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Conjoncture agricole Hauts-de-France de mai 2021

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de mai 2021 (format pdf - 272.6 ko - 05/07/2021)


GRANDES CULTURES

Les craintes climatiques dopent les cours
Récolte 2020/2021 - Production des principales COP en Mt
Campagne 2021/2022 - Estimation de la production de céréales en Mt

En mai, les conditions climatiques servent de boussole au marché. Au début du mois, la sècheresse demeure la principale source de préoccupation des opérateurs et soutient les cours sur toutes les places. Ensuite, l’amélioration des conditions climatiques aux USA, en Europe et en France rassure les marchés et les cours se replient nettement, d’autant plus que le rapport du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) paru à la mi-mai affiche une projection rassurante de bilan en nouvelle récolte. En fin de mois, les cours rebondissent cependant avec le retour de bons volumes de commercialisation et des intérêts acheteurs qui redynamisent les cours du blé. (figure 3)
En parallèle, les cours du maïs évoluent également en repli avec la perspective, annoncée par l’USDA, d’un nouveau record de la production mondiale pour la campagne 2021/2022 à 1,18 milliard de tonnes.
En oléagineux, dans un contexte toujours ferme sur les huiles, le marché résiste pour le moment au mouvement de repli. (figure 4)

Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

Etat des cultures en région :

En France, les températures basses du mois de mai retardent le développement des cultures. Ainsi, en région, FranceAgriMer estime qu’au 31 mai, pour le blé tendre, seulement 26 % des surfaces sont au stade épiaison alors qu’en 2020, ce stade était atteint par 93 % à la même date.
Les pluies du mois de mai, même si elles restent insuffisantes dans certaines zones, ont néanmoins été bénéfiques pour l’état des cultures et ont permis une bonne valorisation des apports d’azote.
Selon Céré’Obs, au 31 mai 2021, l’état des cultures en région Hauts-de-France est stable sur le mois de mai, jugé bon à très bon à hauteur de 91 % pour le blé tendre, de 87 % pour l’orge d’hiver, et de 97% pour l’orge de printemps, contre respectivement 65 %, 78 % et 51% l’an passé à date.

POMMES DE TERRE

Moins d’emblavements en pomme de terre

Sur le marché de la transformation, les industriels poursuivent leurs achats de manière régulière, souvent via le négoce intermédiaire, à des prix orientés à la hausse, notamment en livraison retardée. Compte tenu du retard des variétés hâtives au champ, ils sont particulièrement attentifs cette année à la jonction entre les deux campagnes.
A l’export, le marché est qualifié de très calme par la grande majorité des opérateurs. La fin de campagne se profile et plusieurs expéditeurs ont terminé leur activité, la qualité étant trop disparate pour pouvoir répondre aux exigences de la demande. A noter cependant une demande toujours présente en variétés fritables de la part des marchés Espagnols et Anglais.
Le marché du frais évolue dans un contexte de fin de campagne, avec une activité très réduite et des lots restant en stock qui peinent à trouver des débouchés ou alors à des prix très bas. (figure 5)
Pommes de terre de conservation -diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg - origine France - marché du frais
La chaleur fait défaut, mais les pluies sont bénéfiques aux cultures qui se développent fortement en fin de mois, avec la hausse des températures. Les travaux de plantation se sont achevés début mai et 90% des parcelles sont levées en fin de mois. Les désherbages ont été réalisés dans de bonnes conditions et sont plutôt réussis. Le retard des cultures est estimé à environ.
Alors que les plantations 2021 se terminent, il semble très probable que la superficie totale de pommes de terre dans la zone NEPG* réduise de 3 à 5 %. Il s’agit d’un événement exceptionnel (la dernière fois que la superficie a diminué, c’était en 2014 !), car les emblavements ont généralement augmenté année après année au cours des deux dernières décennies.
* NEPG (Groupe des Producteurs de Pommes de terre du Nord-Ouest Européen – Allemagne - Belgique – France – Pays-Bas).

ENDIVES

Un prix moyen annuel supérieur de 20 % à la moyenne des 5 dernières années
Endives Hauts-de-France Cat.1 en colis de 5 kg

En mai, la campagne tend vers son rythme d’été, avec une production qui diminue. La demande reste soutenue, essentiellement grâce aux centrales d’achat de la grande et moyenne distribution. La plupart des opérateurs sont satisfaits de l’adéquation de la demande avec leur offre de production. Les cours sont tirés vers le haut. Plusieurs endiveries abordent la fin de campagne.
Globalement depuis septembre, les cours se sont bien tenus avec un prix moyen qui s’avère supérieur de 20 % à la moyenne quinquennale. (figure 6)

VIANDE BOVINE

Demande toujours soutenue pour la viande française
Cours de la vache allaitante Cat. R

En mai, les cotations des vaches restent soutenues par la demande croissante pour la viande française. Malgré la réouverture des terrasses des restaurants, les ventes de viande hachée demeurent à des niveaux supérieurs à ceux d’avant la pandémie. En mai le cours moyen mensuel de la vache R* atteint 4,13 €/kg (+13 % par rapport à 2020 et +11% par rapport à 2019), celui de la vache P* 2,97 €/kg (+10 % /2020 et +5 % /2019). En Europe, la faiblesse de l’offre soutient les cours des vaches de réforme. (figures 7 et 8)

Cours de la vache laitière Cat. P Cours du jeune bovin - Cat. U

Les cours des jeunes bovins français se maintiennent au-dessus du niveau des années précédentes. (figure 9) Ils profitent d’une demande allemande toujours dynamique et d’une remontée des cours en Espagne et en Pologne. Le marché reste fluide. Le cours moyen en mai des jeunes bovins Cat.U* dans le bassin nord-est s’affiche à 3,97 €/kg (+4 % /2020 et + 2 % /2019).

