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Conjoncture agricole Hauts-de-France d’avril 2021

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Conjoncture agricole Hauts-de-France d’avril 2021 (format pdf - 288.4 ko - 08/06/2021)


GRANDES CULTURES

Les craintes climatiques dopent les cours
Cours

En avril les cours des céréales repartent à la hausse dans un contexte de craintes climatiques liées essentiellement au déficit hydrique observé au nord des USA, au sud du Canada et en Europe de l’Ouest. En Russie, l’inquiétude porte sur l’état des blés d’hiver qui subissent le gel et la neige : dans le Centre et le bassin de la Volga, 50 à 80 % des surfaces de blé d’hiver pourraient être retournées et remplacées par du blé de printemps. Les prix du maïs sont également très élevés, sous l’effet conjugué d’une demande chinoise qui reste forte et de la sécheresse qui persiste au Brésil, deuxième exportateur mondial de maïs. Aux États-Unis, les stocks se contractent suite aux exportations record et les premières estimations de semis de maïs pour la récolte 2021 s’y avèrent inférieures aux attentes. Enfin les cours du colza n’en finissent pas de grimper dans un contexte où les cours mondiaux des huiles végétales poursuivent leur progression.

Export

Dans son bilan mensuel, FranceAgriMer révise à la hausse son estimation d’exports de blé français vers les pays tiers à 7,55 millions de tonnes contre 7,45 Mt le mois passé. Les exports intracommunautaires sont par contre revus à la baisse à 5,6 millions de tonnes contre 5,8 Mt le mois dernier. Le stock de fin est laissé inchangé à 2,7 millions de tonnes. En avril, l’Algérie a acheté entre 30 kt et 50 kt de blé français, toutefois la demande pour le blé français se fait de plus en plus rare. Le marché des orges est peu animé, mais la demande chinoise reste forte sur la fin de campagne et le début de la campagne prochaine, ce qui pousse FranceAgriMer à relever à 3,250 Mt (de +50 kt) la prévision d’exportation des orges françaises. Les exportations vers les pays de l’Union européenne sont quant à elles en baisse, ce qui laisse globalement inchangé le stock de fin de campagne.

Récolte 2020/2021 - Production des principales COP en Mt
Campagne 2021/2022
 Campagne 2021/2022 - Estimation de la production de céréales en M

En Europe, la Commission européenne révise à la baisse la prévision de rendement du blé tendre (5,86 t/ha contre 5,89 t/ha estimés le mois dernier) en conséquence de la vague de froid du mois d’avril. La production européenne est donc attendue à 124,8 Mt, contre 126,7 Mt le mois dernier. La future production d’orge est quant à elle estimée à 56,0 millions de tonnes contre 56,3 Mt affichés le mois dernier. En France, au 1er mai, selon le ministère de l’Agriculture, les surfaces en céréales sont globalement en hausse, compensant le recul observé l’an dernier, tandis que les surfaces cultivées en maïs grain reculent. Les surfaces en oléagineux, en colza et en tournesol notamment, sont en régression, ainsi que les surfaces en pommes de terre et en betteraves industrielles. En revanche, les surfaces en protéagineux augmentent. En Hauts-de-France, l’assolement de la campagne 2021 se caractérise par une hausse marquée de la sole de blé tendre et un recul des surfaces en cultures de printemps. La sole de blé tendre augmenterait ainsi de près de 9 % à l’échelle de la région, partagée par tous les départements avec une hausse variant entre 5,5 % dans la Somme et 15 % dans l’Aisne. Les surfaces en orge d’hiver et en maïs fourrager seraient relativement stables. Pour l’orge de printemps, comme pour la féverole, l’assolement est estimé en baisse de près de 20 %, en lien avec la qualité et les faibles rendements de la campagne précédente. La baisse des surfaces en colza et en maïs grain dépasserait les 10 %. Les emblavements en betterave industrielle étaient estimés, avant l’épisode de gel, en baisse de 5,5 % en région. Enfin les surfaces plantées en pomme de terre de conservation seraient en retrait de 5 %.

Etat des cultures en région :


Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2 Prix de l'orge fourragère - FOB Rouen

 Conjoncture grandes cultures 2021 - Estimation des surfaces au 01/05/2021
Conséquence de la période de gel en Hauts-de-France :

En Hauts-de-France, l’impact du gel sur les grandes cultures concernerait surtout la betterave industrielle. Au 28 avril, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) estime à 6 000 ha la surface détruite en Hauts-de-France, nécessitant un resemis. Selon Arvalis Institut du végétal, l’impact du gel sur les céréales, est a priori faible dans la région. On peut craindre des dégâts ponctuels sur les céréales à paille, mais pas d’accident généralisé. Les cultures sont bien implantées. La culture la plus sensible est l’orge de printemps semée à l’automne. Une vraie estimation des dégâts liés au gel ne sera possible qu’aux stades d’épiaison-floraison. Pour le colza, selon TerreInovia dans un communiqué du 13 avril, des courbures de hampes principales (parties hautes) et des avortements de fleurs sur le haut des couverts ont été observés mais sont aujourd’hui presque invisibles. Des tiges raides, cassantes et gelées de l’intérieur ont été signalées mais ces situations sont rares et souvent révélatrices de problèmes d’implantation et/ou de ravageurs.

