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Conjoncture agricole Hauts-de-France de février 2021

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de février 2021 (format pdf - 361.1 ko - 08/04/2021)


GRANDES CULTURES

Les cours poursuivent leur hausse

Après un court répit en début de mois, les cours des grains poursuivent leur hausse en février. En plus de la demande forte sur les marchés internationaux, les inquiétudes sur le développement des cultures, face aux conditions météorologiques dans les différents bassins de production, concourent à cette hausse.
Le gouvernement russe a approuvé, le 8 février, l’idée d’une nouvelle taxe flottante à l’exportation concernant le blé, le maïs et l’orge, visant à contenir la montée des prix domestiques. Le caractère flottant de la taxe signifie que la taxe augmentera si les cours se renchérissent. Elle entrerait en vigueur le 2 juin.
Alors que la demande mondiale est resserrée, la Chine fait exception en restant toujours aux achats de grains pour l’alimentation animale, afin de reconstituer son cheptel porcin et de développer son aviculture. Les origines françaises trouvent des débouchés inédits vers ce marché, avec 1,56 million de tonnes de blé et 1,35 million de tonnes d’orge, ce sont des progressions respectives de +144 % et +51 % par rapport à la campagne précédente. Selon France Export Céréales, à mi-campagne la Chine représente ¼ des 3,8 Mt expédiées vers les pays tiers. L’Égypte demeure un débouché pour le blé français comme le prouve son achat début février de 240 000 t origine France. L’origine France reste aussi en tête des fournisseurs de l’Algérie, mais sa part de marché (35 %) continue de baisser au profit de l’Allemagne (25 %) et de la Pologne (13 %) selon France Export Céréales.
Sur la campagne en cours, les exportations de blé tendre français sont portées à 7,45 Mt vers les pays tiers, contre 7,27 Mt estimées par FranceAgriMer le mois passé.
Néanmoins, la révision à la hausse de la collecte prévisionnelle permet de maintenir le stock de fin de campagne au-dessus de 2,5 Mt. Le stock d’orge est revu à la baisse à 1 million de tonnes, contre 1,1 million de tonnes estimé le mois dernier. Le stock de maïs est inchangé à 1,9 million de tonnes, son niveau le plus bas depuis 14 ans.
La Commission européenne révise à la hausse son estimation d’exports de blé pour l’UE à 27 millions de tonnes contre 26 millions estimés le mois dernier. Le stock de fin est de ce fait révisé en baisse à 9,5 millions contre 9,9 affiché le mois dernier. Les importations de colza sont revues à la hausse à 6 millions de tonnes contre 5,5 millions estimés encore le mois dernier.
Tout en restant prudent compte tenu de l’incertitude sur les conditions climatiques des prochains mois, le Conseil international des céréales (CIC) prévoit une production mondiale de blé en hausse pour la 3ème année consécutive, à 773 Mt. La consommation mondiale devrait également augmenter de +3 Mt par rapport à 2020/21), tandis que les échanges, bien que prévus à un niveau élevé, resteraient stables. Les prévisions de stocks sont estimées à un niveau élevé cette année encore, toujours centrés sur la Chine et l’Inde.


Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

État des cultures en région

Arvalis Institut du végétal juge l’état des cultures satisfaisant. L’automne, relativement doux et pluvieux sur les mois d’octobre, novembre et décembre a permis aux cultures de bien se développer. Malgré les baisses de températures subies aux mois de janvier et février, les cultures de céréales se portent plutôt bien en région Hauts-de-France. Le stade épi 1 cm est prévu proche de la médiane, voire légèrement en avance.
Selon FranceAgrimer, au 1er mars 2021, l’état des cultures en région Hauts-de-France est stable par rapport à la semaine précédente, jugé bon à très bon à hauteur de 89 % pour le blé tendre, et de 91 % pour l’orge d’hiver, contre respectivement 71 % et 79 % l’an dernier à date. Les semis d’orges de printemps affichent une réalisation estimée à 50 % contre 20% la semaine passée et 7 % l’an passé à la même période.

