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Les installations de chefs d’exploitation agricole dans les Hauts-de-France de 2014 à 2018

Les installations de chefs d’exploitation agricole dans les Hauts-de-France de 2014 à 2018

Dans les Hauts-de-France, pour 100 exploitants agricoles déjà en exercice, 3 s’installent chaque année. Si l’on exclut les transferts entre époux, 72 % des nouveaux installés ont jusqu’à 40 ans, et 38 % sont des femmes. Deux tiers des nouveaux installés s’engagent dans les céréales, les cultures industrielles ou la polyculture-polyélevage. L’élevage de bovins arrive ensuite. Si un tiers des exploitations dépassent les 50 hectares, 3 sur 10 font moins de 10 ha. Ces plus petites exploitations concernent plutôt la viticulture, les élevages de volailles ou de chevaux.

Les installations en Hauts-de-France de 2010 à 2018

En moyenne annuelle sur 2014-2018, 846 non-salariés se sont nouvellement installés en tant que chef d’exploitation agricole (champ MSA, première affiliation) dans les Hauts-de-France. Parmi eux, 572 ont 40 ans ou moins. Dans la région, la proportion de ces Jeunes Agriculteurs parmi les nouveaux installés est légèrement supérieure au niveau national : 68 % contre 65 %. Les installations des moins de 40 ans ont progressé entre les périodes 2010-2013 (518 en moyenne) et 2014-2018 (572 en moyenne). Sur les 274 installations tardives (plus de 40 ans), 50 concernent un transfert entre époux (6 %). (figure 1)
Installations de 2014 à 2018 selon l'âge - (hors transfert entre époux)

La suite de l’étude s’intéresse aux nouveaux installés hors transfert entre époux1. Dans les Hauts-de- France, parmi les nouveaux installés hors transfert entre époux, 72 % ont 40 ans ou moins et 38 % sont des femmes, dans les deux cas, un point de plus qu’en France métropolitaine. (figure 2)

Deux tiers des nouveaux installés en grandes cultures ou polyculture-polyélevage

Installations de 2014 à 2018 selon la spécialisation - (hors transfert entre époux)

Un tiers des installations de la région entre 2014 à 2018 sont spécialisées en grandes cultures (céréales et cultures industrielles), le double qu’à l’échelle nationale (17 %). Un autre tiers est tourné vers la polyculture-polyélevage, nettement plus qu’en France métropolitaine (12 %). Avec 9 %, la 3ème activité choisie par les nouveaux installés concerne l’élevage de bovins, avec une nette préférence pour les bovins-lait. Ensuite, 7 % des installations se font dans l’élevage de chevaux et activités qui y sont liées, part similaire à l’échelle nationale. Le maraîchage et l’horticulture réunis attirent 3,9 % des nouveaux installés et la viticulture 2,6 %. (figure 3)

Les Jeunes Agriculteurs sont particulièrement présents parmi les nouveaux installés dans l’élevage bovin (79 %), le maraîchage et l’élevage d’ovins, caprins (76 %), la polyculture-polyélevage et l’élevage de granivores (74 %).

Part des femmes parmi les installés (hors transfert entre époux) entre 2014 et 2018 selon l'activité agricole en Hauts-de-France

Les femmes sont davantage attirées par les activités d’élevage pour lesquelles elles représentent 48 % des nouveaux installés que par les cultures (38 % des effectifs) ou la polyculture-polyélevage (36 %). La moitié des nouveaux installés dans l’élevage de chevaux et 41 % en élevage d’ovins ou caprins sont des femmes. Un nouvel installé sur deux dans la viticulture est aussi une femme, ce qui semble constituer une spécificité du vignoble de Champagne : la proportion de femmes en viticulture est bien moindre dans l’ensemble de la France métropolitaine (38 %). (figure 4)

Installations entre 2014 et 2018 selon la taille - (hors transfert entre époux)

Sur la période 2014-2018, un tiers des exploitations des nouveaux installés hors transfert entre époux ont une superficie de 50 ha ou plus dans la région contre un quart au niveau national. Cette part est de 35 % pour les 40 ans ou moins et de 26 % pour les plus de 40 ans. La plupart de ces grandes exploitations en surface sont orientées en grandes cultures ou en polyculture-polyélevage.