POMMES DE TERRE

Plantations en cours d’achèvement

Vers les usines de transformation, le marché reste inchangé avec peu d’achats de la part des quelques opérateurs présents sur le marché libre. En face, l’offre est réduite en raison de l’accélération des travaux de plantations facilités par les conditions météorologiques. Les annonces de réouverture de la restauration hors domicile, à confirmer et sous conditions d’accueil réduites, sont accueillies avec beaucoup de prudence. Globalement, l’activité semble plus régulière mais sans évolution sur les cours actuels.
Le marché intérieur est plus animé sur fond de baisse des températures et de consommation à domicile plus importante liée à la fermeture des établissements scolaires. Les opérations menées par les enseignes de la grande distribution permettent de conforter la régularité des ventes. Des problèmes qualitatifs sont plus souvent signalés lors des opérations de déstockage. La situation des grossistes est toujours difficile en raison de la restauration hors domicile très réduite.
Pommes de terre de conservation -diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg - origine France - marché du frais
A l’exportation, l’Espagne, qui rencontre des difficultés à trouver les qualités désirées, réduit ses achats sur les pommes de terre de l’ancienne récolte. Elle reste une destination active pour les variétés fritables, avec la reprise de l’activité dans la restauration hors domicile. Avec une offre locale insuffisante, l’Italie et l’Europe de l’Est s’intéressent davantage à la pomme de terre française, d’autant plus que la concurrence allemande est moins présente. Les problèmes de qualité laissent augurer une fin anticipée de la campagne vers l’export, au fur et à mesure du développement des offres locales de primeurs. En région, les plantations sont avancées à hauteur de 90% fin avril et ont été réalisées dans de bonnes conditions.

ENDIVES

Le froid anime le marché
Endive Hauts-de-France - Cat.1 en colis de 5 kg

En avril, la baisse des températures influe favorablement sur la consommation des légumes d’hiver et la demande repart à la hausse. Dans un contexte d’amorce de fin de campagne, synonyme de diminution des volumes de production, les cotations restent soutenues en première partie de mois. Durant les deux dernières semaines d’avril, le marché retombe et les prix s’orientent à la baisse pour repasser juste en dessous de la moyenne quinquennale.
Les semis sous bâche sont réalisés à partir du 15 avril dans des conditions climatiques optimales. Si les épisodes de gel sont restés sans conséquence sur les semis en place, ils ont, par contre, facilité le travail préparatoire du sol.

VIANDE BOVINE

La demande soutient les cours

En avril, les cotations des vaches restent soutenues par la demande ferme pour la viande française. L’offre abattue est par ailleurs plutôt abondante, en hausse de +3,4 % par rapport à l’an dernier, qui reste une année atypique, et de 5 % par rapport à 2019, année normale. Cette production haussière n’encombre pas le marché français très demandeur, mais confirme la décapitalisation du cheptel.
Fin avril, la vache catégorie R* cotait 4,14 €/kg (+14 %/2020 et +12 % 2019), la vache catégorie P* 2,96 €/kg (+11 %/2020 et +6 %/2019). Dans les autres pays européens, l’offre est orientée à la baisse et les prix devraient donc rester bien orientés.
Les cotations des jeunes bovins profitent d’un marché européen porteur, qui a retrouvé de la fluidité et affiche des cours élevés. Le cours moyen en avril des Jeunes Bovins Catégorie U* dans le bassin Nord-Est est de 4 €/kg. Il se maintient au-dessus du niveau des deux dernières années.

* classement des viandes bovines « EUROP »
Abattage gros animaux Hauts-de-France
Cours de la vache allaitante Cat. R Cours de la vache laitière Cat. P
Cours du jeune bovin - Cat. U

VIANDE PORCINE

Poursuite de la hausse des cours
Cotation porc charcutier bassin - Nord-Est

En avril, le cours du porc accentue sa progression : sur le bassin de production Nord-Est, il progresse de 17 centimes/kg et s’affiche à 1,70 € / kg, retrouvant ainsi le niveau de la référence de 2020. Cette tendance haussière est diversement partagée en Europe, selon notamment les capacités de chaque pays à pouvoir exporter, particulièrement vers l’Asie du sud-est. Ainsi le cours est orienté à la hausse au Danemark, stable en Espagne, et en baisse en Allemagne.
Selon l’Institut du Porc (IFIP), les exportations françaises sur les deux premiers mois de 2021 sont en légère baisse par rapport à 2020. Si les ventes reculent à destination de l’UE, elles progressent fortement à destination des pays-tiers, profitant de l’absence de l’Allemagne sur ces marchés.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

