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Bilan de campagne - endive en 2019-2020

Une campagne compliquée sauvée par les prix

Le début de campagne est contrarié par les effets de la sécheresse estivale sur la qualité des racines au potentiel de productivité réduit. Le marché de l’automne est assez calme mais néanmoins équilibré, avec des niveaux de prix corrects et une qualité satisfaisante de la production. Les conditions très humides de novembre 2019 compliquent la fin de la récolte des racines. Les rendements limités contrastent avec une belle qualité de la production des nouvelles racines et le début d’année 2020 voit les prix progresser en raison d’une offre qui peine à satisfaire la demande. Les producteurs envisagent une limitation de la mise en bacs de forçage afin de préserver une durée suffisante de la campagne. En mars, les mesures de confinement contre la progression de l’épidémie de Covid-19 font de l’endive, dans son conditionnement pré-emballé, un produit très recherché. En raison de l’offre insuffisante, les prix s’envolent. Après le déconfinement, la fin de campagne retrouve des indicateurs plus proches des valeurs moyennes.

Faits marquants

Une situation de sous-offre tout au long de la campagne
La sécheresse de l’été 2019 a un effet négatif sur le potentiel de productivité des racines d’endives. La production de chicon qui en découle s’avère irrégulière et en baisse de 12 % par rapport à la moyenne quinquennale. De plus, les conditions soudain très humides de l’automne compliquent la récolte des racines.

Un marché calme et équilibré au début de l’année 2020
Le début de l’année civile est marqué par un regain de la qualité de la production de chicon, qui pallie une quantité de l’offre en retrait. La demande mesurée du consommateur permet toutefois au marché de trouver pour un temps un équilibre avec des niveaux de prix corrects.

Les mesures de confinement portent les prix à des niveaux inédits et compliquent le travail
Les mesures de confinement décidées à la mi-mars pour tenter d’endiguer la progression de l’épidémie de Covid-19 font soudain de l’endive un produit très recherché par le consommateur, notamment sous sa forme conditionnée en sachet. La faiblesse de l’offre a pour conséquence un envol des prix à des niveaux inédits. Le cours moyen à l’expédition dépasse pendant quelques semaines la valeur des 3 € HT/kg, analogue au prix moyen pratiqué habituellement TTC au mieux de la campagne au stade de la distribution. En conséquence, on retrouve cette année très précocement le schéma habituel de la fin de campagne avec la baisse de la production et la hausse significative des cours. Par ailleurs, l’organisation du travail dans les endiveries est rendue plus complexe par l’application des mesures sanitaires de distanciation.

Un marché plus serein dans une fin de campagne anticipée
Passé le déconfinement à la mi-mai, le marché retrouve un certain calme, avec la concurrence des produits estivaux, qui permet de faire mieux correspondre l’offre d’endive à la demande. Les indicateurs de prix et de volume de production retrouvent des valeurs plus habituelles.

Endive : Cotations et volumes mensuels au stade expédition dans le bassin Hauts-de-France

Déroulement de la campagne

La campagne de racines débute bien, avec une bonne couverture des parcelles, suite à des levées de semis très satisfaisantes, meilleures que l’année précédente. L’impact des conditions de sécheresse et de chaleur de l’été apparaît ensuite, à partir du 15 août. Dans les parcelles non irriguées, le développement des racines est ralenti, les calibres sont faibles, avec un potentiel de forçage réduit. Par ailleurs, cette situation de stress hydrique profite au puceron lanigère, qui s’installe dans les parcelles les plus affaiblies.

Septembre 2019
La mise en forçage en septembre utilise des racines de report, ou, par défaut, les premières racines arrachées, lesquelles sont faiblement productives. Par la suite, la production progresse régulièrement pour atteindre un niveau légèrement supérieur à celui de la moyenne quinquennale. La demande reste cependant timide et des retraits sont opérés. Les cours sont similaires à ceux de la campagne précédente, soit supérieurs de 12 % à la moyenne quinquennale. L’arrivée des pluies dans la dernière décade de septembre permet la reprise des arrachages.

Octobre 2019
Dans le sillage de septembre, la production de chicons reste très correcte, affichant un écart avec la moyenne quinquennale supérieur de 7 %, contre 2 % le mois précédent. Par ailleurs, la qualité est au rendez-vous. Cette offre reste cependant en adéquation avec la demande et le niveau de prix évolue peu et reste néanmoins au-dessus de la moyenne quinquennale. Côté arrachage, la situation se complique. Le retour de pluies abondantes en octobre, associé à la douceur des températures, accentue le retard dans les arrachages. Outre les perturbations des chantiers d’arrachage, ces conditions génèrent une reprise de végétation au détriment de la maturité des racines, ce qui retarde les récoltes dans de nombreuses parcelles. Fin octobre, la proportion de surface de racines récoltées est anormalement faible, de 10 à 30 %.

Novembre 2019
Les endiveries assurent la transition de la production entre les anciennes et les nouvelles racines. Ces dernières manquent de maturité et la mise en forçage donne des rendements au bac faibles (60 kg contre 70 habituellement) avec une qualité hétérogène. La contraction de l’offre, habituelle en cette période de transition, est significative avec une production en baisse de 13 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette faiblesse de l’offre profite aux cours, qui s’orientent nettement à la hausse pour s’afficher 30 % au-dessus de la moyenne quinquennale. Malgré les conditions pluvieuses, les arrachages de racines progressent et sont en phase d’achèvement fin novembre.