Dans la région, trois exploitations appartenant à un nouvel installé sur dix ont moins de 10 ha. Elles concernent principalement la viticulture, le maraîchage et les élevages de volailles ou de chevaux. (figure 5)

Une majorité des installations sous forme sociétaire

Les installations en Hauts-de-France selon le statut juridique de 2014 à 2018

A l’inverse de l’ensemble des exploitants de la région, les nouveaux installés, qu’ils aient plus ou moins de 40 ans, sont 60 % à privilégier la forme sociétaire à la forme individuelle. L’EARL est la forme sociétaire préférée même si elle perd peu à peu du terrain ces dernières années. Les nouveaux installés en grandes cultures, bovins-lait et polyculture-polyélevage sont les plus nombreux à choisir cette forme sociétaire. Les statuts individuel et Gaec sont plus prisés par les 40 ans et moins que par les plus âgés : 42 % des 40 ans et moins prennent un statut individuel (contre 36 % des plus âgés), et 13 % celui du Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC) (contre 6 %). (figure 6)

Entre 2014 et 2018, 24 % des installés hors transfert entre époux déclarent avoir également une activité non agricole, part supérieure à la France métropolitaine (20 %). Les installés de moins de 40 ans sont 22 % et les plus de 40 ans, 30 %. Les installés dans les grandes cultures sont les plus nombreux à déclarer avoir une autre activité non agricole (32 %), ils sont 25 % en polyculture-polyélevage, beaucoup moins en élevage bovin ou en maraîchage (12 %). (figure 7)
Part des installés (hors transfert entre époux) exerçant aussi une activité non agricole

Sur les 4 dernières années, le taux de renouvellement est de 3 nouveaux installés par an pour 100 exploitants déjà en exercice, en Hauts-de-France comme en France métropolitaine. Le taux de renouvellement est le plus faible pour l’élevage bovin ou porcin, le plus élevé pour les autres types d’élevage et pour le maraîchage.

Les chefs d’exploitation installés en 2012 sont à 86 % encore exploitants agricoles en 2018 dans les Hauts-de-France, contre 82 % en France métropolitaine. Ce taux de maintien à 6 ans s’élève à 90 % pour les 40 ans ou moins et à 72 % pour les installés plus âgés. Il varie sensiblement selon l’orientation de l’exploitant : il est le plus élevé pour les éleveurs de bovins ou de volailles, pour les agriculteurs pratiquant la polyculture-polyélevage et pour les céréaliers.

Plus de la moitié des nouvelles installations dans le Nord et le Pas-de-Calais mais sur des surfaces plus petites

Répartition des nouvelles installations (hors transfert entre époux) en Hauts-de-France par département entre 2014 et 2018

Les installations se répartissent par département de façon à peu près conforme à la répartition des exploitations déjà existantes : 28 % dans le Pas-de-Calais, 25 % dans le Nord, 18 % dans la Somme, 16 % dans l ’Aisne et 13 % dans l ’Oise. Conformément aussi aux exploitations existantes, la part des exploitations de 50 ha et plus est plus faible dans le Nord (22 %) et le Pas-de-Calais (31 %) que dans les départements de l’ex-Picardie (Aisne et Oise 39 % ; Somme 37 %). (figures 8 et 9)
Installations entre 2014 et 2018 selon la taille (hors transfert entre époux)

1Certains exploitants, lorsqu’ils cessent leur activité agricole au moment de leur départ en retraite, transmettent l’exploitation à leur conjoint. Ces transferts entre époux sont exclus du champ de cette étude.


Vous pouvez télécharger l’étude Les installations de chefs d’exploitation agricole dans les Hauts-de-France de 2014 à 2018 (format pdf - 336.6 ko - 03/08/2020)