le détail, l’espèce la plus représentative issue de la pêche côtière est le merlan, mais, bien souvent, sa taille est insuffisante pour pouvoir intéresser les fileteurs. La sardine et le maquereau sont également présents, le plus souvent originaires de la Mer du Nord. C’est également à partir de cette provenance que la majorité des mareyeurs s’approvisionnent pour la transformation. L’importation permet également de satisfaire une demande qui évolue au gré de la saison et se détourne progressivement des espèces courantes pour rechercher davantage des poissons à griller.
Si les approvisionnements augmentent en deuxième partie du mois et permettent à la restauration hors domicile d’accroître son activité, avec sa réouverture progressive sous jauge sanitaire, le niveau du commerce d’avant la pandémie n’est toutefois pas atteint.
Plusieurs pêcheurs en profitent pour entamer les escales techniques de saison afin d’assurer la maintenance des bateaux.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Un mois de juin chaud et humide

Avec + 2,4°C par rapport à la normale* en moyenne quotidienne sur le mois à Lille-Lesquin et le même écart à Amiens-Dury, le mois de juin est particulièrement doux, même si des variations importantes de températures sont observées, s’agissant en particulier des maximales journalières, pour lesquelles on enregistre des baisses allant jusqu’à - 9°C d’un jour à l’autre.
Parmi les principales explications à ces variations, on relève des précipitations, orageuses et parfois localement très abondantes (41,9 mm de cumul journalier à Lille Lesquin le 04 juin et 28,2 mm de cumul journalier le 19 juin à Amiens-Dury). En cumul mensuel, les valeurs moyennes sur la période de référence sont nettement dépassées, avec pour ce mois de juin à Amiens-Dury un total de 136,6 mm (contre une valeur normale de 61,9 mm), soit + 120 % et à Lille-Lesquin un total de 109,8 mm (contre une valeur normale de 64,6 mm), soit + 70 %.

* période d’observation 1981-2010.
Station d'AMIENS - GLISY Températures et précipitations Station de LILLE - LESQUIN Températures et précipitations


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