Décembre 2019
Malgré un faible rendement des racines, l’offre gagne en qualité et parvient à répondre à une demande qui décroît progressivement à l’approche des fêtes. Les prix s’orientent à la baisse mais conservent leur écart au-dessus de la valeur moyenne quinquennale. Le prix moyen calculé depuis début septembre est supérieur de 27 % à celui de la moyenne quinquennale et de 7 % par rapport à celui de la campagne précédente. L’inquiétude s’installe pour la suite de la campagne compte-tenu de la faible production des racines observée jusqu’à présent. Les rendements au bac se situent entre 50 et 85 kg/bac, avec une moyenne de 65 kg/bac. Face à une demande habituellement en hausse de janvier à mars, le marché se trouve en situation de sous-offre. Les producteurs de chicons envisagent dès lors un étalement de la production pour la seconde partie de campagne, qui s’annonce très probablement écourtée.

Janvier 2020
Le rendement en chicon issus de la mise en forçage des racines arrachées cet automne est sans surprise très médiocre, inférieur de 10 à 15 % à celui habituellement obtenu en bac avec une qualité de surcroît difficile à maintenir. Le marché est déséquilibré avec un approvisionnement chaotique et insuffisant par rapport à la demande bien présente en cette période de l’année. Les cours sont élevés et s’affichent en janvier supérieurs de 33 % à la moyenne quinquennale. À mi-campagne, les opérateurs de la filière s’organisent pour assurer un étalement maximum de la production compatible avec les contrats de main d’œuvre.

Février 2020
La situation du marché s’améliore en février avec une offre qui regagne en épaisseur, sans toutefois retrouver un niveau normal. Les rendements sont toujours hétérogènes et globalement en dessous de la moyenne, avec une production au bac réduite de 10 kg par rapport à cette valeur moyenne. La qualité n’est pas toujours au rendez-vous mais n’influe pas sur une demande réellement présente, ce qui permet de garantir la fluidité du marché. Les cours poursuivent leur baisse saisonnière et l’écart par rapport à la campagne précédente et à la moyenne quinquennale est ramené sous la barre des 20 %.

Mars 2020
La demande explose à la mi-mars avec un afflux des consommateurs dans les commerces consécutivement aux mesures de confinement décidées pour tenter d’endiguer la progression de l’épidémie de Covid-19. Les produits préemballés comme l’endive sont privilégiés par le consommateur. L’offre est incapable de répondre à cette demande et les prix connaissent une hausse fulgurante, habituellement rencontrée en toute fin de campagne. Les cadrans belges et bretons vivent également une poussée de fièvre dans la dernière semaine de mars. Le cours moyen mensuel double par rapport à mars 2018 et s’affiche supérieur de 70 % à la moyenne quinquennale. Par ailleurs, les mesures de confinement impactent l’organisation des équipes de conditionnement dans les endiveries et incitent les producteurs à la prudence.

Avril 2020
La fin de campagne s’amorce dans un contexte incertain avec des prix qui progressent à un niveau totalement inédit. Le marché reste ferme une majeure partie du mois, avec des volumes insuffisamment disponibles pour pouvoir satisfaire la demande. Les prévisions de mise en bac sont revues à la baisse et la production mensuelle ne représente plus que les trois quarts du niveau de la moyenne quinquennale. Les cours continuent leur ascension pour atteindre et dépasser les 3 €/kg à la mi-avril. Durant la dernière décade, les consommateurs se tournent progressivement vers des produits de saison de plus en plus présents et délaissent l’endive, devenue trop onéreuse. Les cours se replient tout en restant à des niveaux élevés. Les semis débutent en avril et avancent à hauteur de 50 %. Les conditions de sécheresse des sols observées depuis la mi-mars perturbent les levées et retardent la fin de semis. Les surfaces sont stables, avec un engouement pour la production de jeunes pousses.

Mai 2020
La pleine campagne s’achève fin avril avec quinze jours d’avance. En mai se poursuit une production d’été qui reste faible, de trois quarts inférieure à la moyenne quinquennale. Les prix continuent leur repli mais conservent un écart positif de l’ordre de 40 % avec ceux de l’année précédente et ceux de la moyenne quinquennale.

Juin 2020
La production de juin retrouve un niveau proche de la normale. La baisse des cours se poursuit mais s’atténue. Le prix moyen mensuel repasse en-dessous de la valeur de l’année précédente mais demeure supérieur de 20 % à celui des cinq dernières années.

D’une campagne à l’autre
Prix à l'expédition dans les deux principaux bassins de production français - endive catégorie 1 en colis de 5 kg
Endive : Cotations aux cadrans en Belgique et aux Pays-Bas - catégorie A1 (Belgique) calibre 14-21 cm (Pays-Bas) colis 5 kg vrac

Prix au stade détail
Endive : Comparaison des cours aux stades expédition (Hauts-de-France) et détail en GMS (origine France)

Chiffres indispensables
Endive : Comparaison des cours expédition Hauts-de-France et des cours au stade de gros (MIN de Rungis et marché de gros de Lille-Lomme) Endive : Production française en tonnes (données déclarées par les producteurs de plus de 100 tonnes)
Endive : Échanges par provenances et destinations

SIGLES ET ABRÉVIATIONS :
GMS : grandes et moyennes surfaces
MIN : marché d’intérêt national
SSP : service de la statistique et de la prospective du Ministère de l’Agriculture
“quinquennal(e)” désigne les cinq campagnes de 2014-2015 à 2018-2019


Vous pouvez télécharger la publication établi par le Réseau des Nouvelles du Marché en cliquant sur
Bilan de campagne - endive en 2019-2020 (format pdf - 382.5 ko - 23/10/2020).