POMMES DE TERRE

Des marchés encore très calmes

L’activité vers la transformation reste marquée par le souci de couvrir les contrats. Des achats sont réalisés sur le libre, afin de compenser des volumes, des variétés ou des lots de qualité manquants. La tendance des prix s’annonce plus ferme, notamment pour les livraisons différées et au regard des cours haussiers observés en Belgique et en Allemagne. Pour les contrats 2021/2022, le North-Western European Popatoe Growers (NEPG) constate que les prix contractuels évoluent à la baisse alors que les coûts de production sont de plus en plus élevés. Il incite donc les producteurs à bien considérer leurs coûts et leur rentabilité avant de s’engager.
L’activité à l’export reste en deçà des attentes, toutes destinations confondues. Un courant d’affaires se poursuit avec les clients historiques vers l’Espagne et le Portugal, mais sur des volumes limités. Les Pays de l’Est questionnent, sans réelle concrétisation des transactions. Ils bénéficient en effet d’une offre locale enrichie par les offres allemande et/ou polonaises plus compétitives, ce qui suffit à satisfaire les besoins en pommes de terre brossées.
La demande sur le marché intérieur reste relativement soutenue sur des bonnes qualités, mais il semble que les stocks actuels, de qualité intermédiaire, ne répondent pas forcément à la demande. Facilitées par la baisse des températures durant la première partie de mois, les ventes se contractent ensuite en période de vacances scolaires et en raison de la remontée des températures.

Pommes de terre de conservation -diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg - origine France - marché du frais

ENDIVES

Un marché déstabilisé
Endive Hauts-de-France - Cat.1 en colis de 5 kg

Le marché de l’endive est souvent capricieux en février et cela se confirme cette année. La période d’intempéries neigeuses complique la logistique des transports et déstabilise l’activité des marchés. La demande peine ensuite à reprendre avec la période de vacances scolaires associée à une remontée des températures, facteurs qui détournent le consommateur des légumes d’hiver, dont l’endive. Les cours cèdent régulièrement et ne se stabilisent qu’en fin de mois.
Le cours moyen de février 2021 s’affiche à 1,10 €/kg, en baisse de 6 % par rapport à février 2020, mais supérieur de 10 % à la moyenne quinquennale.

VIANDE BOVINE

Des cours toujours bien orientés

La demande des consommateurs pour la viande bovine française reste forte depuis le début de l’année. Elle soutient les cours des femelles qui bénéficient en outre d’une offre limitée en début d’année. En janvier les abattages de vaches en région reculent de 1,1% sur un an, avant de progresser en février. En moyenne sur les 9 premières semaines, la vache catégorie R* cote 4,12 €/kg (+12 % par rapport à 2020), la vache catégorie P* 2,80 €/kg (+9 % par rapport à 2020).
Profitant toujours d’un marché allemand en situation de sous-offre, les cours des jeunes bovins accentuent leur redressement en février avec un gain de 8 centimes sur le mois. Le prix moyen en février s’affiche à 3,87 €/ kg pour le jeune bovin catégorie U*, mais à un niveau encore bas (-3 % par rapport à 2020).
* classement des viandes bovines « EUROP »
Abattage gros animaux Hauts-de-France
Cours du jeune bovin - Cat. U
Cours de la vache allaitante Cat. R Cours de la vache laitière Cat. P

VIANDE PORCINE

Début de reprise des cours
Cotation porc charcutier bassin Nord-Est

Après 6 semaines de stabilité, le cours du porc amorce une reprise à partir de la mi-février. En région la cotation du porc charcutier classe E+S* gagne 3 centimes/kg. Cette tendance à l’amélioration des cours s’observe également en Europe et reflète une reprise de la demande, tant sur les marchés intérieurs qu’à l’export. Cependant, en parallèle, la forte hausse du prix de l’aliment, liée à la flambée du coût des matières premières, affecte la rentabilité des élevages.
Depuis le début de l’année, l’activité d’abattage en volume de porcs charcutiers en région progresse régulièrement de 3 % par mois par rapport à 2020. En nombre de têtes, l’évolution est de 2,7 % soit 1954 porcs.
* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

Une collecte régionale stable en janvier mais un prix en baisse

En janvier 2021, la collecte régionale de lait de vache talonne celle de janvier 2020 (-0,06 %). A l’échelle nationale, c’est un recul plus marqué qui prévaut pour l’ensemble des bassins laitiers (-3,7 %). Cette évolution résulte d’une succession de facteurs dont la baisse du cheptel, la rigueur de l’hiver, le coût élevé de l’alimentation du bétail, ainsi qu’un prix du lait peu incitatif. Selon l’Institut de l’élevage (IDELE), la production marque également le pas en Europe alors qu’elle demeure dynamique dans les autres bassins laitiers mondiaux tels les États-Unis ou l’Océanie.
En janvier 2021, le prix moyen payé au producteur en région s’établit à 346 €/1000 litres, en baisse de 2,3 % par rapport à janvier 2020. En France, le prix est estimé à 380 €/1000 litres en recul de 0,8% sur la même période.