* classement des viandes bovines « EUROP »
Abattage gros animaux Hauts-de-France

VIANDE PORCINE

Stabilisation des cours à un niveau élevé
Cotation porc charcutier bassin Nord-Est

En mai, le cours du porc E+S* dans le bassin de production Nord-Est gagne 3 centimes et se stabilise à 1,73 €/kg, un niveau de prix supérieur de 13 % à celui de mai 2020. (figure 11)
En cumul de janvier à avril, les abattages de porcs en région augmentent de 7 400 têtes par rapport à 2020, soit une hausse en poids de 4,6 %.
Selon l’Institut du porc (IFIP), les exportations françaises du premier trimestre 2021 s’élèvent à 193 000 T (+1 % /2020). Globalement les ventes vers les pays de l’UE reculent de 28 % à 88 600 tonnes alors qu’elles progressent vers les pays-tiers de 55 % avec 104 400 T. La Chine s’affirme comme la destination majeure avec 73 100 T, un volume qui a presque doublé par rapport à 2020.
Selon Eurostat, sur la même période, les exportations de l’UE vers les pays-tiers progressent de 30 %. Les volumes à destination de la Chine sont en hausse de 26 %.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

Collecte en baisse pour le 4ème mois consécutif

En avril, la collecte régionale de lait de vache enchaine un 4ème mois de baisse avec un recul de 2,2 % sur un an. En cumul annuel, le recul est de 3,5 % par rapport à 2020. En France, la collecte progresse légèrement en avril (+0,7 %), après 3 mois de baisse. Elle affiche un repli en cumul annuel de 2,4 %. En Europe, la collecte connait un second mois consécutif de hausse, tirée par la dynamique irlandaise et le redressement en France et en Allemagne.
La production de lait de vache en Hauts-de-France - Livraison de lait de vache à l'industrie - Campagne 2020/2021
À 352 €/1 000 litres sur avril, le prix moyen payé au producteur en région progresse de 2,3 % (+ 8 €) par rapport à avril 2020 et de 2,6 % (+ 9€) par rapport au mois précédent. A l’échelle nationale, le prix progresse de 2,9 % sur un an. Tous les bassins laitiers sont en hausse. Selon l’ institut de l’élevage (Idele), ce maintien des prix, inhabituel lors du pic de collecte, résulte de la bonne orientation des marchés des ingrédients laitiers depuis le début d’année (poudre de lait et beurre).

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Une offre restreinte qui soutient les cours

En mai, l’activité de pêche dans les ports de Boulogne-sur-Mer et Calais est encore affectée par le Brexit. Les volumes débarqués insuffisants maintiennent un niveau de cours élevé, dans un contexte commercial qui redémarre timidement.
En pêche côtière, les arrivages se concentrent sur le maquereau, échangé entre 2,20 € et à 3,00 €/ kg selon la taille, soit un bon niveau de prix. Bien que les débarques de merlan soient régulières, les tonnages restent déficitaires pour répondre à la demande et, malgré une taille peu valorisable pour le filetage, il est vendu entier entre 2,20 € et 2,70 €/kg. Enfin, la sardine fait son apparition, avec des tonnages qui permettent de répondre favorablement à la demande, tant au rayon marée que vers la transformation pour les tailles moins valorisables. Les autres espèces présentes dans les filets sont la roussette, la raie et le tacaud.
La pêche hauturière apporte son lot de lieu noir placé sur un marché équilibré sur cette espèce.
L’activité à l’importation permet d’enrichir la palette variétale avec comme espèces prédominantes le flétan ainsi que le sébaste et la julienne.
Le commerce est animé, favorisé par les mises en avant faites autour de la marque Pavillon de France, malgré des prix plus soutenus en raison d’une offre réduite sur la majorité des espèces présentes. Chez les grossistes, la situation s’améliore avec la réouverture des terrasses et des restaurants. Cette reprise est cependant limitée par des conditions météorologiques défavorables.
En mai, le tonnage mensuel est en retrait de 17 % par rapport à 2020. Le cours moyen s’affiche à 2,28 €/kg, soit un niveau supérieur de 22 % sur un an, et de 33 % par rapport à la moyenne quinquennale. (figure 14)
Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

Station d'AMIENS - GLISY et Station de LILLE - LESQUIN : Températures et précipitations

MÉTÉOROLOGIE

Frais et orageux

En moyenne sur toute la région, les cumuls pluviométriques mensuels sont excédentaires de 16 %, mais avec de fortes disparités liées au temps souvent orageux. Ainsi, en moyenne départementale, l’excédent n’est que de 9 % pour le Pas-de-Calais alors qu’il s’élève à 25 % pour l’Aisne. Le mois se termine néanmoins de manière bien plus calme avec les 5 derniers jours secs sur l’ensemble de la région. L’indice d’humidité des sols superficiels progresse pour retrouver globalement en fin de mois un niveau d’équilibre.
Après la fraicheur du mois d’avril, les températures de mai tendent à remonter au fil des jours, mais elles restent bien souvent en dessous de la normale, particulièrement durant les premiers jours du mois. Les températures moyennes minimales et maximales mensuelles en région s’affichent respectivement à 6,7°C et 16,6°C, soit en moyenne inférieure de 1,4°C à la normale.


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