La baisse de la collecte se poursuit

Après les replis enregistrés en janvier (-0,1 %/2020) et février (-9,2 %/2020, effet année bissextile neutralisé), la collecte régionale de lait de vache poursuit son recul en mars (-2,7 %/2020). Au total sur le 1er trimestre, la collecte fléchit de -4,6 % d’une année sur l’autre (effet bissextile neutralisé), soit son plus bas niveau depuis 2013.
Sur le territoire national, la collecte recule de 1,4 % en mars et de 3,5 % en cumul sur le 1er trimestre par rapport à 2020. Outre l’orientation baissière du cheptel de vaches laitières, la raison de cette baisse tient au contexte économique peu incitatif pour les éleveurs, avec une envolée des coûts de production, notamment ceux de l’aliment et de l’énergie, qui n’a pas encore été répercutée sur les prix d’achat du lait. Par ailleurs, les conditions climatiques, le froid et les faibles précipitations, peu favorables à la pousse de l’herbe, affectent la production laitière.
Dans l’UE, la collecte enregistre un léger rebond en mars. Cette progression globale communautaire est due à la forte croissance de la collecte irlandaise et, dans une moindre mesure, de celle de la Pologne, et malgré le nouveau repli des deux premiers pays producteurs que sont l’Allemagne et la France. En mars 2021, le prix moyen payé au producteur en région Hauts-de-France cède 3€ par rapport au mois précédent, et s’affiche à 343 €/1000 litres. Il est en baisse de 1,2 % par rapport à février 2020. A l’échelle nationale, tous types de lait confondus, le prix s’établit à 370 €/1 000 litres, en repli de 0,6 % sur un an.

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteu

PÊCHE

Tonnage mensuel en forte baisse

En avril, les conséquences du Brexit continuent de peser sur l’activité de pêche à Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français. Le retard pris dans l’attribution des licences pour accéder aux eaux britanniques, condamne les pêcheurs à une pêche côtière restreinte tant sur les volumes que sur la diversité. Faute d’activité, plusieurs bateaux anticipent leurs arrêts pour entretien.
L’essentiel des arrivages concerne du merlan de petite taille vendu entier. A ses côtés, l’offre de chinchard s’améliore mais répond à une demande irrégulière. Son prix est donc peu soutenu. Le maquereau se fait rare et l’essentiel des achats concernent le maquereau espagnol. En divers on note quelques quantités de roussette et de tacaud. La coquille poursuit sa saisonnalité mais intéresse davantage la surgélation, en dehors de périodes festives. Pour l’export, les volumes d’encornet restent insuffisants pour répondre à la demande régulière vers l’Espagne et l’Italie.
L’activité à l’importation se maintient avec notamment des débarques de flétan en provenance du Danemark, complétées par du bar, du sébaste d’Islande, du lieu noir et de l’églefin, assurant la matière première pour les fileteurs, qui préparent les produits frais de la mer avant leur expédition sur les lieux de vente. En avril, le tonnage mensuel est en retrait de 25 % par rapport à avril 2020. Le cours moyen s’affiche à 2,51 €/kg, soit un niveau supérieur de 13 % sur un an, et de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Avril froid et sec

Avec 7,3°C de température moyenne régionale mensuelle, le mois d’avril est le plus froid observé en région depuis 1989. Entre le 5 et le 8 avril, un air froid d’origine arctique provoque des gelées exceptionnelles en Picardie, avec des minimales relevées entre -4°C et -6,9°C. D’autres gelées matinales, moins fortes, ponctuent le mois d’avril sur l’ensemble de la région.
Ainsi, la température minimale moyenne mensuelle établit un nouveau record de froid avec 1,83°C (-2,72°C/Normale) soit plus froid qu’avril 1956 avec 1,96°C (-2,59°C/Normale). Seul le Pas-de-Calais avait connu un avril 1956 un peu plus froid. Le département de l’Oise a été particulièrement touché par ce froid avec 1,45°C (-3,01°C/Normale) contre 1,79°C en avril 1956 (-2,67°C/Normale). Après un mois de mars déjà peu arrosé, les précipitations du mois d’avril s’avèrent également rares et faibles. Le déficit pluviométrique moyen mensuel est de 53 % en région. Il varie de 15 % dans le sud-est de l’Oise à 82 % au Cap-Gris-Nez.

Station d'AMIENS - GLISY - Températures et précipitations Station de LILLE - LESQUIN - Températures et précipitations


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