Livraison de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Des arrivages corrects mais un marché peu porteur

En février, le merlan, le maquereau et l’encornet représentent les principales espèces côtières débarquées sur Boulogne/Mer, avec des volumes en nette progression par rapport à février 2020. La taille du merlan demeure majoritairement insuffisante pour intéresser les fileteurs et son cours perd 37 % sur un an. Le cours du maquereau se maintient grâce à la fin des quotas en Écosse. La demande soutenue d’encornet vers l’Espagne et l’Italie permet de maintenir un prix soutenu autour de 10 €/kg, soit une hausse de 10 % sur un an.
Les arrivages de harengs et de coquilles sont également conséquents, bien qu’en baisse sur un an, avec des cours qui s’affichent en hausse par rapport à février 2020.
Comme en janvier, la pêche hauturière est toujours absente du Port de Boulogne, avec la totalité des débarques dans les ports danois.
A l’importation, la situation diffère selon les origines. Les espèces issues d’Écosse et du Danemark se font plus rares, en raison de conditions météorologiques difficiles pour l’activité de la pêche. Il y a donc une baisse significative des arrivages et des cours nettement plus fermes. A l’inverse, la saisonnalité du skrei (cabillaud norvégien) se poursuit en Norvège qui propose des quantités excédentaires de cabillaud, que le marché peine à absorber, ce qui a pour effet une baisse importante du prix.
Globalement, l’incertitude des marchés et le manque de visibilité rendent le commerce très prudent. L’épisode de froid et de neige restreint la fréquentation dans les rayons pendant que la fermeture de la restauration scolaire pénalise les grossistes. Il faut attendre la dernière semaine du mois pour que le détail connaisse une embellie ponctuelle avec des températures printanières qui, dans cette période de vacances scolaires, incitent la fréquentation des bordures côtières de villégiatures.
En février, le tonnage mensuel est légèrement supérieur (+ 2 %) à celui de février 2020 et le cours moyen gagne 13 % sur un an.

Poisson - Ventes enregistrées - Port de Boulogne - Calais (hors poisson congelé)

MÉTÉOROLOGIE

Froid intense puis douceur

La météo de février souffle le froid puis le chaud sur fond de pluies déficitaires. Côté températures, entre le 7 et le 14 février, un air continental très froid circule sur la région avec des minimales qui frisent les -10°C. Le nombre moyen de jours sans dégel est supérieur à la normale. A cet épisode de froid succède une longue période de douceur qui culmine autour du 24 février. In fine la température mensuelle régionale reste supérieure à la normale avec 5,4°C (+1,5°C).
Côté précipitations, dans la continuité de janvier, les premiers jours de février sont très arrosés, recevant près des ¾ des précipitations mensuelles. Puis une période plus sèche s’installe, aboutissant à des cumuls mensuels de précipitations inférieurs aux normales de 8 % sur Amiens Glisy et de 25 % sur Lille Lesquin.

Station d'AMIENS - GLISY - Températures et précipitations Station de LILLE - LESQUIN - Températures et précipitations

FOCUS DU MOIS

Bilan de campagne 2020
Une année soumise aux caprices de la météo et aux crises sanitaires

Après plusieurs années de hausse de production, les exploitants sèment moins de betteraves industrielles. La surface libérée profite aux céréales et au lin textile. La moisson des céréales est satisfaisante en quantité et en qualité mais les cours se replient légèrement. Des imprévus viennent perturber la campagne : des parcelles de colza doivent être détruites et les précipitations excédentaires de l’automne pénalisent les arrachages de betteraves et de pommes de terre. Le marché de l’endive reste équilibré. Les cours comme les volumes de lait collectés sont en hausse malgré une pousse de l’herbe ralentie. L’activité d’abattage augmente pour les bovins mais diminue pour les porcins. Les prix d’achat des moyens de production agricole se stabilisent. Le commerce est affecté par les crises sanitaires et leurs conséquences : la demande chinoise en grain est toujours présente, la peste porcine africaine arrive à la frontière Est de la France et la covid19 perturbe les échanges commerciaux et affecte des modes de consommation.

Evolution de la sole entre 2019 et 2020
Pour en savoir plus :
https://draaf.hauts-de-france.agriculture.gouv.fr/Bilan-conjoncturel-2020


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